Le blog d'Hélène Bodenez 

 

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ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ

Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 23:58

En ce 15 août 2014 le Pardon de Notre-Dame de la Fontaine Blanche à Plougastel (29) a attiré une fois encore nombre de pèlerins pour une procession fervente et une grand-messe en plein air. Les Bretons, on le sait, ont une grande dévotion envers la Vierge Marie qu'ils ont priée particulièrement aujourd’hui pour leurs frères chrétiens persécutés en Irak (voir ci-dessous). De l’homélie retenons cette phrase toute imprégnée de la gloire de l’Assomption : « La joie d’exister est inséparable de la foi en la Résurrection ».

 

« Marie, notre Mère, nous nous adressons à toi en cette fête qui nous rappelle que tu es auprès du Père dans la gloire de la Résurrection.


Toi qui étais debout près de la croix de ton Fils, tu peux, mieux que quiconque, comprendre nos sœurs et nos frères humains qui souffrent et intercéder pour eux. Nous voulons te confier aujourd’hui les chrétiens d’Irak et les autres communautés de ce pays, qui vivent un chemin de croix et qui implorent notre aide.


Nous te confions aussi les chrétiens et les autres communautés de Terre Sainte, de Syrie et de tout le Proche-Orient. Prends-les sous ta protection, qu’ils puissent découvrir la présence de ton Fils auprès d’eux dans leur détresse.


Intercède pour nous aussi : que l’Esprit Saint nous aide à trouver les moyens de leur venir en aide. Et que nous vivions plus intensément la solidarité avec eux dans la prière. Amen. »

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Samedi 26 juillet 2014 6 26 /07 /Juil /2014 14:01

 

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Grande fête partout en Bretagne en ce centenaire de sainte Anne solennisé au Grand Pardon de Sainte Anne d'Auray, terre morbihannaise visitée par saint Jean-Paul II en 1996. Grande fête également dans le cœur de votre blogueuse baptisée un 26 juillet ! Pour mémoire, la désignation de sainte Anne comme patronne des Bretons le fut par le pape saint Pie X.

 

Le pape François accorde l'indulgence plénière aux pèlerins du Pardon. Sûr qu’ils chanteront de tout leur cœur « Intron Santez Anna (Dame Sainte Anne ) » et qu’ils se pencheront sur l’histoire d’Yvon Nicolazic !

 

En 2010 à la Vallée des Saints, de nouveaux saints rejoignaient les premières statues érigées, dont saint Anne. Elle est représentée de manière traditionnelle, apprenant à lire à sa fille dans le livre de la Bible. Laissons à ce propos résonner les paroles de Benoît XVI prononcées lors de l'Angélus du 26 juillet 2009 en direction des grands-parents :  

 

La mémoire des saints Joachim et Anne, parents de la Vierge et donc grands-parents de Jésus, que l'on célèbre aujourd'hui, m'offre un deuxième point de réflexion. Cette célébration fait penser au thème de l'éducation, qui a une place importante dans la pastorale de l'Église. Elle nous invite en particulier à prier pour les grands-parents, qui, dans la famille, sont les dépositaires et souvent les témoins des valeurs fondamentales de la vie. La tâche éducative des grands-parents est toujours très importante, et elle le devient encore davantage quand, pour diverses raisons, les parents ne sont pas en mesure d'assurer une présence adéquate auprès de leurs enfants, à l'âge de la croissance. Je confie à la protection de sainte Anne et saint Joachim tous les grands-parents du monde en leur adressant une bénédiction spéciale. Que la Vierge Marie, qui - selon une belle iconographie - apprit à lire les Saintes Écritures sur les genoux de sa mère Anne, les aide à toujours nourrir leur foi et leur espérance aux sources de la Parole de Dieu.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Samedi 26 juillet 2014 6 26 /07 /Juil /2014 13:17

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Louis Raphael I Sako, le Patriarche chaldéen de Mossoul s'adresse aux chrétiens d'Irak, et particulièrement aux chrétiens de Mossoul.

Du site officiel du Patriarcat 

 

Je vais commencer mon discours par la Parole du Christ, puisque Sa Parole est source de force et de salut pour nous, les pauvres de ce monde perdu : « N'aie pas peur, petit troupeau » (Luc 12:32). Notre douleur présente est associée à notre condition de chrétien et avec le mystère de notre Pâque. Notre souffrance, si elle est liée à la souffrance de notre Sauveur Jésus,  « homme de douleur », va se révéler être une bénédiction, et le salut, pour nous et pour les autres.


Et les défis actuels sont affrontés avec plus de foi, d'espérance, de prière, et de solidarité et de sagesse. Soyez courageux face à ce que vous affrontez, n'ayez pas peur : vous avez des racines profondes en Irak, ne cédez pas à la frustration et au désespoir, confiants que « tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée » (Matthieu 26: 52) et que le mal ne dure pas ! Vous êtes la petite graine de moutarde, le Seigneur ne vous laissera pas tomber. Il est avec vous aujourd'hui, demain, et après-demain, et pour toujours.

 

Nous sommes vos pasteurs et, avec notre pleine responsabilité envers vous, nous allons rester avec vous jusqu'à la fin, nous ne vous laisserons pas, quels que soient les sacrifices.

 

Je le répète : n'ayez pas peur ; restez forts comme vous l'êtes avec votre foi et votre espérance et votre amour. Nous remercions Dieu de vous garder saufs, car, quoi qu'il arrive, votre vie n'a pas de prix.

 

La bénédiction de Dieu soit sur vous.

 


Patriarche Louis Raphael I Sako,

20 juillet 2014


***

Voir vidéo de KTO publiée ce 26 juillet 2014

 

 

Lire sur le site du Vatican en anglais : "The situation is dire for all groups, Patriarch Sako says about Iraq."

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Dimanche 22 juin 2014 7 22 /06 /Juin /2014 16:21

Cene-Calvaire-de-Plougastel.jpg 

Chaque année en juin revient cette très grande fête du jeudi du Très Saint-Sacrement - reportée souvent dans les paroisses au dimanche suivant - fête si grande qu’elle peut être fériée dans certains pays, comme en Pologne par exemple. Autrefois très solennisée par des processions, des parterres élaborés de fleurs, très célébrée par des mystères ou des auto-sacramentaux, cette fête avec des fastes moins ostentatoires reste encore aujourd’hui majeure dans le cœur des catholiques quoiqu'elle puisse sembler aux yeux profanes en perte de vitesse. Toujours en danger de ne retenir de la messe que le rassemblement fraternel avec des styles de vie freinant les communions, le fidèle ne voit plus toujours dans l’Eucharistie « cette manne cachée » primordiale, ce « caillou blanc » essentiel pour la vie chrétienne et celle-ci diminuant, c’est l’Église elle-même qui diminue. Faut-il s’en étonner ?

 

Dès les temps nouveaux inaugurés par Jésus de Nazareth que les catholiques reconnaissent comme le Messie le discours sur le Pain de Vie à la différence de tous les autres discours fut pierre d’achoppement, scandale. « Qui peut comprendre » en effet Celui qui dit donner son corps, sa chair en nourriture, son sang en boisson, vraie vie donnée à tous ? Comme le rapporte saint Jean dans son évangile au chapitre VI, nombreux furent ceux qui partirent alors même qu’il était précisé que cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants suivaient l’homme de Galilée. Cela avait commencé dès le miracle de la multiplication des pains, murmures et récriminations s’étaient élevés  parce que le Christ avait dit qu’il était le « Pain descendu du Ciel ». Les querelles sont donc immédiatement nées à ce sujet, car « la parole est rude » précise le texte. Rude, elle l’a été également dans les siècles passés, en particulier pour nos frères séparés qui ne veulent pas jusqu’à croire dans le mystère de la transsubstantiation. Pourtant, et en dépit de ces coups de l’Histoire, la modernité n’a pas réussi à définitivement modeler le mystère à son aune rationaliste et scientiste.

 

Sentant le danger croissant, les papes depuis le Concile ont invariablement réaffirmé que l’Hostie est Corps du Christ, présence réelle. Le Christ ne se donne pas sous le seul mode symbolique mais également sous un mode de présence. Mystère de Foi ! Le pape Jean-Paul II n’a cessé de revenir sur l’Eucharistie, sur sa nécessité pour le catholique, « source et sommet de toute vie chrétienne », comme Benoît XVI (Sacramentum caritatis) ou encore aujourd’hui le pape François lors du Regina Coeli rappelant la place centrale de l’Eucharistie dominicale. Retenons ce passage extrait de Ecclesia de Eucharistia [vivit : L’Église vit de l’Eucharistie]

 

Deux mille ans plus tard, nous continuons à réaliser cette image primitive de l'Église. Et tandis que nous le faisons dans la célébration de l'Eucharistie, les yeux de l'âme se reportent au Triduum pascal, à ce qui se passa le soir du Jeudi saint, pendant la dernière Cène, et après elle. En effet, l'institution de l'Eucharistie anticipait sacramentellement les événements qui devaient se réaliser peu après, à partir de l'agonie à Gethsémani. Nous revoyons Jésus qui sort du Cénacle, qui descend avec ses disciples pour traverser le torrent du Cédron et aller au Jardin des Oliviers. Dans ce Jardin, il y a encore aujourd'hui quelques oliviers très anciens. Peut-être ont-ils été témoins de ce qui advint sous leur ombre ce soir-là, lorsque le Christ en prière ressentit une angoisse mortelle et que « sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient jusqu'à terre » (Lc 22, 44). Son sang, qu'il avait donné à l'Église peu auparavant comme boisson de salut dans le Sacrement de l'Eucharistie, commençait à être versé. Son effusion devait s'achever sur le Golgotha, devenant l'instrument de notre rédemption: « Le Christ..., grand prêtre des biens à venir..., entra une fois pour toutes dans le sanctuaire, non pas avec du sang de boucs et de jeunes taureaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle » (He 9, 11-12).

Deux mille ans plus tard, les attaques contre ce grand mystère n’ont pas diminué, ont même augmenté dans nos pays sécularisés, comme le moment qui voit sa célébration le réaliser, la messe, perdre de sa centralité. Seigneur du temps, le Christ le même hier, aujourd’hui et demain tel qu’on l’a proclamé lors de ce Grand Jubilé de l’an 2000 qui semble déjà si loin, donne des vivres pour la route mais ce don gratuit est méprisé, cette nourriture qu’on n’achète pas est niée, galvaudée. L’heure du consensus généralisé veut qu’on ne pratique plus en « messalisant », l’herbe des autres religions étant tellement plus verte, notamment celles qui ne portent pas ce mystère insondable, loin de toute mesure…


On cherche comment faire renaître les vocations ? Sans doute faudrait-il commencer par ne pas détruire ce qui existe déjà … Sans doute, faudrait-il ramasser les priorités pastorales au lieu de perdre son énergie dans des projets scabreux. Plus sûrement faudrait-il inviter à la table du dimanche, donner le goût de l’Eucharistie hebdomadaire qui ferait naître celui de l’Eucharistie quotidienne. « Ne perds pas une communion par ta faute » disait Charles de Foucault. Là est l’appel du futur prêtre, de la future contemplative, des adorateurs en esprit et en vérité. H.B.

 

***

Photo H.B.

Détail de la Cène, Calvaire de Plougastel-Daoulas, XVIIe. Saint Jean repose sa tête sur le coeur du Christ qui tient le pain devant la coupe prête.

 

BENOIT XVI

Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis, 22 février 2007.

 

Vivre le précepte dominical


73. Conscients de ce nouveau principe de vie que l'Eucharistie apporte au chrétien, les Pères synodaux ont rappelé l'importance pour tous les fidèles du précepte dominical comme source de liberté authentique, pour pouvoir vivre tous les autres jours selon ce qu'ils ont célébré le « Jour du Seigneur ». En effet, la vie de foi est en danger quand on ne ressent plus le désir de participer à la célébration eucharistique où l'on fait mémoire de la victoire pascale. Participer à l'assemblée liturgique dominicale, avec tous nos frères et sœurs qui forment un unique corps dans le Christ Jésus, est requis par la conscience chrétienne et, en même temps, forme la conscience chrétienne. Perdre le sens du dimanche comme Jour du Seigneur à sanctifier est le symptôme d'une perte du sens authentique de la liberté chrétienne, la liberté des fils de Dieu. (206) À ce sujet, les observations concernant les différentes dimensions du dimanche pour les chrétiens faites par mon prédécesseur Jean-Paul II, dans la Lettre apostolique Dies Domini, (207) restent précieuses: le dimanche est Dies Domini, en référence à l'œuvre de la création; il est Dies Christi en tant que jour de la nouvelle création et du don que le Seigneur Ressuscité fait de l'Esprit Saint; il est Dies Ecclesiae comme jour où la communauté chrétienne se retrouve pour la célébration; il est Dies hominis comme jour de joie, de repos et de charité fraternelle.


Un tel jour se manifeste donc comme la fête primordiale, où tout fidèle peut se faire, dans le milieu où il vit, annonciateur et gardien du sens du temps. De ce jour, en effet, naît le sens chrétien de l'existence et une nouvelle manière de vivre le temps, les relations, le travail, la vie et la mort. Il est donc bon que, le Jour du Seigneur, les réalités ecclésiales organisent, autour de la célébration eucharistique dominicale, des manifestations propres à la communauté chrétienne: rencontres amicales, initiatives pour la formation chrétienne des enfants, des jeunes et des adultes, pèlerinages, œuvres de charité et différentes rencontres de prière. En raison de ces valeurs si importantes – bien que le samedi soir, à partir des premières Vêpres, appartienne déjà au dimanche et qu'il soit donc permis d'y accomplir le précepte dominical –, il est nécessaire de rappeler que c'est le dimanche en lui-même qui mérite d'être sanctifié, afin qu'il ne finisse pas par devenir un jour « vide de Dieu ». (208)


Le sens du repos et du travail


74. Enfin, il est particulièrement urgent, à notre époque, de rappeler que le Jour du Seigneur est aussi le jour du repos par rapport au travail. Nous souhaitons vivement que cela soit aussi reconnu comme tel par la société civile, de sorte qu'il soit possible d'être libre des activités du travail sans être pour autant pénalisé. En effet, les chrétiens, en relation avec la signification du sabbat dans la tradition juive, ont toujours vu également dans le Jour du Seigneur le jour du repos du labeur quotidien. Cela a un sens précis, constituant une relativisation du travail, qui est ordonné à l'homme : le travail est pour l'homme et non l'homme pour le travail. Il est facile de saisir la protection qui en découle pour l'homme lui-même, qui est ainsi émancipé d'une possible forme d'esclavage. Comme j'ai eu l'occasion de l'affirmer, « le travail est de première importance pour la réalisation de l'homme et pour le développement de la société, et c'est pourquoi il convient qu'il soit toujours organisé et accompli dans le plein respect de la dignité humaine et au service du bien commun. En même temps, il est indispensable que l'homme ne se laisse pas asservir par le travail, qu'il n'en fasse pas une idole, prétendant trouver en lui le sens ultime et définitif de la vie ». (209) C'est dans le jour consacré à Dieu que l'homme comprend le sens de son existence ainsi que de son travail. (210)

 

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Dimanche 8 juin 2014 7 08 /06 /Juin /2014 21:22

 

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Invocation pour la paix

Paroles du Pape François

Dimanche 8 juin 2014


Messieurs les Présidents,

Avec grande joie, je vous salue et je désire vous offrir à vous et aux distinguées délégations qui vous accompagnent, le même accueil chaleureux que vous m’avez réservé lors du pèlerinage que je viens d’effectuer en Terre Sainte.


Je vous remercie du fond du cœur pour avoir accepté mon invitation à venir ici afin d’invoquer ensemble de Dieu le don de la paix. J’espère que cette rencontre sera le début d’un nouveau chemin à la recherche de ce qui unit, pour dépasser ce qui divise.


Et je remercie Votre Sainteté, vénéré Frère Bartholomée, d’être ici avec moi pour accueillir ces hôtes illustres. Votre participation est un grand don, un soutien précieux ; elle est le témoignage du chemin que, comme chrétiens, nous parcourons vers la pleine unité.


Votre présence, Messieurs les Présidents, est un grand signe de fraternité, que vous accomplissez en tant que fils d’Abraham, et une expression concrète de confiance en Dieu, Seigneur de l’histoire, qui nous regarde aujourd’hui comme frères l’un de l’autre et désire nous conduire sur ses voies.


Cette rencontre d’invocation de la paix en Terre Sainte, au Moyen Orient et dans le monde entier, est accompagnée par la prière de très nombreuses personnes, appartenant à diverses cultures, patries, langues et religions : des personnes qui ont prié pour cette rencontre et qui, maintenant, sont unies à nous dans la même invocation. C’est une rencontre qui répond à l’ardent désir de tous ceux qui aspirent à la paix et rêvent d’un monde où les hommes et les femmes puissent vivre en frères et non comme des adversaires ou des ennemis.


Messieurs les Présidents, le monde est un héritage que nous avons reçu de nos ancêtres, mais c’est aussi un prêt de nos enfants : des fils qui sont fatigués et épuisés par les conflits et désireux de parvenir à l’aube de la paix ; des fils qui nous demandent d’abattre les murs de l’inimitié et de parcourir la route du dialogue et de la paix afin que l’amour et l’amitié triomphent.


Beaucoup, trop de ces fils sont tombés, victimes innocentes de la guerre et de la violence, plantes arrachées en pleine vigueur. C’est notre devoir de faire en sorte que leur sacrifice ne soit pas vain. Que leur mémoire infuse en nous le courage de la paix, la force de persévérer dans le dialogue à tout prix, la patience de tisser jour après jour la trame toujours plus solide d’une cohabitation respectueuse et pacifique, pour la gloire de Dieu et le bien de tous.


Pour faire la paix, il faut du courage, bien plus que pour faire la guerre. Il faut du courage pour dire oui à la rencontre et non à l’affrontement ; oui au dialogue et non à la violence ; oui à la négociation et non aux hostilités ; oui au respect des accords et non aux provocations ; oui à la sincérité et non à la duplicité. Pour tout cela, il faut du courage, une grande force d’âme.


L’histoire nous enseigne que nos seules forces ne suffisent pas. Plus d’une fois, nous avons été proches de la paix, mais le malin, par divers moyens, a réussi à l’empêcher. C’est pourquoi nous sommes ici, parce que nous savons et nous croyons que nous avons besoin de l’aide de Dieu. Nous ne renonçons pas à nos responsabilités, mais nous invoquons Dieu comme un acte de suprême responsabilité, face à nos consciences et face à nos peuples. Nous avons entendu un appel, et nous devons répondre : l’appel à rompre la spirale de la haine et de la violence, à la rompre avec une seule parole : « frère ». Mais pour prononcer cette parole, nous devons tous lever le regard vers le Ciel, et nous reconnaître enfants d’un unique Père.


C’est à Lui  que je m’adresse, dans l’Esprit de Jésus-Christ, demandant l’intercession de la Vierge Marie, fille de la Terre Sainte et notre Mère :


Seigneur Dieu de paix, écoute notre supplication !


Nous avons essayé tant de fois et durant tant d’années de résoudre nos conflits avec nos forces et aussi avec nos armes ; tant de moments d’hostilité et d’obscurité ; tant de sang versé ; tant de vies brisées, tant d’espérances ensevelies… Mais nos efforts ont été vains. A présent, Seigneur, aide-nous Toi ! Donne-nous Toi la paix, enseigne-nous Toi la paix, guide-nous Toi vers la paix. Ouvre nos yeux et nos cœurs et donne-nous le courage de dire : ‘‘plus jamais la guerre’’ ; ‘‘avec la guerre tout est détruit !’’. Infuse en nous le courage d’accomplir des gestes concrets pour construire la paix. Seigneur, Dieu d’Abraham et des Prophètes, Dieu Amour qui nous a créés et nous appelle à vivre en frères, donne-nous la force d’être chaque jour des artisans de paix ; donne-nous la capacité de regarder avec bienveillance tous les frères que nous rencontrons sur notre chemin. Rends-nous disponibles à écouter le cri de nos concitoyens qui nous demandent de transformer nos armes en instruments de paix, nos peurs en confiance et nos tensions en pardon. Maintiens allumée en nous la flamme de l’espérance pour accomplir avec une patiente persévérance des choix de dialogue et de réconciliation, afin que vainque finalement la paix. Et que du cœur de chaque homme soient bannis ces mots : division, haine, guerre ! Seigneur, désarme la langue et les mains, renouvelle les cœurs et les esprits, pour que la parole qui nous fait nous rencontrer soit toujours « frère », et que le style de notre vie devienne : shalom, paix, salam ! Amen. 

  

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Dimanche 8 juin 2014 7 08 /06 /Juin /2014 11:59

 

Regina coeli à Bethléem lors du voyage du pape François en Terre sainte
Dimanche 25 mai 2014


En ce lieu, où est né le Prince de la paix, je désire adresser une invitation à Vous, Monsieur le Président Mahmoud Abbas, et à Monsieur le Président Shimon Peres, pour faire monter ensemble avec moi une prière intense en invoquant de Dieu le don de la paix. J’offre ma maison, au Vatican, pour accueillir cette rencontre de prière.


Tous nous désirons la paix ; beaucoup de personnes la construisent chaque jour par de petits gestes ; nombreux sont ceux qui souffrent et supportent patiemment les efforts de beaucoup de tentatives pour la construire. Et tous – spécialement ceux qui sont placés au service de leur peuple – nous avons le devoir de nous faire instruments et artisans de paix, avant tout dans la prière.


Construire la paix est difficile, mais vivre sans paix est un tourment. Tous les hommes et toutes les femmes de cette Terre et du monde entier nous demandent de porter devant Dieu leur aspiration ardente à la paix.



***


Chers frères et sœurs,

Tandis que nous nous apprêtons à conclure cette célébration, nous tournons notre pensée vers la très Sainte Marie, qui ici même à Bethléem a donné le jour à son fils Jésus. La Vierge est celle qui, plus que quiconque, a contemplé Dieu dans le visage humain de Jésus. Aidée par saint Joseph, elle l’a enveloppé dans les langes et l’a couché dans la mangeoire.


Nous lui confions ce territoire et tous ceux qui y habitent, afin qu’ils puissent vivre dans la justice, dans la paix et dans la fraternité. Nous lui confions aussi les pèlerins qui viennent pour s’abreuver aux sources de la foi chrétienne – il y en a, présents aussi, à cette Messe.


Veille, ô Marie, sur les familles, sur les jeunes, sur les personnes âgées. Veille sur tous ceux qui ont perdu la foi et l’espérance ; réconforte les malades, les prisonniers et tous les souffrants ; soutiens les Pasteurs et toute la Communauté des croyants, pour qu’ils soient ‘‘sel et lumière’’ en cette terre bénie ; soutiens les œuvres d’éducation, en particulier la Bethlehem University.


En contemplant la Sainte Famille ici, à Bethléem, ma pensée va spontanément à Nazareth, où j’espère pouvoir me rendre, si Dieu le veut, en une autre occasion. J’embrasse d’ici les fidèles chrétiens qui vivent en Galilée et j’encourage la réalisation à Nazareth du Centre International pour la Famille.


Confions le sort de l’humanité à la Vierge Sainte, afin que s’ouvrent dans le monde les horizons nouveaux et prometteurs de la fraternité, de la solidarité et de la paix.


 

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Dimanche 8 juin 2014 7 08 /06 /Juin /2014 00:53

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Coupole de l'église du Gesú à Rome.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Lundi 26 mai 2014 1 26 /05 /Mai /2014 10:50

Le pape François, au mémorial de Yad Vashem, dans la "tente de la Mémoire", a été invité à prononcer un discours et à signer le livre d'or. Après un long silence, voici la méditation que le souverain pontife, visage souffrant, a fait monter. Curseur sur la vidéo ci-dessous à 21:51. On notera à la fin la reprise de "Jamais plus" empruntée à la fameuse expression de Paul VI lors de son discours à l'ONU, Paul VI béatifié en octobre prochain.

‘‘Adam, où es-tu ?’’ (cf. Gn 3, 9).
Où es-tu, homme? Où es-tu passé ?
En ce lieu, mémorial de la Shoah, nous entendons résonner cette question de Dieu : ‘‘Adam, où es-tu ?’’.
En cette question il y a toute la douleur du Père qui a perdu son fils.
Le Père connaissait le risque de la liberté ; il savait que le fils aurait pu se perdre…mais peut-être, pas même le Père ne pouvait imaginer une telle chute, un tel abîme !
Ce cri : ‘‘Où te trouves-tu ?’’, ici, en face de la tragédie incommensurable de l’Holocauste, résonne comme une voix qui se perd dans un abîme sans fond…


Homme, qui es-tu ? Je ne te reconnais plus.
Qui es-tu, homme ? Qu’est-ce que tu es devenu ?
De quelle horreur as-tu été capable ?
Qu’est-ce qui t’a fait tomber si bas ?
Ce n’est pas la poussière du sol, dont tu es issu. La poussière du sol est une chose bonne, œuvre de mes mains.
Ce n’est pas l’haleine de vie que j’ai insufflée dans tes narines. Ce souffle vient de moi, c’est une chose très bonne (cf. Gn 2, 7).
Non, cet abîme ne peut pas être seulement ton œuvre, l’œuvre de tes mains, de ton cœur… Qui t’a corrompu ? Qui t’a défiguré ? Qui t’a inoculé la présomption de t’accaparer le bien et le mal ?
Qui t’a convaincu que tu étais dieu ? Non seulement tu as torturé et tué tes frères, mais encore tu les as offerts en sacrifice à toi-même, parce que tu t’es érigé en dieu.
Aujourd’hui, nous revenons écouter ici la voix de Dieu : ‘‘Adam, où es-tu ?’’.


Du sol s’élève un gémissement étouffé : Prends pitié de nous, Seigneur !
A toi, Seigneur notre Dieu, la justice, à nous le déshonneur au visage, la honte (cf. Ba 1, 15).
Un mal jamais survenu auparavant sous le ciel s’est abattu sur nous (cf. Ba 2, 2). Maintenant, Seigneur, écoute notre prière, écoute notre supplication, sauve-nous par ta miséricorde. Sauve-nous de cette monstruosité.
Seigneur tout-puissant, une âme dans l’angoisse crie vers toi. Écoute, Seigneur, prends pitié.
Nous avons péché contre toi. Tu règnes pour toujours (cf. Ba 3, 1-2).
Souviens-toi de nous dans ta miséricorde. Donne-nous la grâce d’avoir honte de ce que, comme hommes, nous avons été capables de faire, d’avoir honte de cette idolâtrie extrême, d’avoir déprécié et détruit notre chair, celle que tu as modelée à partir de la boue, celle que tu as vivifiée par ton haleine de vie.

Jamais plus, Seigneur, jamais plus !
‘‘Adam, où es-tu ?’’.
Nous voici, Seigneur, avec la honte de ce que l’homme, créé à ton image et à ta ressemblance, a été capable de faire.
Souviens-toi de nous dans ta miséricorde.

 

***

Le site officiel du mémorial

Pape François à Yad Vashem le 26 mai 2014.

Pape Benoît XVI à Yad Vashem le 11 mai 2009.

Pape Jean-Paul II à Yad Vashem le 23 mars 2000.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Dimanche 25 mai 2014 7 25 /05 /Mai /2014 12:03
Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Lundi 19 mai 2014 1 19 /05 /Mai /2014 16:27

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Nous avons découvert grâce au film Cristeros la belle figure de José Sanchèz del Rio. Ce jeune martyr a affirmé sa foi avec un courage exceptionnel et a été béatifié par Benoît XVI en 2005. Christiane Payan a accepté une nouvelle fois pour ce blog de traduire le texte de l'homélie prononcée par le cardinal Saraiva Martins le 21 novembre 2005, disponible en espagnol seulement. H.B.

 

Messe d’action de grâces pour la béatification de José Sánchez del Río – Sahuayo (Michoacan – Mexique, lundi 21 novembre 2005)


Homélie du cardinal Saraiva Martins (traduit de l’espagnol par Christiane Payan)

 

1. « Toi, qui vis à l’abri du Très-Haut, qui demeures à l’ombre du Tout-Puissant, dis au Seigneur : Tu es mon refuge et ma forteresse » (Ps. 90,1). Le cœur rempli d’émotion pour la béatification d’hier, celle d’Anacleto González Flores et de ses compagnons martyrs, nous sommes venus aujourd’hui pour rendre grâces à Dieu pour la béatification de l’un d’entre eux, le bienheureux José Sánchez del Río, qui, à l’âge de quatorze ans et onze mois, fut jugé digne de la palme du martyre, une grâce qu’il avait lui-même demandée devant la tombe du bienheureux Anacleto. En vérité, que sont grands et merveilleux les desseins du Seigneur !


Nous venons sur le lieu même des faits, et il semble que l’espace et le temps deviennent sacrés, chargés de grâce, imprégnés du mystère de Dieu : nous avons parcouru en procession, avec les reliques du bienheureux, la distance que lui-même eut à parcourir les pieds en sang pour arriver au lieu de son martyre. Au plus profond de notre âme résonnaient ses cris juvéniles :  Vive le Christ-Roi ! Vive la Vierge de Guadalupe ! Sur un chemin triomphal nous sommes arrivés à cette église paroissiale de l’Apôtre Jacques, où il fut emprisonné jusqu’à ses derniers jours et où le zèle pour la maison de Dieu lui dévora les entrailles et lui enflamma le cœur pour défendre la dignité du sanctuaire, prendre congé de ses proches, marcher d’un pied ferme et décidé à la rencontre de Jésus.

 

Un prodige de la Grâce


…D’où le bienheureux José tirait-il tant de force et de vaillance ? Comment expliquer tant de foi et d’amour pour Jésus dans une âme encore tendre et juvénile ? Le bienheureux José est un prodige de la grâce, il est la démonstration de la grandeur de sa vocation chrétienne, il est un exemple du témoignage intérieur de l’Esprit : «Puisque tu me connais et m’aime – dit le Seigneur - je te délivrerai et te mettrai à l’abri ; quand tu m’invoques, je t’écouterai, et dans tes angoisses je serai avec toi » (Ps. 90, 7-8).


2. La lecture du Livre de la Sagesse nous offre une admirable description de l’âme d’un juste, d’un saint… : la conviction que la vie de l’homme est dans les mains de Dieu, la confiance absolue dans le jugement de Dieu et non dans celui des hommes, la fidélité à toute épreuve, la certitude du triomphe final et la fécondité d’une vie qui se croyait perdue.


… Mais ce qui est admirable ici, c’est que cela s’est accompli chez un adolescent, presque encore un enfant. Comme d’autres jeunes au long de l’histoire, ce jeune homme, né ici même, baptisé ici même, martyrisé ici même, nous montre le chemin de la sainteté et nous invite à le suivre sur les pas de Jésus.


« Jamais il n’a été si facile  de gagner le Ciel », écrivait-il à sa maman … Les témoins de sa vie nous parlent de lui comme d’un garçon normal, comme les autres, qui allait à l’école et jouait avec ses camarades, qui aimait ses parents et ses proches, auxquels il resta toujours uni. Mais au-dessus de toutes les affections humaines, au-dessus de toutes les choses de ce monde…il plaçait l’amour du Christ : « J’ai été fait prisonnier – écrivait-il quatre jours avant son martyre – ; je vais mourir, mais cela ne fait rien, Maman. Il faut se résigner à la volonté de Dieu. Je meurs très content, parce que je meurs aux côtés de Notre Seigneur ». Et à l’instant même du martyre, ses dernières paroles sont des adieux quasi liturgiques, avec lesquels il paraphe l’holocauste de sa vie : «  Nous nous verrons au Ciel. Vive le Christ-Roi ! Vive Sainte Marie de Guadalupe ! ».


L'objectif de la persécution : en finir avec la foi chrétienne du peuple


3. Nous connaissons tous les difficiles circonstances historiques qui entourent le martyre du bienheureux José. Une violente et cruelle persécution se leva contre l’Église : elle avait clairement comme objectif d’en finir avec la foi chrétienne du peuple, avec l’amour pour la Vierge noire, avec tous les prêtres qu’il était possible de passer par les armes. Le fruit de ces temps de calamité était déjà en vue avec les saints canonisés par le pape Jean-Paul II et avec les bienheureux d’hier, béatifiés sur mandat du pape Benoît XVI. L’Église d’aujourd’hui au Mexique est le fruit du témoignage de nombreux martyrs, confesseurs, prêtres, religieuses et laïcs qui défendirent … leur foi avec vaillance.

……………..


4. Le pape Pie XI ne méconnaissait pas ces situations douloureuses ni l’histoire de ces glorieux martyrs mexicains. Avec émotion il écrivait : « Vénérables frères, parmi ces adolescents et ces jeunes il y en a quelques-uns – et je ne peux retenir mes larmes en y pensant – qui, tenant en mains le rosaire et acclamant le Christ-Roi, affrontèrent spontanément la mort ». Il pensait, sans doute,   à des personnes comme notre jeune bienheureux qui sut mettre en pratique la parole de Jésus : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il me suive, pour qu’où je suis soit aussi mon serviteur ».


L’inscription sur la liste des martyrs du Christ-Roi du premier bienheureux de l’Église de Dieu qui chemine à Zamora est un don et une grâce avant tout pour le diocèse tout entier. Les saints sont des signes visibles de la présence du Seigneur Jésus jusqu’à la fin des temps et une réponse vivante au désir des hommes de voir Jésus. Le bienheureux José devra être pour tous un exemple du chemin de Jésus… : celui qui s’aime lui-même se perd, et celui qui se déteste lui-même en ce monde s’assure la vie éternelle, et il est en même temps une source d’espérance et une garantie de fruits de vie éternelle pour tous les fidèles : le sang des martyrs, en effet, est semence de chrétiens.

 

Ébloui par la cause du Christ


En premier lieu pour les familles chrétiennes : pour qu’elles soient, comme il y a encore peu de temps, des pépinières de vocations à la vie sacerdotale et consacrée, des églises domestiques où se vivent les valeurs évangéliques et les vertus chrétiennes, des centres de communion et de vie, où parents et enfants vivent unis dans le lien du mariage et les liens de l’amour et de l’affection…


Et aussi pour les jeunes, pour qu’ils soient les sentinelles du matin et les apôtres du troisième millénaire, en suivant les pas d’un camarade, sensible comme eux aux merveilles de la création, aimant la vie et ébloui par la cause du Christ. Mais surtout pour les enfants et les adolescents comme José Sánchez del Río: pour qu’ils se sentent comme lui appelés dans les rangs du Christ-Roi, choisis pour vivre plus près de lui, invités à un amour plus grand, motivés pour donner un sens à leur vie en aimant Jésus comme il nous a aimés.


5. Poursuivons notre célébration d’action de grâces inspirés par l’exclamation joyeuse de Jésus : « Je te rends grâce, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as révélé les mystères du Royaume aux gens simples». Merci pour la sainteté et la sagesse de cet adolescent, pour la confession du nom de Jésus par un si jeune chrétien, et pour le martyre si glorieux d’un fils de cette paroisse de l’apôtre Jacques et de ce diocèse de Zamora, le bienheureux José Sánchez del Río. Qu’il intercède pour nous au Ciel et que très vite nous puissions le voir canonisé ici sur la terre ! Amen.

 

***

Lire également l'encyclique Iniquis afflictisque de Pie XI sur la très dure condition du catholicisme dans les États fédérés du Mexique

 

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Lundi 5 mai 2014 1 05 /05 /Mai /2014 14:20

 

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Vivre à Rome les canonisations de Jean XXIII et de Jean-Paul II fut sans conteste une grande grâce. Moins de dix ans après sa mort, voilà que le pape de notre jeunesse est enfin saint, que le pape du « N’ayez pas peur d’ouvrir les portes au Christ ! » peut être l’objet d’un culte public. Joie ! Grande joie ! Du Santo subito des funérailles en 2005 à ce 27 avril 2014, nous voulons saluer la rapidité hors du commun avec laquelle l’Église, dans sa sagesse, a canonisé un géant de notre modernité, son grand signe des temps à l’évidence ; nous voulons bien sûr remercier Benoît XVI l’artisan aux côtés de François pour cet événement si lourd de sens pour le monde entier.

 

Mais pour qui a vécu la béatification le 1er mai 2011, la canonisation attendue, trois ans après, apparaît malgré tout quelque peu déroutante. Au ciel bleu, à la décoration des colonnades, à la remarquable exposition à l’intérieur même de la place Saint-Pierre, aux deux millions de pèlerins font écho un ciel gris où menace la pluie, l’absence de toute décoration des colonnes, une exposition après une interminable queue loin de Saint-Pierre aux musées du Vatican, moins d’un million de pèlerins. Jusqu’au pape François affichant une mine très grave. Contre toute attente, l’embellie est venue de Benoît XVI qui a éclairé la cérémonie de son sourire simple aux deux apparitions que l’écran géant a bien voulu relayer. Ne parlons pas des journalistes qui en ont rajouté une couche, toujours prompts à dénigrer un pontificat qu’ils continuent à regarder sans hauteur, prompts à mépriser également « les hordes de Polonais » ainsi qu’ils le disent. Faisons malgré tout une place à part à Jean-Marie Guénois l’envoyé spécial du Figaro dont la couverture de l’événement fut particulièrement juste.

 

Les Polonais, rocs de foi, si fidèles

 

Parlons-en justement des Polonais. Nous les avons vus et nous les avons admirés. Jeunes et vieux, très unis, infatigables, au-delà des contingences matérielles, ils avaient fait des heures de car, n’ayant pas toujours d’hôtel, arrivant avec des pliants pour quelques heures de repos, avalant une maigre boîte de pâté sur le pouce pour se sustenter, un vieux café coulant d’un thermos malmené. Ils ont attendu des heures durant sans dormir parfois pour arriver les premiers sur la Place Saint-Pierre. Et alors ? Doit-on en moralisateurs consommés agiter le chiffon rouge du danger du culte de la personnalité ? Doit-on montrer du doigt ces gens simples et humbles qui viennent montrer leur affection au pape sorti de chez eux ? Doit-on en censeurs, en gens qui savent, en gens d'importance, plaquer des schémas d’un catholicisme bon teint sur ces rocs de foi si fidèles ? Qui peut s’octroyer de manière si légère de sonder ainsi leurs reins et leurs cœurs avec tant d’arrogance ?

 

M’ont particulièrement choquée les fouilles opérées par une sécurité au zèle douteux à leur égard, autant au moment de la canonisation et de la messe d’action de grâce qu’à celui de l’accès à la Basilique. Et de faire sortir tout son sac à dos à une pauvre femme, de casser méchamment le bâton d’un drapeau rendant le tissu inutile, d’arrêter justement un jeune prêtre à la barrière de sécurité d’entrée à la Basilique. Sur six portiques, deux seulement étaient ouverts. La file d'attente s’étirait avec une lenteur d’escargot, une file immense prenant naissance à l’autre bout de la Place Saint-Pierre et se rétrécissant en une sorte de colimaçon pour pouvoir exister. Trois heures de queue dans une désorganisation pénible pour accéder quelques minutes aux tombeaux des nouveaux saints. Mais rien ne semblait devoir décourager. Et nous pas moins que d’autres ! Ça priait le chapelet ! Ça chantait des cantiques ! Ça prenait patience dans la bonne humeur même quand ça resquillait plus haut ... Si pour près d’un million de personnes présentes à Rome, deux portiques seulement étaient ouverts, pour quelle sorte d’événement les six pourraient-ils donc être ouverts en même temps ? C’est la question que je me suis posée sans jamais pouvoir trouver de réponse.

 

En sortant de la Basilique, à trois heures de l’envol pour Paris, au moment d’un dernier au-revoir, les roses orange et rouges du parvis de la Place Saint-Pierre semblaient contre toute morosité un cœur brûlant, battant fort, bravant le gris de plomb qui enveloppait soudain le Vatican. C’est cette dernière image avec ce « Suscipe » poignant du Gloria (58:56) de la messe de canonisation la veille que je voulais emporter, image empreinte de la ferveur de tous ceux qui ont voulu coûte que coûte, jamais découragés, dire « Merci ! » à Jean-Paul II, qui ont voulu dire peut-être aussi « Pardon ! » de n’avoir pas toujours su mieux servir son enseignement lumineux.

 

Mémoire et identité


Ces grandes cérémonies de canonisation, rassemblements hors du commun, n’en déplaise aux grincheux, ne servent pas à rien, édifient, donnent de la force. Chacun repart nourri, plus apte à évangéliser, ressourcé par la joie du moment et de la communion fraternelle. Ce n’est pas de l’énergie gâchée ni de l’argent gaspillé, encore moins un culte de la personnalité à écraser dans l’œuf. C’est un hommage nécessaire, un témoignage d’importance, une mémoire pour une si grande identité... H.B.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Jeudi 1 mai 2014 4 01 /05 /Mai /2014 22:24

Ci-dessous résumé en images d'une semaine entièrement tendue vers les canonisations de Jean XXIII et de Jean-Paul II. (Ambiances, exposition Karol Wojtyla et le dialogue interreligieux, exposition Verbum Domini II, comédie musicale, audience papale, conférence de Mgr Poupard au Centre Saint-Louis des Français, messes à San Lorenzo et à Saint-Yves des Bretons, canonisations) H.B.

 

***

Homélie de la messe d'action de grâce pour la canonisation de Jean-Paul II prononcée par le cardinal Angélo Comastri, Vicaire général de Sa Sainteté pour la Cité du Vatican, Archiprêtre de la Basilique papale Saint-Pierre. (Traduction de Ch. P. réalisée à partir du livret distribué en italien et en polonais, intertitres H.B.)

 

Le 8 avril 2005 - cela fait à peine neuf ans - tant de nous étions sur cette place pour donner notre ultime salut à Jean-Paul II. Nos yeux, humides de chagrin et de peine, observaient étonnés – est-ce que vous vous en souvenez ?  – observaient l’évangéliaire posé sur le simple cercueil de chêne,  placé au centre du parvis.  Un vent soudain, à la stupeur de tous, commença à feuilleter les pages du livre. Tous à ce moment-là nous nous demandions : « Mais qui était Jean-Paul II ? Pourquoi l’avons-nous tellement aimé ? »


La main invisible qui feuilletait l’évangéliaire semblait dire : « La réponse est dans l’Évangile ». La vie de Jean-Paul II a été une continuelle obéissance à l’Évangile de Jésus. Pour cela, c’est ce que disait le vent, pour cela vous l’avez aimé. Vous avez reconnu dans sa vie l’Évangile de toujours,  l’Évangile qui a donné lumière et espérance à des générations et à des générations de chrétiens. Aujourd’hui nous savons que ce pressentiment était une inspiration, parce que l’Église, à travers le pape, a reconnu hier la sainteté de Jean-Paul II et nous aujourd’hui, nous exultons et remercions Dieu, infatigable créateur des saints..


Mais en nous souvenant des paroles de Jean-Paul II, « Les saints ne demandent pas à être applaudis mais à être imités », nous devons nous demander : Que nous enseigne la sainteté de ce disciple extraordinaire de Jésus  au vingtième siècle ? 


En pleine apostasie silencieuse


La première réponse est immédiate : Jean-Paul II a eu ouvertement le courage de dire sa foi en Jésus en époque « d'apostasie silencieuse de la part de l'homme repu qui vit comme si Dieu n’existait pas »  (Ecclesia in Europa, 9). Le soir du 16 octobre 1978, à peine élu pape, apparaissant à la loggia de la façade de cette Basilique, Jean-Paul II  s'écria : « Que soit loué Jésus-Christ ! ». C'était le cri de sa foi, c'était le but de sa vie, c’était l’incipit de son pontificat.


Le 3 avril 2006, sur cette place, Benoît XVI, parlant de son prédécesseur, s’exclama : « Notre très regretté Pontife, que Dieu avait doté de multiples dons humains et spirituels, en passant à travers le creuset des difficultés apostoliques et de la maladie, est apparu toujours plus comme un "roc" de la foi. Ceux qui ont eu l'occasion de le fréquenter de près ont presque pu toucher du doigt sa foi honnête et solide qui, si elle a impressionné le cercle de ses collaborateurs, n'a pas manqué de diffuser, au cours de son long Pontificat, son influence bénéfique sur toute l'Église, dans un crescendo qui a atteint son point culminant au cours des derniers mois et jours de sa vie. Une foi convaincue, forte et authentique, libre des peurs et des compromis ».

Ainsi a témoigné Benoît XVI.


Justement, durant la maladie de Jean-Paul II, un journaliste français a fait cette réflexion : « Tandis que le pape devenait moins efficace dans son corps, son témoignage devenait lui plus efficace, sa foi brillait comme une lampe dans la nuit.


Aujourd’hui, nous sommes ici pour lui dire : Merci ! Et surtout nous sommes ici pour nous sommes ici pour recueillir l'héritage et l’exemple de sa foi contagieuse. Quel héritage et quel exemple ?


Jean-Paul II a eu le courage de défendre la famille, qui est un  projet de Dieu écrit en notes claires dans le livre de la vie. Il a défendu la famille pendant que se répandaient la confusion et l’agression publiques contre la famille dans la seule tentative d’écrire une sorte d’anti-Genèse, un contre-projet du Créateur. Dans l’exhortation apostolique Familiaris Consortio », Jean-Paul II disait avec lucidité : « En un moment historique où la famille subit de nombreuses pressions qui cherchent à la détruire ou tout au moins à la déformer, l'Église, sachant que le bien de la société et son bien propre sont profondément liés à celui de la famille(7), a une conscience plus vive et plus pressante de sa mission de proclamer à tous le dessein de Dieu sur le mariage et sur la famille » (Familiaris Consortio, 3).


L’évangile de la souffrance, évangile supérieur


Et après une période de séjour à l’hôpital, à la prière de l’Angélus, le 29 mai 1994, il disait : « Je voudrais que, par Marie, soit exprimée ma gratitude pour ce don de la souffrance. J’ai compris que c’était un don  nécessaire. Et j’ai compris que je devais introduire l’Eglise du Christ dans le troisième millénaire, avec la prière, avec diverses initiatives, mais j’ai vu aussi que cela ne suffit pas. Il faut l’introduire dans le troisième millénaire avec la souffrance. Avec l‘attentat d’il y a treize ans et avec ce nouveau sacrifice. Pourquoi ? Pourquoi justement dans cette année de la famille ? Parce que la famille est menacée, la famille est attaquée. Alors le pape devait être aussi attaqué, devait aussi souffrir pour que chaque famille et que le monde voient qu’il y a un évangile supérieur, l’évangile de la souffrance avec lequel il faut préparer le futur. Le troisième millénaire des familles, de chaque famille, de toutes les familles. »


Saint Jean-Paul II, du Ciel, obtiens-nous une telle lumière pour retrouver la voie du projet de Dieu concernant la famille qui est l’unique voie qui donne la dignité à la famille et la vérité à l’amour, à l’avenir des époux et à l’avenir de leurs enfants.


Jean-Paul II a eu le courage de défendre la vie humaine - et toute la vie humaine ! - dans une époque où s'est répandue la culture du déchet comme l'a dit plusieurs fois le pape François. Oui, dans la famine contemporaine de l’amour, les plus faibles sont écartés parce que l’égoïsme ne les supporte pas et les sent comme un poids. C’est un fait terrible, signe d’une régression dans la civilisation.


La lettre encyclique Evangelium Vitae qui est un cri passionné de défense de la vie, se termine avec une très belle prière à Marie dans laquelle on trouve toute l’âme de Jean-Paul II. Il dit ainsi : « Ô Marie, aurore du monde nouveau, Mère des vivants, nous te confions la cause de la vie : regarde, ô Mère, le nombre immense des enfants que l'on empêche de naître, des pauvres pour qui la vie est rendue difficile, des hommes et des femmes victimes d'une violence inhumaine, des vieillards et des malades tués par l'indifférence ou par une pitié fallacieuse. Fais que ceux qui croient en ton Fils sachent annoncer aux hommes de notre temps avec fermeté et avec amour  l'Évangile de la vie. »


Comme elles sont vraies ces paroles, comme elles sont actuelles, comme elles sont prophétiques : c’est un précieux héritage.


Tu ne tueras pas !


Mais la passion pour la défense de la vie devient devient un cri authentique dans la vallée des Temples, près d’Agrigente. Le pape Jean-Paul II, dans un frémissement digne d’Amos ou d’Isaïe, cria : « Dieu a dit un jour « Tu ne tueras pas ! » L’homme ne peut pas tuer. Nul homme, nulle organisation humaine, (…),  ne peut changer et piétiner ce droit sacré de Dieu. … Il faut ici une civilisation de la vie ! Au nom de ce Christ crucifié et ressuscité, de ce Christ qui est vie, chemin, vérité et vie, je le dis aux responsables :  Convertissez-vous ! Un jour viendra la Justice de Dieu ! »


Quelle foi, quelle force, quel héroïsme se cachaient derrière ces paroles. C’était l’héroïsme d’un saint.


Mais la foi courageuse de Jean-Paul II ne s’est pas arrêtée là. Il a eu le courage de défendre la paix alors que soufflaient les vents de la guerre. En 1991 et en 2003, il tenta avec toutes ses forces d’empêcher les deux guerres du Golfe. Il ne fut pas écouté, mais même mais il ne se lassait pas de crier « Paix ! » Dans une dernière tentative pour bloquer la machine de guerre, il se permit de dire : « Je sais ce que c’est la guerre.  Je dois le dire à tous. La guerre ne résout aucun problème, elle les multiplie. » Paroles saintes, paroles vraies, paroles actuelles.


À la rencontre des jeunes


Jean-Paul II a eu le courage d’aller à la rencontre des jeunes pour les libérer de la culture du vide et de l’éphémère et pour les inviter à accueillir le Christ, unique lumière de la vie, et le seul capable de donner la plénitude de la joie au cœur humain.


Le 15 août de l’an 2000,  en accueillant une foule immense de jeunes ici sur la Place Saint-Pierre, il les salua de cette manière : « Qu’êtes-vous venus chercher ? Alors laissez-moi vous répéter ma question : qu’êtes-vous venus chercher ? Ou mieux, qui êtes-vous venus chercher ? Il ne peut y avoir qu’une seule réponse : vous êtes venus chercher Jésus Christ ! Mais c'est Jésus-Christ qui, le premier, vient vous chercher. Ne pensez pas que vous êtes des inconnus. Ne pensez pas que vous êtes inconnus à ses yeux. Comme des numéros dans une foule anonyme. Chacun de vous est précieux pour le Christ, connu personnellement et vous aime tendrement. »

 

 Les jeunes du monde entier ont reconnu un vrai père, un guide authentique, un éducateur loyal. Qui peut oublier l’étreinte entre le pape et un jeune, qui lors de la veillée de Tor Vergata, après avoir franchi tous les cordons de sécurité....C'est une scène qui est entrée dans notre coeur, a couru vers lui pour lui dire simplement : « Merci ! Je t’aime ! » C’est une scène qui entré dans notre cœur et dans l’histoire de l’humanité.

 

La joie du sacerdoce


Jean-Paul II dans la période difficile des crises sacerdotales a eu le courage de dire à la face du monde la joie d’être prêtre, la joie d’appartenir au Christ et de se dépenser totalement pour la cause de son Royaume.


Un ancien prêtre, qui avait été réduit à l’état laïc, est venu un jour, accompagné d'un de ses amis, à une audience du pape à la salle Clémentine. Le pape fut informé de cette présence singulière : et à la fin de l’audience il demanda à rencontrer l’ancien prêtre. Qu’est-ce qui arriva ? Le pape s’agenouilla et lui demanda de le confesser pour réveiller dans le cœur du prêtre la conscience de la grandeur du sacerdoce. En le saluant il lui dit : « Vois, vois comme est grand le sacerdoce ! » Paroles et gestes dignes d’un saint.


L’hiver marial


Jean-Paul II enfin a eu le courage d’affronter l’hiver marial. qui caractérisait la première phase post-conciliaire.

Il reproposa avec force et avec conviction la dévotion à Marie : une dévotion qui est .une part irréductible de l'Evangile, c'est-à-dire de l'oeuvre du Salut comme il a été et est accompli par Dieu en Jésus-Christ.


« Le 13 mai 1981 – ce sont ses paroles– pendant qu’une main s’employait à me tuer, j’ai senti une main maternelle qui arrêtait le pape sur le seuil de la mort. »


Et le 24 février 2005, après l’intervention de trachéotomie qui le priva de sa voix, il écrivit sur un feuillet : « Qu’est-ce que vous m’avez fait ? mais… totus tus. »


Jusqu’à la fin , Jean-Paul II s’est laissé conduire par Marie sur la voie de la foi, de l’abandon, du don total de soi-même, c’est pourquoi il est saint.


Saint Jean-Paul II, prie pour l’Église, que tu as tellement aimée et que tu as conduite courageusement sur le sentier de la foi héroïque en Jésus.


Saint Jean-Paul II, prie pour nous afin qu’autour du pape François, nous formions (selon le désir et la prière de Jésus) un seul cœur et une seule âme afin que le monde croie. Amen / Angelo Card. Comastri. 

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Jeudi 24 avril 2014 4 24 /04 /Avr /2014 12:28

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Hier mercredi, la foule des pèlerins répondait toujours plus compacte comme chaque semaine à l'invitation de l'audience papale. Bien sûr, il faut être muni du sésame, de ce petit carton de couleur qui vous permet d'entrer dans l'enceinte. Nous l'avons obtenu sans difficultés la veille au bureau spécial qui se trouve après le seuil de la « Porte de Bronze » (colonnade de droite de la place Saint-Pierre). Depuis peu, au verso du billet, la prière du Notre-Père récitée en conclusion de l'audience est écrite en latin. 

Alors que l'audience n'était prévue qu'à 10h30, la place Saint-Pierre se noircissait de monde dès 7h30 ! La pluie fine mais tenace ne décourageait visiblement personne. Groupes de jeunes, familles avec enfants en bas âge, personnes âgées, diocèses du monde entier, tous convergeaient vers ce moment d'importance, celui où le pape allait dispenser une parole vraie, une parole de vie pendant cette heure de catéchèse. Après avoir salué des personnes handicapées, exceptionnellement dans la salle Paul IV en raison de la pluie, le pape François a sacrifié au rituel tour de la Place Saint-Pierre, embrassant les enfants qu'on lui tendait, bénissant. Sa voiture s'immobilisa soudain tout près de nous. Pourquoi ? Un drapeau argentin déployé par des jeunes avait attiré son regard. Le voilà descendu de la jeep et près d'eux à leur plus grande joie !

« Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? 

Après ce grand tour jovial, l'audience commence : le calme est revenu. La lecture de l'évangile de la Résurrection est lu en plusieurs langues, dont le français. Au cœur de ce texte, la phrase des anges aux femmes venues au tombeau au matin de Pâques : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? » C'est cette phrase que commente le Saint-Père. 

"... Nous en avons besoin lorsque nous nous replions dans une quelconque forme d’égoïsme et d’auto-complaisance ; lorsque nous nous laissons séduire par les pouvoirs terrestres et par les choses de ce monde, en oubliant Dieu et notre prochain ; lorsque nous mettons notre espérance dans les vanités mondaines, dans l’argent, dans le succès. Alors la Parole de Dieu nous dit : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? ». Pourquoi cherches-tu là ? Cela ne peut pas te donner la vie ! Si, peut-être que cela te donnera une joie pendant une minute, un jour, une semaine, un mois… et ensuite ? « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? » ..."

Cette phrase devait entrer dans notre cœur insistait le pape. Le Saint-Père nous demanda alors de la répéter, de la redire tous ensemble trois fois. Et voici que s'éleva de toute la place Saint-Pierre trois énormes « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? ». Avec foi, la foule obéissante dont j'étais répétait la phrase de l'évangile. Étonnement ! Joie ! 

A suivre... H.B.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Mercredi 23 avril 2014 3 23 /04 /Avr /2014 01:09

Le musical JPII

Un coup de peinture la nuit sur des passages pour piétons défraîchis, des groupes joyeux déambulant, une place Saint-Pierre fleurie entre cérémonies de Pâques, audience et canonisations à venir de deux papes, voilà Rome en une octave exceptionnelle de Pâques, "semaine des quatre papes" comme l'a titré un hebdomadaire.

Nos pas nous ont conduits d'abord vers l'exposition consacrée à l'action de Jean-Paul II en matière de dialogue interreligieux. Incontournable ! Que de photos pour rappeler le souci inlassable que Karol Wojtyla a eu de rencontrer les confessions juive, musulmane ainsi que, bien sûr, les autres confessions chrétiennes. Les deux rencontres à Assise en ont été comme les gonds majeurs.

Nous avons visité ensuite l'église Saint-Barthélémy-en-L'Ile où les chapelles latérales ont été récemment dédiées aux nouveaux martyrs. Poignant de voir par exemple la pierre que les bourreaux avaient décidée de lester au corps du père Popieluszko pour le faire disparaître dans la Vistule, ou encore le bréviaire de Mgr Romero. Des reliques qui permettent de faire mémoire de manière incarnée.

Ce soir, enfin, alors que le spectacle musical "Non Abbiate paura", "N'ayez pas peur" se donnait complet pour les trois jours de représentation, voici que des billets nous sont offerts à la dernière minute. Une vraie opportunité que nous saisissons ! Ayant reçu l'encouragement officiel du pape François, le spectacle tient ses promesses avec des tableaux très réussis comme celui notamment du pardon donné à Ali Agca. Musique, danses, jeu des acteurs, voix, scénographie, tout y est très juste, professionnel, pétulant. Le pape des artistes et de la nouvelle évangélisation n'aurait pas renié une telle création. Hommage fin et émouvant vraiment.

Pèlerinage romain à suivre. Demain l'audience avec le pape François. Joie de le voir pour la première fois ! H.B.

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Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Dimanche 20 avril 2014 7 20 /04 /Avr /2014 14:46

Les jeunes ont aimé "le frat" - entendez en langage codé #frat2014 ! Ce grand rassemblement de dix mille lycéens vient de se dérouler à Lourdes, du dimanche des Rameaux au mercredi de la semaine sainte. Sous le signe de la joie et du partage via les réseaux sociaux, le frat a vu des évêques et des organisateurs ne pas hésiter à sacrifier à la modernité numérique. Tout a commencé par le hashtag #DisLeAuMonde lancé par le groupe de pop louange Glorious qui devait trouver son pic d'affluence sur twitter lors du triduum. Associée à la Croix et au coeur réunis par un signe d'égalité, une photo, originale si possible. Puis sur les tweet-lines s'est invité aujourd'hui jour de Pâques le défi #selfiecierge lancé par Mgr de Dinechin, évêque auxiliaire de Paris : il s'agissait de se faire photographier sous le tout nouveau cierge pascal. Défi réussi : plus de quatre cents photos sont d'ores et déjà postées ! Assez simple au fond, le coup de pouce à la participation à la messe de Päques, mystère central de la foi des chrétiens. Il fallait y penser et les jeunes ont dit : Chiche... H.B.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ

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Audio

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La Voix est libre, émission du 8 novembre 2010 animée par Anne Gavini. "Comment redonner sa place au dimanche". Débat avec Monseigneur Lagleize, évêque de Valence. Hélène Bodenez, professeur à Saint-Louis de Gonzague-Franklin, Monseigneur Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France. Par téléphone : Père Jacques Vignancour, curé de Saint Austremoine, à Issoires (Puy de Dome)


 

 

Aujourd'hui l'Eglise, émission du 19 novembre 2008, animée par Elodie Chapelle. "Travail le dimanche : l'Eglise a son mot à dire" Débat  avec François Asselin et Hélène Bodenez.

Publications

 

 51 Revue Rapport 03  Sexe-du-genre-Lp-55.jpg  Van-Thuan-revue-_-en-espagnol.png

- « Devoir des parents, bien de l'enfant », Francis Mouhot, Éduquer, est-ce encore possible ?, Les Idées, Revue Liberté politique, n° 60, (juin-juillet 2013), p. 157-158.

« Le Jésus de l’Histoire », À propos de Jean-Christian Petitfils, Jésus, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°56, Privat (mars 2012), p. 195-201.

- « La bataille du dimanche continue », Revue Liberté politique, IIIe Rapport sur la doctrine sociale de l’Église dans le monde, n° 55  (décembre 2011), p. 115-119.

- « Lumière du pape », À propos de Lumière du monde, Questions disputées, Revue Liberté politique, n° 52, Privat (mars 2011), p. 155-161.

- « Le cas de l'année : la bataille du dimanche en France et en Europe  », Revue Liberté politique, IIe Rapport sur la doctrine sociale de l’Église dans le monde, n° 50 (septembre 2010), p. 75-84.

- « La Battaglia sulla domenica in Francia », Rapporti dal Mondo, Osservatorio internazionale cardinale Van Thuan sulla dottrina sociale della chiesa, Bollettino di Dottrina sociale della Chiesa , (Anno VI 2010, numero 3, luglio-settembr), p. 87.  

  - « Le dimanche, un droit historique », À propos de Daniel Perron, Histoire du repos dominical, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°50, Privat (septembre 2010), p. 185-190.

 - « Une truculente défense du pape », À propos de Gaspard-Marie Janvier, Minutes pontificales sur le préservatif, Questions disputées, Revue Liberté politique, n. 49, Privat (juin 2010), p. 161-164.

- « Le dimanche, jour cardinal », Communication à la table ronde du 6 octobre 2009 "Vivement dimanche !" au Centre culturel de Franklin, Revue Liberté politique, n°. 47, Privat (décembre 2009), p. 23-31.

- « Voyage au cœur de la psychothérapie », À propos de Francis Mouhot, Le Moi et l’esprit, Questions disputées, Revue Liberté politique, n. 46, Privat (septembre 2009), p. 143-152.

- « Pourquoi le dimanche ? », Dossier "A Dieu, le dimanche ! Appel à la résistance des chrétiens", Revue Liberté politique, n°. 44, Privat (mars 2009), p. 107-116.

- « Benoît XVI le bâtisseur », À propos de George Weigel, Le Choix de la vérité, Questions disputées, Revue Liberté politique, n. 43, Privat (décembre 2008), p. 181-185.

- « Lâcher prise ou abandon spirituel », À propos de Robert Scholtus, Faut-il lâcher prise : splendeurs et misères de l’abandon spirituel, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 42, Privat, (septembre 2008), p. 167-174.

- « Retrouver les chemins de l’être », Dossier Fides et Ratio 2008-1998, Revue Liberté politique, n°. 42, Privat (septembre 2008), p. 153-163.

- « Les métamorphoses de Jésus ou la tentation de l’expérience directe », À propos de Frédéric Lenoir, Le Christ philosophe, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 41, Privat( juin 2008), p. 235-244.

- « Et le blog devint fléau », Éducation : questions qui fâchent, Revue Liberté politique, n°. 40, Privat (mars 2008), p. 147-157.

- « Conversion ou initiation : le presque de la foi », À propos de Jean-Claude Guillebaud, Comment je suis redevenu chrétien, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 38, Privat (septembre 2007), p. 125-131.

- « Relire La Pensée captive », À propos de Cesław Miłosz, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 32, Privat, (janvier-février 2006) p.129-141.

À lire absolument !

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Daniel Perron, Histoire du repos dominical (L'Harmattan, 2010).

 

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Gaspard-Marie Janvier, Le Dernier dimanche (Mille-et-une-nuits, 2009, Prix Mottard 2009). 

 

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Jean-François Froger, Le Maître du Shabbat (Editions Grégoriennes, 2009)

 

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Patrick Gourrier, Le dimanche, c'est sacré ! (Letheillieux, 2009)

 

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Michel Fauquier, Lettre ouverte du dernier des Français au premier des Français, (Tempora, 2009)

 

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Carte trvail dominical 
Dimanche

Fonctions sociales d'un jour à part

Noyau d'un ordre social historique

Vidéos créées pour ce blog.

Version de la vidéo en anglais

Version de la vidéo en espagnol 

Version de la vidéo en allemand

 

Dimanche

 

 

 

À Dieu, le dimanche !

H. Bodenez

 

A Dieu le dimanche !

Mis en danger par la proposition de loi Mallié, le dimanche est moribond en France. Ce livre voudrait lancer un appel à la résistance des chrétiens. L'argument religieux n'étant pas le plus développé dans un débat essentiellement politique et social, Hélène Bodenez voudrait que ne soit pas minimisé le regard de foi de la vision théologique et de la vision mystique. Admettons-le : le dimanche s'est vidé depuis longtemps de son sens originel. Pourtant, si le culte du dimanche suppose bien la foi intérieure des chrétiens, il n'en est pas moins un rituel extérieur et collectif. En en retrouvant la voie, les chrétiens pourraient participer à la mission de la France dans l'Église.   Acheter à La Procure

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Joseph Thouvenel a lu  À Dieu, le dimanche ! Ed. grégoriennes) Chronique Economie et société sur Radio Notre-Dame, 12 décembre 2010.

 

 

Faut-il faciliter le travail le dimanche ?

KTO

    

Pourquoi le dimanche est-il un jour chômé ?

 

 

 

L'écho des dimanches

Duo Zucchero - Fiori, paroles françaises de J.-J. Goldman, (Chocabeck, 2010).

"Dans mon village, j'ai vu le temps se poser..."


 

Logo-AFSP

L'Association pour la Fondation de Service politique réunit des hommes et des femmes engagés dans la vie politique, économique et sociale. Elle est ouverte à tous ceux qui souhaitent participer à ses activités : colloques, conférences, universités, soirées-rencontres, campagnes de sensibilisation. De très nombreuses personnalités ont participé à ses travaux: chefs d'entreprise, cardinaux, universitaires, hommes politiques, journalistes.

14 juin 2011

The European Sunday Alliance is a network of national Sunday Alliances, trade unions, civil society organizations and religious communities committed to raise awareness of the unique value of synchronised free time for our European societies. Sunday and, more general, decent working hours, are the focus of our campaigns. In our Founding Statement, we draw attention to aspects of life/work-balance and social cohesion that depend on a vast majority of people to have their lawful free time at the same time.

 

Lancement de l'European Sunday Alliance, le 20 juin 2011 dont sont membres, entre autres, l'AFSP, la CFTC, le CAD.

 

CCF

Le centre culturel Franklin est inspiré par la tradition jésuite et permet de créer une synergie entre la formation intellectuelle, humaine et spirituelle dispensée aux élèves à Saint-Louis de Gonzague (Paris) et une certaine forme de formation continue destinée aux adultes de la communauté éducative. Ce que de manière traditionnelle, on appelait autrefois dans les collèges de la Compagnie : « école des parents », si non « école des adultes ». Le Centre culturel Franklin est ainsi un lieu de rencontres avec des personnalités uniques, un lieu de réflexion, un lieu d'échange et de débats.

Travail décent

Un monde meilleur commence   

L'objectif principal de l'Organisation internationale du Travail (OIT) est de promouvoir l'égalité pour les femmes et les hommes, d'obtenir un travail décent et productif dans des conditions de liberté, d'équité, de sécurité et de la dignité humaine. Ce film web donne un aperçu de trois minutes de la notion de travail décent et est disponible en 25 langues (Juillet 2008).          

Le jour décent du repos hebdomadaire est le dimanche ! 

Des députés européens débattent du repos dominical
D'un côté les pour, de l'autre les contre... Où l'on voit un député européen conservateur (Sud-Est de l'Angleterre) sortir de ses gonds au seul motif que le jour de repos hebdomadaire puisse être le dimanche et pas le vendredi par exemple. Toujours les mêmes arguments : renvoyer aux lois des pays, renvoyer au "principe de subsidiarité". Rien de plus malhonnête quand on sait que la pression pour ouvrir les magasins le dimanche vient précisémenet de l'Union européenne qui a sorti de la directive du temps de travail le repos donné le dimanche, pilier d'un modèle culturel, noyau d'un ordre social historique. 

25 mars 2010
 
Robert Rochefort : travail le dimanche, une proposition contre l'emploi  
"Vous déportez le commerce vers la grande distribution et vous poussez des centaines de milliers de petits commerçants à la fermeture."

   22 février 2012
 

 

Christ du Dimanche à Biella (Italie)

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À Biella, Christ du dimanche, élément d'un triptyque, à droite d'une Vierge à l'Enfant et d'une Trinité.

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A Biella, Christ du dimanche. 

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A Biella, Christ du dimanche, détail. Photos : Hélène Bodenez.

Mandamentos da lei de Deus

Açores, Sao Miguel

Photo : Table de la Loi - Azulejos - Açores

 

Parole du Seigneur : Observez le droit, pratiquez la justice. Car mon salut approche, il vient, et ma justice va se révéler. Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur pour l'amour de son nom et sont devenus ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et s'attachent fermement à mon Alliance, je les conduirai à ma montagne sainte. Je les rendrai heureux dans ma maison de prière, je ferai bon accueil, sur mon autel, à leurs holocaustes et à leurs sacrifices, car ma maison s'appellera « Maison de prière pour tous les peuples ». 

Livre d'Isaïe 56,1.6-7, Ire lecture du dimanche 17 août 2014 - 20e dimanche ordinaire. 

 

"Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l'honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l'immigré qui réside dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent, mais il s'est reposé le septième jour. C'est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l'a consacré."

Livre de l'Exode, 20, 8-11, Ire lecture du dimanche 11 mars 2012 - 3e dimanche de Carême. 

 

"Nabucodonosor déporta à Babylone ceux qui avaient échappé au massacre ; ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils jusqu'au temps de la domination des Perses. Ainsi s'accomplit la parole du Seigneur proclamée par Jérémie : La terre sera dévastée et elle se reposera durant soixante-dix ans, jusqu'à ce qu'elle ait compensé par ce repos tous les sabbats profanés."

Deuxième livre des Chroniques, 36, 20-21. 

Ire lecture du dimanche 18 mars 2012 - 4e dimanche de Carême, dimanche de Laetare.

 

"Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » Et aussitôt l'homme retrouva la santé. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat."

Évangile selon saint Jean, 5, 8-9. Évangile du jour – 20 mars 2012.

 

"Jésus était en train d'enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat. Il y avait là une femme, possédée par un esprit mauvais qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser. Quand Jésus la vit, il l'interpella : « Femme, te voilà délivrée de ton infirmité. » Puis, il lui imposa les mains ; à l'instant même elle se trouva toute droite, et elle rendait gloire à Dieu. Le chef de la synagogue fut indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat. Il prit la parole pour dire à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. » Le Seigneur lui répliqua : « Esprits faux que vous êtes ! N'est-il pas vrai que le jour du sabbat chacun de vous détache de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ? Et cette femme, une fille d'Abraham, que Satan avait liée il y a dix-huit ans, n'est-il pas vrai que le jour du sabbat il fallait la délivrer de ce lien ? » Ces paroles de Jésus couvraient de honte tous ses adversaires, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu'il faisait."

Évangile selon saint Luc, 13, 10-17. Évangile du jour – 29 octobre 2012.

 

"Quand arriva la fête du septième mois, tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la Porte des eaux. On demanda au scribe Esdras d'apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait donnée à Israël. Alors le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l'assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C'était le premier jour du septième mois. Esdras, tourné vers la place de la Porte des eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu'à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi. Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès. Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l'assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre. Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l'on pouvait comprendre. Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n'a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart !» Les lévites calmaient tout le peuple en disant : « Cessez de pleurer, car ce jour est saint. Ne vous affligez pas ! » Puis tout le peuple se dispersa pour aller manger, boire, envoyer des parts à ceux qui n'avaient rien de prêt, et se livrer à de grandes réjouissances ; en effet, ils avaient compris les paroles qu'on leur avait fait entendre.

Livre de Néhémie, 8, 1-4a.5-6.8-12, lecture du jeudi 3 octobre 2013, Proclamation solennelle de la loi de Moïse.

La Résurrection du Christ

Résurrection

Photo : Résurrection - Azulejos – Nossa Senhora da Paz, Vila Franca do Campo São Miguel, Açores.

L'heure de la résurrection

"La Vierge était absolument certaine de la résurrection de son Fils puisqu'il l'avait si ouvertement prédite ; mais elle en ignorait l'heure qui, en effet, ne se trouve nulle part déterminée. Elle passa donc la nuit du Grand Samedi, qui lui parut bien longue, à réfléchir sur l'heure possible de la résurrection. Sachant que David a, plus que les autres Prophètes, parlé de la Passion du Christ, elle parcourut le psautier, mais n'y trouva nulle indication de l'heure. Cependant, au psaume 56, David, parlant en la personne du Père à son Fils, dit : « Eveille-toi, ma gloire, éveille-toi ma harpe et ma cithare. » Et le Fils répondit « Je m'éveillerai à l'aurore... » Quand la Vierge Marie sut l'heure de la résurrection, je vous laisse penser avec quel empressement elle se leva pour voir si l'aurore venait. Elle constata que non et acheva le psautier. Puis elle voulut s'assurer si d'autres Prophètes n'avaient pas mentionné l'heure de la résurrection et elle trouva au chapitre six d'Osée ce texte : « Après deux jours il nous rendra la vie, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons en sa présence. Appliquons-nous à connaître le Seigneur, sa venue est certaine comme l'aurore. » La Vierge se leva et dit : « Ces témoins de l'heure où mon Fils doit ressusciter me suffisent...» puis elle regarda par la fenêtre et vit que l'aurore commençait à poindre. Sa joie fut grande : « Mon Fils va ressusciter », dit-elle. Puis, fléchissant les genoux, elle pria « Réveille-toi, sois devant moi et regarde, et toi, Seigneur Dieu Sabaoth, réveille-toi.» Et, aussitôt, le Christ lui envoya l'ange Gabriel disant : « Toi qui as annoncé à ma Mère l'incarnation du Verbe, annonce-lui sa résurrection. » Aussitôt l'Ange vola vers la Vierge et lui dit « Reine du ciel, réjouis-toi, car celui que tu as mérité de porter dans ton sein est ressuscité comme il l'a dit. » Et le Christ salua sa Mère en disant : « La paix soit avec toi... » Et Marie dit à son Fils : « Jusqu'ici, mon Fils, je rendais mon culte le samedi, pour honorer le saint repos après la création du monde ; désormais, ce sera le dimanche, en mémoire de ta résurrection, de ton repos et de ta gloire." Et le Christ approuva."

Saint Vincent Ferrier

Dominicain espagnol (1357-1418)

Cité par le site Une Minute avec Marie les 22 et 23 mars 2012.

 


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Photo H.B. : détail de la statue de Notre-Dame de La Salette, là où la Vierge Marie pleure...  

Lekha Dodi, la fiancée Shabbat, et Notre Dame de La Salette

 

En tant que Juif, j'étais frappé et profondément ému quand j'ai lu les mots de Marie à La Salette : « Je vous ai donné six jours pour travailler dur, le septième je l'ai gardé pour moi-même ». Dans une perspective juive, il est très naturel, presque inévitable d'associer Marie avec le 7e jour, le sabbat. Dans la tradition juive le Shabbat est vu comme une épouse, sous le nom de la "reine du Shabbat". C'est l'anti-chambre du Royaume Messianique, une sorte d'avant-goût de ce qui est à venir. [L'auteur offre comme explication une libre traduction du « Lekha Dodi », qui est un chant juif traditionnel chanté le soir du Shabbat. Dieu invite Israël, le bien-aimé (Dodi), à accueillir le shabbat personnifié au féminin (la reine Shabbat).]

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

Venez, saluons tous Shabbat, la Reine suprême. Source des bénédictions dans toutes les régions du monde, ointe et régnante depuis les temps les plus reculée, dans la pensée elle a précédé les six jours de la Création.

  

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

  

Lève-toi et secoue la poussière de la terre. Revêts-toi de glorieux vêtements qui font voir ta valeur. Le Messie nous conduira tous bientôt vers la nouvelle naissance. Mon âme ressent maintenant les chauds rayons de la rédemption.

  

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

Réveille-toi et lève-toi afin de saluer la nouvelle lumière, car dans ton rayonnement le monde sera éclairé. Chante, car les ténèbres ont disparu de notre regard. Le Seigneur manifeste à travers toi sa Gloire.

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

Alors tes destructeurs seront eux-mêmes détruits. Les ravageurs au loin vont vivre dans le vide. Ton Dieu alors te célébrera dans l'excès de joie, comme un fiancé rencontrant le regard de sa fiancée.

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

[Tout le monde se lève et se tourne vers l'entrée en saluant symboliquement la fiancée Shabbat]

 

Viens en paix, ami de l'âme, doux dons du Seigneur, saluée avec joie et adorée autant par des chants, Parmi le peuple de Dieu en accord dans la foi. Viens, Fiancée Shabbat, viens la couronne des jours,

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

   

Presque tous ces mots pourraient être chantés en l'honneur de la Reine du Ciel, la Reine de La Salette, bienheureuse Vierge Marie !

Roy Schoeman

Analysé par Mgr Dubost ici et cité par le site Une Minute avec Marie le 10 juin 2012, jour de la Fête-Dieu en France.

 

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Dimanche, si loin si proche de la semaine prochaine

Volo, En Attendant (2009) 


 
 
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