Le blog d'Hélène Bodenez 

 

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Dimanche 7 septembre 2014 7 07 /09 /Sep /2014 23:23

 

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Le lire ? Pas le lire ? À vrai dire la question ne s’est même pas posée. Alors que twitter annonçait la rupture de stock dès le jeudi de sa sortie voici que samedi quatre exemplaires de Merci pour ce moment (Les Arènes) s’épanouissaient sur les étagères d’un des Relay de la Gare Montparnasse. En reste-t-il encore quelques-uns de cachés comme cela ici ou là ? Probablement. Six heures de train en tout cas pour l’avaler, cela tombait à pic !

 

Le bal des hypocrites


Beaucoup se sont indignés de ces lignes au nombre desquels trop de femmes. Elles oublient un peu vite comme Apolline de Malherbe sur BFMTV par exemple qu’elles-mêmes pourraient bien correspondre au profil de ces femmes journalistes qu’on repère pour les broyer ensuite tellement facilement. Le passage où la jeune Massonneau est ferrée par François Mitterrand, et partant, par son premier employeur, en dit long sur la façon dont on construit ces « amazones ».

 

Ce livre est une véritable torpille. Faisant fonctionner à plein l’émotion, Valérie Trierweiler n’écrit pas un « roman vrai » de sa vie comme le font tant de VIP pour se protéger d’éventuels procès. Non, c’est un témoignage brut, même pas une autobiographie. Une tranche de vie. « Raconter l’histoire, la vraie ». Pas de prétentions littéraires. Aucune poésie. L’ex firstgirlfriend écrit en chroniqueuse efficace. Comme tous les journalistes publiant. Pas mieux ni pire qu’un FOG par exemple ou qu’un médecin expert sur les futures grandes épidémies. Simplement de l’actu. « Tout ce que j’écris dans ce livre est vrai. » On est très loin de Saint-Simon évidemment mais certaines chutes sont bien travaillées comme celle concernant « l’anecdote » Aquilino Morelle « qui s’est pris tout seul les pieds dans les lacets de ses souliers faits sur mesure. Plus personne ne viendra les lui cirer ».

 

On pourrait se dire que la fin d’une histoire passionnelle, c’est du rabâchage tant ces histoires-là ont déjà dit ce qu’elles avaient à dire, donné même quelquefois des chefs-d’œuvre. Des Liaisons dangereuses à Climats en passant par Dom Juan, le canevas n’est-il pas toujours le même et la catastrophe sûre ? En réalité, si ce livre a tant envie d’être lu, a été arraché par plus de deux cent mille lecteurs en moins de trois jours, un phénomène plus ample que celui d’Harry Potter, c’est qu’il s’y trouve la confirmation de ce que les Français pressentent depuis 2012, confirmation de la surdité, des mensonges d’un président qui avait pourtant voulu son quinquennat sous l’égide du normal, d’un président de gauche qui avait asséné, comme sait l’asséner cette gauche éclairée, qu’avec elle les pauvres et les sans-grade seraient protégés, les femmes seraient libérées et les individus émancipés.

 

Réactions stéréoptypées


Or que voit-on à la faveur de la sortie de ce livre ? De vieilles réactions stéréotypées à l’égard d’une femme à talons hauts qui prend le parti de dire qui elle est, pas celle qu’on a construite de toutes pièces par des opérations com’ puissantes. D’une femme qui refuse d’être « poupée de cire », « vestale ». D’une femme qui refuse de se taire, « soumise et transparente comme une image d’Épinal ». Le portrait de François Hollande en cruel, menteur, ambivalent, double qui en découle est dévastateur. Que ce soit un homme si libre, si représentatif de l’autonomie moderne qui agisse ainsi laisse pantois.

 

Ce que montre très bien le livre c’est la love story au moment où personne n’aurait misé un kopek sur François Hollande à 3% dans les sondages, et encore, quand il y était cité ! Mariée, heureuse avec son second mari et ses enfants, Valérie Trierweiler devient la proie du premier secrétaire du parti socialiste qui n’a aucun scrupule à détourner une femme de son mari, une mère de ses enfants, elle qui lui résiste en pleine gloire à Paris Match. Puis c’est le retournement : une fois qu’elle a abandonné sur ses pressions toute vraie carrière, et à Direct8 et à Paris Match (dans le placard du service culturel), qu’elle cède et qu’à son tour il accède au pouvoir suprême, il la piétine la forçant au silence et dans la foulée à une sacrée coupe dans ses revenus. Passion normale !

 

Elle compatit dans la vraie vie


Le plus pitoyable de ces révélations au vitriol reste naturellement les pages 228-231 où la famille de Valérie Trierweiler, « Sans dents », est raillée au retour d’un dîner de Noël, sous l’expression « Pas jojo ». La blessure au fer rouge est béante et ces lignes fleurant bon la vérité restent le point névralgique de la vengeance. Cosette, fille de caissière et de grand invalide guerre, n’a pas eu de Jean Valjean pour la tirer de l’enfer, et la phrase continuera longtemps de faire son mauvais œuvre. L’explication finale de l’homme blessé très tôt par une Ségolène Royal le castrant dans son envie de pouvoir n’est pas sans finesse. Mais Valérie Trierweiler n’est jamais aussi intéressante que lorsqu’elle parle du milieu d’où elle sort, de ses actions humanitaires : on sent une femme qui ne joue pas la comédie quand elle nous parle du « Secours populaire », des handicapés ou des jeunes filles nigérianes enlevées. Elle compatit dans la vraie vie quand François Hollande en serpent froid se protège dans une forme de nolife.

 

L’incipit du livre comme l’explicit sont deux moments réussis. Les intentions de l’auteur annoncent qu’elle « va ouvrir les malles » ayant « trop besoin de vérité » comme ses résolutions celles de ne plus revenir auprès d’un homme qui l’inonde pourtant encore de SMS. Qui dit qu’ils ne sont pas envoyés comme agissait Valmont envers la présidente de Tourvel ? François lui ment-il encore en roué quand il lui assure qu’il n’a plus de liaison avec Julie Gayet ?

 

Le lecteur est sensible également à un certain fair play dans un examen de conscience qui pointe çà et là : gâchis de son mariage, mal qu’elle a fait à son mari dont elle dit qu’elle est heureuse que ses enfants aient sa classe. Sous-entendre bien sûr que François Hollande n’en a aucune.

 

Malgré son état de grande fragilité, force est de constater que la journaliste politique a trouvé la vigueur pour mener son livre jusqu’au bout, de proposer une relecture d’événements, une révision de choses vues et vécues trop vite interprétées, faits prenant une valeur politique bien réelle. Il y a un courage à saluer. On aurait aimé cependant que ce début de mise au clair sur les constructions politiques et journalistiques aille plus loin.

 

Le Mariage pour tous


Prenons par exemple le mariage pour tous sur lequel la journaliste de Paris Match revient par deux fois. La première pour dire que les opposants à cette loi sociétale font partie de la fachosphère. On tremble que l’entourage du président ait fait croire que les millions de Français descendus par trois fois dans la rue étaient des millions d’extrémistes, on tremble que l’entourage du président ait pu monter pareil mensonge et que l’exécutif soit tombé dans le piège.

 

À la fin du livre, Valérie Trierweiler en parle à nouveau et l’on est en droit de se demander si elle n’a pas participé elle-même au montage.

 

« Je ne suis pas dupe non plus. Dans certaines circonstances, me mettre en avant l’a arrangé. Comme lors du mariage pour tous. François n’a pas reculé malgré les manifestations monstres. Il a tenu cette promesse alors qu’il n’en était pas convaincu au fond de lui évoquant même la liberté de conscience des maires. En découvrant cette formule, je lui ai envoyé un message dans la seconde pour l’avertir que la phrase ne passerait pas. Et effectivement devant le tollé il l’a retirée.

Dans ce combat, je suis allée en première ligne, avec son assentiment, et peut-être même à sa place. Sans doute parce qu’il voit le mariage comme une porte qui se ferme. François n’a jamais compris, sinon de manière théorique, la portée de cette réforme emblématique de la gauche qui restera peut-être sa seule marque dans l’Histoire de France. C’est un joli pied de nez du destin. Je ne doute pas que le mariage pour tous sera la dernière grande réforme de la gauche. (p.314)

Bien sûr, l’anecdote tend à vouloir montrer une fois encore un Président roi nu, girouette, sans convictions qui prend ses décisions on ne sait où, partout sauf en lui-même. Mais penser que le mariage pour tous est un emblème de gauche relève de l’ineptie. Certes, la loi Taubira a été votée sous la gauche mais combien de gens de gauche se sont élevés là contre ? Pensons évidemment à Sylviane Agacinski ou à certains intervenants lors des « manifestations monstres » comme Jean-Jacques Rateau. De fameux fascistes, n’est-ce pas…

 

Non, cette loi inique, sans fondement rationnel, idéologique, bafouant tant de citoyens ne peut venir que de lieux dédouanés de la loi démocratique de réprésentativité du peuple, de cercles initiés sûrs de leurs positions éclairées, de cercles masculins de surcroît ayant exclu depuis tant de siècles les femmes de leurs prises de décision. Ces cercles et ces loges pour ne pas les nommer ne sont ni de droite ni de gauche. Ils sont juste secrets. Et du secret plus que du mensonge, du non-dit, du mystère et de l'ambivalence, il y en a dans ce couple déchiré.

 

L’on regrette donc que Valérie Trierweiler si soucieuse des enfants du Secours populaire n’ait pas voulu comprendre le mal qui va leur être fait, au nom de la loi désormais, mal que la Manif Pour Tous dénonçait à temps et à contre-temps : faire croire que deux mères égalent un père, que deux pères égalent une mère.

 

Qu’il nous voie, qu’il nous écoute


Un chroniqueur disait dans C dans L’air que ce livre c’était pire que l’affaire des diamants de Bokassa sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Je le pense également. Penser que le président était en pleine affaire Gayet et que Valérie Trierweiler essayait le 28 mars 2013 de savoir la vérité au moment de l'interview sur France 2 reste pathétique. Nous étions, nous manifestants de La Manif Pour Tous, sous les fenêtres de France télévisions bunkerisé. Nous disions alors « On veut qu’il nous voie », « On veut qu’il nous écoute »… Ironie du moment ! Valérie Trierweiler ne dit pas autre chose dans son livre. Elle voulait simplement qu’il l’écoute, qu’il la voie. Son histoire c’est la nôtre, renvoie à tant et tant de Français niés, piétinés, dindons de la farce depuis 2012. H.B.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : LIVRES
Dimanche 7 septembre 2014 7 07 /09 /Sep /2014 14:24

Itélé a donc enquêté sur le travail le dimanche hors de nos frontières. Partant de l'Allemagne, on apprend ce que ce blog dit depuis des années, à savoir que le pays où la croissance se porte le mieux en Europe est également le pays qui encadre le plus son dimanche, jour protégé par la Constitution, "jour d'élévation spirituelle". Mais Itélé prend bien soin de mettre en exergue le grignotage des huit dimanches de dérogation avant de passer au pays suivant tellement radieux dans sa modernité.

 

Les Hollandais acceptent en effet depuis longtemps le travail dominical. Au passage, coup de pied de l'âne aux chrétiens opposants au travail le dimanche qualifiés alors de "fondamentalistes" ! Que ne faut-il pas entendre aux pays de la pseudo-liberté d'expression ! Quand vous ne chantez pas la même musique que la vulgate libérale, vous voilà fondamentaliste !

 

Quant à l'Inde, on saisit vite pourquoi on donne la parole à sa représentante : le jour de congé hebdomadaire est donné au choix.... CQFD ! C'est exactement ce dont rêvent les chefs de très grandes enseignes en France relayés par des politiques zélés comme Claude Guéant par exemple voulant sur twitter "réinventer notre modèle social". Ils lorgnent comme bien d'autres sur ces pays émergents se moquant bien de leur modèle social inexistant.

 

Le journaliste indépendant qui conclut porte l'estocade : le dimanche n'est pas un jour spécial, mais un jour comme les autres ce qui revient à redire sous une autre forme ce qu'avait avancé la femme indienne. La structure du reportage en dit long sur les options d'Itélé...  Sous l'apparence d'un reportage neutre, Itélé n'est en réalité ni plus ni moins que favorable à une dérégulation totale. H.B.

 

 

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Jeudi 4 septembre 2014 4 04 /09 /Sep /2014 16:10

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Lu sur le site du Collectif des Amis du dimanche

Le Chef de l'État disait en 2012 « le combat de 2012, c'est de préserver le principe du repos dominical, c'est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j'y veillerai ». Deux ans plus tard, l'ennemi de la finance, le champion du dialogue social, planifie de faire exactement le contraire, par la voie anti-démocratique des ordonnances. 


Devant le tollé massif suscité par ce projet, l'exécutif a effectivement reculé, non pas en vue du bien des travailleurs et de la société française, non pas en vue de la rectification de la situation de désordre instaurée par la loi illisible et injuste du Dr. Mallié, mais sous la contrainte, tout simplement pour ne pas ajouter la goutte d'eau qui fasse exploser sa majorité. À ce sujet, nous remercions très chaleureusement tous les citoyens et les acteurs de la vie politique et sociale qui ont produit un communiqué de presse ou un communiqué de protestation.


Il y a trois choses absolument certaines, en ce qui concerne le travail du dimanche :

  • le travail dominical ne crée aucune croissance économique.  
  • le solde net du nombre d'emplois créés est négatif ou nul.
  • le travail dominical permet à la grande distribution de gagner des parts de marchés sur le commerce traditionnel.

Or comme les grands intérêts qui poussent au travail dominical pour tous, après avoir été représentés pas les magasins de meubles et du luxe (ce qui a donné la loi ConfoKea), puis par des grands consortiums (Dossier La Défense, Le Millénaire, Le Grand Cercle, etc), puis par les magasins de bricolage (Leroy-Merlin et Castorama), actuellement représentés activement par les propriétaires des magasins du boulevard Haussmann (Le Printemps, Galerie Lafayette, BHV), ne sont pas en voie d'affaiblissement d'influence, il est certain également que cette renonciation n'est que temporaire, et que nous reverrons bientôt pointer les oreilles de ce dossier interminable, non pas dans le sens de l'abrogation de la loi Mallié, que nous demandons depuis 2009, mais bien dans le sens d'une poursuite du grignotage officialisé par la loi Mallié.


Il faut donc continuer à se battre.


Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Jeudi 4 septembre 2014 4 04 /09 /Sep /2014 15:01

Le ministre des Affaires étrangères en charge également du tourisme grossit les effets du travail dominical sur le boulevard Hausmann. Vu dans "Désintox" (du lundi au jeudi) dans l'émission 28 minutes sur Arte, présentée par Élisabeth Quin.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Mercredi 3 septembre 2014 3 03 /09 /Sep /2014 16:59

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Travail le dimanche, serpent de mer en vue ! Le journal des Échos relaie le premier : le gouvernement a annoncé que le travail le dimanche serait réformé par ordonnances. Pour étonnant et autoritaire que cela paraisse, il n’y a aucun mal à le croire. N’est-ce pas déjà par ordonnance, le 1er mai 2008, quelques mois avant que la Loi Mallié ne soit débattue à l’Assemblée nationale en 2009, que l’obligation de respecter le principe du dimanche chômé, de respecter le repos dominical, est passée à la trappe ? Dans le plus grand silence, sans effet d’annonces, le principe  formulé ainsi « Le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche » est devenu - ironiquement un jour de la fête du travail ! - « Le repos hebdomadaire est donné le dimanche ». Un tout petit mot barré pour un grand dégât. Le verbe « doit » est effacé au profit du seul verbe « être ». Exit donc l’obligation. Tout est là… Premier cheval de Troie avant le second, terrible, l’amendement d’Isabelle Debré (UMP) permettant dans une loi de consommation que les magasins de meubles dérogent au repos dominical, l’amendement de circonstance « Confokea ».

 

Beaucoup de commentateurs voient ces ordonnances à venir d’un bon œil, comme une manière d’aller plus vite et d’accélérer le pseudo processus de relance de la croissance, du pouvoir d’achat, de création de dizaines de milliers d’emplois, des milliards promis. Mais il ne faut pas se laisser abuser.

 

Y a de l'abus, Monsieur le ministre !

 

Gare en effet. Si la gauche veut légiférer par ordonnances, poussée par une poignée de patrons de très grandes enseignes, ce n’est pas pour aller plus vite mais pour éviter qu’on ne compare les arguments d’aujourd’hui à ceux d’hier et que les contradictions et les lâchetés ne soient par trop voyantes dans une atmosphère délétère de perte de confiance. La confrontation pourrait bien être sanglante et les frondeurs de gauche, tous les jours plus nombreux, se montrer efficaces. Ceux qui se souviennent des débats de 2009 ont bien en tête les interventions d’une gauche vent debout contre la loi Mallié, solidaire de quelques députés du centre et de droite dans une union sacrée étonnante.

 

Ce que ne dit pas en réalité Laurent Fabius, ministre en charge du tourisme, c’est l’aptitude des très grandes enseignes à inclure dans leurs énormes magasins efficaces toujours plus de secteurs sans vendeurs dédiés pour cela, quand dans le petit commerce sont embauchés plusieurs salariés. Contrairement à ce qui est dit, le travail du dimanche des grands magasins ne créera pas d’emplois. Cela en supprimera. Les prix augmenteront même.

 

Et à moyen terme, c’est la libéralisation du dimanche qui s’imposera. Si le dimanche devient un jour comme un autre, il n’y aura plus de volontariat, plus de compensations. Jour ordinaire, deuxième samedi en réalité, la concurrence déloyale touchera toujours plus de secteurs dans un effet domino dévastateur.

 

Le travail le dimanche, c'est pour les autres ?

 

Très étonnant de ne pas voir cette évidence. Très étonnant que tant de personnes se croient protégées de devoir un jour travailler le dimanche, pensant que c’est naturellement pour les autres. Rien de moins sûr. Il est vrai que cela commencera par celles qui ne pourront pas refuser, les femmes vivant une situation de précarité.

 

Les pauvres et les précaires, voilà ceux à qui l’on enlèvera d’abord ce droit historique d’une avancée sociale et culturelle majeure. Demain les sans-dimanche ? Oui, car aujourd’hui les prédateurs aux dents longues ! H.B.

 

Communiqué de presse de la CGAD (1)

01/09/2014

Le travail du dimanche bientôt réglé par ordonnance !

 

Le gouvernement prépare un projet de loi sur la croissance qui devrait prendre la forme d'une  "loi d'habilitation à procéder par ordonnances".  Ce projet de loi devrait être présenté en Conseil des ministres début octobre. Il aura pour objectif d'assouplir les dispositions sur le travail dominical, par ordonnance et de libéraliser les professions réglementées.  Il ne devrait donc pas y avoir de débat parlementaire de fond sur cette question même si  un accord sur une orientation générale est nécessaire.

 

Le texte de cette future ordonnance devrait reposer sur les conclusions du rapport Bailly, rendu au 1er Ministre en décembre 2013.

 

Ce rapport avait notamment préconisé une modification de l’article L. 3132-26 du code du travail permettant l’ouverture de douze dimanches par an. Il avait été ainsi proposé un passage de cinq à sept du nombre maximal de dérogations accordées par le maire et la possibilité, pour les commerçants, de déroger cinq fois par an à la règle du repos dominical, sous réserve d’une obligation de déclaration préalable auprès du maire.

 

Le rapport avait mentionné  l’opposition du secteur représenté par la CGAD à ces propositions.

 

La CGAD rappelle, une fois de plus,  l’importance de maintenir un statu quo sur la législation actuelle en matière de travail dominical. En effet, une augmentation du nombre de dimanches autorisés à douze, voire à quinze comme certaines organisations professionnelles  le préconisent,  permettrait à la grande distribution d’ouvrir toute la journée du dimanche, et non seulement jusqu’à 13h, ce qui fragiliserait les artisans et les commerçants du secteur alimentaire.

 

(1) La Confédération générale de l’alimentation en détail (CGAD) est l’organisation interprofessionnelle représentative des métiers de l'artisanat, du commerce alimentaire de proximité et de l'hôtellerie-restauration. Elle rassemble seize Confédérations nationales de branche représentatives des différents Métiers de l’Alimentation.

***

Mise à jour 4 septembre 2014 12:37

Dernière minute

Lire sur le site des Échos : "Travail du dimanche : Valls renonce aux ordonnances"

François Rebsamen tente de calmer le mardi 2 septembre sur Itélé.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 20:26
Par Hélène BODENEZ - Publié dans : BLOG-NOTES RADIO NOTRE-DAME
Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 19:16

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Le dimanche 14 septembre 2014 de 16h à 22h en la fête de la Croix glorieuse se déroulera une veillée de prière pour les chrétiens d’Orient et pour la paix, à la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre pour le diocèse de Paris, en présence de Monseigneur Éric de MOULINS-BEAUFORT, évêque auxiliaire et Monseigneur Pascal GOLLNISCH, directeur de l’Œuvre d’Orient.

 

La veillée commencera par l’Office des Vêpres à 16h et une Messe sera célébrée à 18h.

 

www.sacre-coeur-montmartre.fr

@SCdeMontmartre

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Jeudi 28 août 2014 4 28 /08 /Août /2014 13:55

Pour Christophe Barbier qui nous déroule son nouvel éditorial, il ne fait pas de doute que la gauche ne touchera pas aux trente-cinq heures quand elle touchera au travail le dimanche (à 0:12-0:20), "la maturation  politique" étant en train de se faire !  On se demande bien de quelle maturation le journaliste à l'écharpe rouge parle. Celle que les grandes enseignes crée de toutes pièces à marche forcée, tordant le cou au passage des petites et moyennes entreprises ? Celle que revendique Nadine Morano ce matin sur France Info (4:24) se moquant d'une gauche faisant passer le travail le dimanche avec un retard de deux ans sur la droite qui l'avait initié ? Que signifie donc cette expression de "maturation politique" ? Qu'il y aurait bientôt union sacrée sur ce sujet de civilisation ? Qui va croire cela ? ... H.B.



Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Jeudi 28 août 2014 4 28 /08 /Août /2014 11:13

À l'heure du Ier Congrès des Études de Genre à Lyon, souvenons-nous de cette intervention de Najat Vallaud-Belkacem en juin dernier qui n'a visiblement pas l'intention d'en rester à la théorie.


Najat Vallaud-Belkacem promet un projet "plus... par francetvinfo

 

*** Voir le décryptage proposé par La Manif pour tous

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉDUCATION
Mercredi 27 août 2014 3 27 /08 /Août /2014 17:56

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« Ce qui doit être changé dans la Loi sera changé » C’est dit. Le ton est déterminé. Les applaudissements fusent. Manuel Valls est au diapason du Medef réuni pour son université d’été cet après-midi à Jouy-en-Josas, annonçant la simplification, l’assouplissement du code du travail, la baisse du coût du travail, l’allègement de ce qui pèse sur l’économie française. On croirait entendre Xavier Bertrand, le ministre du travail de Nicolas Sarkozy, défendant à l’Assemblée la Loi Mallié en 2009. Les mêmes mots-leurres !

 

Alléger le lourd dimanche

 

Dans le collimateur, en effet, devant un parterre de patrons médusés, le travail le dimanche. Serait-ce le « donnant-donnant » réclamé par les très grandes enseignes pour qu’enfin elles mettent un peu de bonne volonté dans la réussite du Pacte de responsabilité ? On est en droit de se poser la question en voyant le sujet réapparaître si tôt le remaniement ministériel d’aujourd’hui acté.

 

« Nous allons faire adopter au Parlement une loi prévoyant des mesures de simplification pour les entreprises... simplification systématique. Cela inclut le code du travail bien sûr mais cela suppose une méthode sur laquelle je serai extrêmement vigilant... Faire des réformes pragmatiques, pas pour que les salariés perdent des droits, mais pour que la souplesse nécessaire puisse s’imposer. Que les entreprises n’aient pas des entraves administratives à l’embauche... La protection des salariés est globalement élevée dans notre pays. Les salariés y sont attachés… Certaines adaptations sont possibles. Sur ces questions, il y a un chemin pour un accord profitable… Ces réformes permettront de rendre notre économie plus souple, plus réactive. Nous allons accroître notre concurrence, alléger certaines règles. Je pense à celles relatives au travail le dimanche (23:57)… Des milliards d’euros de pouvoir d’achat peuvent être redonnés aux Français.

Nous revoyons ici surgir par ce discours les propositions 136 et 137 du rapport Attali initié au lendemain de l’élection en 2007 de Nicolas Sarkozy qui, à la surprise générale, ouvrait à gauche en donnant les rênes de la commission « Pour la libération de la croissance française » à l’ancien ministre de François Mitterrand, Jacques Attali. Qu'on se le dise, l’ubuesque moderne Loi Mallié de 2009 va donc être modernisée ! Déjà ? Oui, Jacques a dit !

 

Sparadrap 2 en vue

 

M’est avis que c’est une grossière erreur. Le sujet du travail le dimanche clive et clivera encore longtemps comme a pu cliver sous le gouvernement Ayrault une autre loi civilisationnelle idéologique dont il n’est même pas besoin de la nommer pour savoir de quoi l'on parle. L'on sait avec quels dégâts durables pour le président de la république. Sparadrap 2 donc en cours de collage !

 

L’ironie des choses c’est de se réclamer aujourd’hui plus que jamais de l’Allemagne d'Angela Merkel, première de classe dans la zone euro, alors que cette république fédérale vit strictement le repos dominical inscrit dans sa constitution. La démonstration de ces milliards d’euros de pouvoir d’achat donnés aux Français reste donc bien incantatoire et loin d’être faite. Il n'est pas sûr du tout que l'ouverture forcenée de Vuitton ou des Galeries Lafayette le dimanche, de Sephora la nuit, des magasins de bricolage Castorama ou Leroy-Merlin le week-end n'aient pas à terme la peau de petites et moyennes entreprises et ne soient responsables du licenciement de très nombreux salariés, n'obligent, par une concurrence déloyale, tout le monde à ouvrir le dimanche à moyen terme. Mais cela on s'en moque : seuls comptent les gros requins cherchant à devenir toujours plus gros.  Et ils sont patients... H.B.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Lundi 25 août 2014 1 25 /08 /Août /2014 14:40

Radio Notre-Dame

C’est la rentrée sur Radio Notre-Dame ! Je participerai au Blog-notes "Actu des blogs catho" dès lundi prochain à 7h11, intervention rediffusée à 8h50. À bientôt donc sur les ondes de votre radio chrétienne ! H.B.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : CINÉMA, MEDIAS, THÉÂTRE, MUSIQUE, PHOTOS
Dimanche 24 août 2014 7 24 /08 /Août /2014 18:25

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Le président de la république a accordé au journal Le Monde un entretien exclusif le 20 août dernier. À la question Quelles nouvelles mesures allez-vous prendre en cette rentrée pour doper la croissance ? voici ce que François Hollande répond : 


"Sur les professions réglementées, Arnaud Montebourg présentera en septembre un projet de loi sur le pouvoir d'achat qui visera à accroître la concurrence dans les prestations offertes aux consommateurs, à faire baisser les tarifs et à lutter contre le maintien de certaines rentes et privilèges. Il comportera des mesures de simplification des normes d'urbanisme et adaptera la réglementation sur l'ouverture des magasins le dimanche." 

Sensible à l'annonce, Le Figaro a de son côté mis en ligne une contribution de Laurent Herblay intitulée "L'effarante conversion de Fançois Hollande au travail du dimanche". L'ancien porte-parole de Nicolas Dupont-Aignan lors de sa campagne présidentielle, met en avant une donnée d'évidence qui a l'air d'échapper au président des Français, celle que "les Français ne manquent pas de temps pour dépenser", mais "qu'ils manquent d'argent" ! Article juste même si nous restons plus que sceptiques sur cette conversion de François Hollande. Nous avions comparé les différentes professions de foi des candidats en 2012 et avions pointé le flou de la position du candidat PS, adhérant bien sûr aux thèses du rapport Attali voulu par Nicolas Sarkozy. 


Pour mémoire, rappelons que l'interview donnée sur BFM TV/RMC pour le deuxième anniversaire de son accession au pouvoir au micro de Jean-Jacques Bourdin, révélait cette même intention volontariste de détricoter le modèle social français dans ce qu'il a de plus noble, la protection du principe du repos dominical donné à tous un même jour, noyau historique du modèle social et culturel européen. Considérer que le repos dominical puisse faire partie des "rentes et des privilèges" comme tend à le suggérer la phrase de François Hollande en dit long sur son réel souci social. H.B.

***

Lire et écouter sur le site de France Inter

"Hollande travaille à l'ouverture des magasins le dimanche"

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Mercredi 20 août 2014 3 20 /08 /Août /2014 09:41

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Dans un article du New York Times consacré au retour sur scène en 2008 de Léonard Cohen, il est mentionné : « Monsieur Cohen est un juif observant qui respecte le Shabbat même lorsqu'il est en tournée.

 

Son dernier titre It's almost like the blues lance déjà l'album Popular problems qui doit sortir le 23 septembre alors que le chanteur poète romancier fête ses quatre-vingts ans. Que d'échos aux déchirures du monde ! Voix rauque, poésie simple et profonde, musique de génie. De ciel, d'enfer et de salut... H.B.

 

Almost like the blues

 

I saw some people starving

There was murder, there was rape

Their villages were burning

There were trying to escape

 

I couldn’t meet their glances

I was staring at my shoes

It was acid, it was tragic

It was almost like the blues

I was almost like the blues

 

I have to die a little

Between each murderous plot

And when I’m finished thinking

I have to die a lot

 

There’s torture and there’s killing

And there’s all my bad reviews

The war, the children missing, Lord

It’s almost like the blues

It’s almost like the blues

 

Though I let my heart get frozen

To keep away he rot

My father says I’m chosen

My mother says I’m not

 

I listened to their story

And the gypsies and the Jews

It was good, it wasn’t boring

It was almost like the blues

It was almost like the blues

 

There is no G.d in Heaven

There is no Hell below

So says the great professor

Of all there is to know

 

But I‘ve had the invitation

That a sinner can’t refuse

It’s almost like salvation

It’s almost like the blues

It’s almost like the blues

 

 

 

Presque comme le blues

 

J'ai vu des gens mourir de faim
Là n'étaient que meurtres, que viols
Leurs villages brûlaient
Ils essayaient de s'échapper

Je ne pouvais pas soutenir leurs regards
Je fixais mes souliers
C'était acide, c'était tragique
C'était presque comme le blues
C'était presque comme le blues

Il me faut mourir un peu
entre chaque complot meurtrier
et quand j'ai fini d'y penser
Il me faut mourir beaucoup

Ici que torture, et là, que tuerie
il y a en plus toutes mes mauvais commentaires
La guerre, les enfants disparus, Seigneur
C'est presque comme le blues
C'est presque comme le blues

Bien que je laisse mon cœur se glacer
pour éloigner la pourriture
mon père dit que je suis élu
ma mère me dit que je ne le suis pas

J'ai écouté leur histoire
de gitans et de Juifs
C'était bon, ça n'a pas été ennuyeux
C'était presque comme le blues
C'était presque comme le blues

Il n'y a pas de D.ieu dans le ciel
Il n'y a pas d'enfer en-dessous
C'est ce que dit le grand professeur
De tout ce qu'il y a à savoir

Mais j'ai eu l'appel
qu'un pécheur ne peut pas refuser
C'est presque comme le salut
C'est presque comme le blues
C'est presque comme le blues

 

 

                                                     

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Lundi 18 août 2014 1 18 /08 /Août /2014 14:57

La-Trace-du-fils_2.png Gaspard-Marie Janvier honore la nouvelle rentrée littéraire d’un surprenant roman. La Trace du fils (Fayard) explore, le temps d’une course-western en montagne, le difficile « métier de père ». Pour réussir à approcher les horizons incertains de la paternité, le roman se veut marche au fil des pages. 

 

C’est l’histoire d’une fugue. D’une fugue et d’une traque dans le théâtre d’infinis espaces. Fugue d’un fils. Traque d’un père. À moins que ce ne soit l’inverse. Nous sommes au seuil de l’hiver. Un jeune garçon de dix ans, Abel, disparaît sur les arêtes du Pic de Bure dans les Alpes. Son beau-père Cecil part à sa recherche au lieu de se résoudre à appeler la police. Le retrouver, l’attraper, le ramener vivant, « recueillir le petit », voilà la quête annoncée. Y parviendra-t-il ? Ses propres moyens suffiront-ils ou devra-t-il faire appel aux hommes en uniforme ? L’elfe agile aperçu pour la dernière fois dansant comme un feu-follet sur la montagne promet en tout cas bien du fil à retordre dans sa fuite-recherche paradoxale de père.  Car le père d’Abel, Didier, est mort et Cecil « père B » avait tout bonnement pensé pouvoir prendre le relais. Mais rien de moins simple. Si seulement Cecil savait ce que c’est que d’être père « Qu’est-ce donc qu’un père ? » s’interroge-t-il. La question semblait être faite pour se dissoudre dans l’air du temps … »

 

Et elle se dissout effectivement ladite question, d’autant plus que lui-même fuit devant les gendarmes, fuit devant Big mother et Bénédicte, ses première et seconde épouses. Folle poursuite donc que cette traque. Qui fuit qui ? Qui poursuit qui ? Telle devient vite la question dans ce roman escarpé : « Cecil et ses fuites ! quand donc arriverait-il à agir sans qu’au milieu de son acte, toujours un indice ne laisse échapper une intention contraire ? » Pas de chevauchée endiablée, mais une poursuite promenade, poursuite rumination, poursuite escalade, poursuite  essentielle de mise au clair avec soi-même acceptant comme une évidence, mi-révolté, mi-défaitiste, l’aveuglant constat de femmes en colère fières de savoir changer une roue, n’ayant plus besoin des hommes, comme d’enfants voulant peut-être se débarrasser des pères.

 

Galerie de caractères

 

Le chasseur Vidossang et sa chienne Maju, le moine errant Enzo juché sur sa mule, l’inénarrable Xavier chef de rayon, Urbain le drôlissime présentateur d’une minable téléréalité, les géants Traveleurs, autant de rencontres, de magnifiques caractères, que de haltes jasardes dans le périlleux voyage. À chaque fois, le lecteur se nourrit d’un monde de vies, d’histoires pittoresques, de points de vue croisés. Personnages à la marge, ils extraient une lueur bienfaisante, un humour libérateur, un paradoxe gênant dans la nuit de la marche, marche qui rythme l’action. L’action trace autant qu’elle traque dans l’incertitude et l’errance ; le lecteur avance avide, au mot rare pas encore effacé, au pas forcé du marcheur lent qui ne progresse parfois que de quelques kilomètres en quarante-huit heures. Il monte libre avec le marcheur dans les hauteurs.

 

Le grandiose espace du roman se dilate dans un temps ordonné. Structuré sans chapitre par trois grandes parties inégales, il serre « Au troisième jour » d’abord Cecil, puis « Au huitième jour » Bénédicte, enfin avec « Et les jours passent » Abel. La fiction fragmentée par un jeu de focalisation expert crée un tempo alerte pour suivre l’homme, la femme, l’enfant. Puis vient le drame et la fin surprise, une vraie fin, un sens avec l’arrivée de l'émouvante cavalerie.

 

Abel, l’innocent tué

 

Avec l’histoire d’Abel, Gaspard-Marie Janvier concocte du neuf avec de l’ancien. Oserons-nous une lecture figurative et voir en Abel, le premier fils assassiné, l’enfant pur et généreux des Origines, l’innocent des écritures saintes ? dans cet enfant qui « parle aux arbres, aux rochers, aux fontaines », y voir une figure emblématique de tous les enfants déracinés, assassinés d’aujourd’hui ? Le fils de Cecil dans sa fugue aussi réelle que symbolique nous avertirait-il d’arrêter le massacre ? Sans doute est-il permis de le croire. Mais jamais le roman n’emprunte la route du catastrophisme ou du déclinisme, encore moins du didactique, ne sert de tartines moralisatrices. Dialogues hauts en couleurs, monologues intérieurs profonds, descriptions et portraits comme on n’en fait plus, rêve surréaliste, prolepses infimes, tout concourt à ouvrir l’esprit de celui qui lit, à le réveiller par la seule force d’un récit plaisant et si nuancé. L’espérance pointe même sa frange : quoique perdus, n’y aura-t-il pas toujours quelqu’un pour les trouver ces fils égarés pour peu qu’ils se laissent chercher ? Il y a du Pascal par moments dans cette fiction-là ainsi que prévenait l’exergue du roman. « Les pères craignent que l’amour naturel des enfants ne s’efface. Quelle est donc cette nature sujette à être effacée ? »

 

Du Pascal sérieux oui, mais pas seulement. Car il y a surtout du western joyeux dans ce périple vital. C’est en toute bonne conscience que les cowboys ont exterminé les Indiens nous rappelle l’auteur dans sa vidéo de présentation. C’est en toute bonne conscience que notre monde en évince un autre avec sa destruction/recomposition familiale échevelée, un peu comme la grosse machine des bûcherons vient arracher la souche de l’arbre « l’agrippant par six crochets articulés à des bras d’acier ». Lutte épique de la machine contre la nature pour le déraciner : la souche résiste, la machine lâche parfois prise mais fait céder finalement l’arbre.

 

Un roman frais

 

Poser ainsi la question du père ébranle évidemment. Le tour de force de Gaspard-Marie Janvier n’est pas mince d’avoir tiré d’une question si sérieuse, si métaphysique puisqu’elle pose la question de la source de notre vie, un roman si frais. L’air pur des hauteurs inspire à l’évidence, soufflant allègrement ici un dialogue cocasse, là une poésie subtile. Kaléidoscope de nos maux hypermodernes, l’histoire cherche une issue par une modification spirituelle, modification que permet le chemin parcouru par les pieds blessés tout près d’un cœur. Histoire de chair et d’esprit avec des moments d’exceptions parodiques tel la vente du matériel de montagne ou bien l’interview de Big mother où se superpose l’inanité de commentaires désopilants d'une toute-puissante psy. Ou encore telle pique bien sentie en direction d’une école épuisante « en activités où l’on n’apprend rien », en prétentieuses maîtresses « qui se donnent des airs sympas ».

 

Qui est donc ce Cecil ? se demande au bout du compte le lecteur. « Pas un nom de coutume » avait observé judicieusement Vidossang notre chasseur sans détours. Un nom culturel, dirons-nous avec un clin d’œil facétieux à Cecil B. DeMill. En tout cas, pas de super héros affiché dans ce western littéraire. Complexé, marié par les circonstances, bigmozerisé (traduire divorcé d’une femme qui n’est plus que la mère de ses enfants) ni époux ni père, évidemment athée, gamin, désespéré, peureux, les adjectifs peu reluisants pleuvent pour désigner notre père moderne tourmenté en quête de lui-même. Janvier comme l’auteur - masque de fils ? - Cecil grossit pourtant pas à pas le livre d’une faiblesse touchante. L’amour en acte qui le meut pour un petiot « qui n’était même pas le sien », malgré des fêlures ouvertes comme des crevasses, le grandit à mesure qu’il cherche le lilliputien, qu’il se donne jusqu’au bout de lui-même, sur la crête de l’arête. Au bout du drame, c’est lui qui est trouvé. Cherche ton fils, tu deviendras père, pourrait-on résumer.

 

La « trace » ou comment représenter l’identité

 

Ni Shakespeare, ni Strindberg, observateur hors pair du monde moderne, Gaspard-Marie Janvier sait en traduire les angoisses les plus vieilles sans pour autant les confiner dans des culs-de-sac mortifères. L’auteur qui mettait au centre de son précédent roman une course au trésor, en remotive une autre, plus ardue encore mais ô combien précieuse. Pour cela, un mot d’importance dans le beau titre nouveau : « trace ». Nous entendons à première lecture et dans le contexte, « ce qui reste », « ce qui affleure », « ce qui n’est pas encore effacé », « ce qui révèle ». Mais dans sa dimension plus scientifique, la définition pourrait tourner plus juste autour du caractère du fils, de sa matrice, de ce qui fait le propre d’un fils, de son ADN dirions-nous aujourd’hui en glosant. Le roman pose alors avec Abel fils de Didier/Cecil une interrogation ontologique, universelle : quels fils sommes-nous ? de quel père sommes-nous nés ? en entraînant une autre plus essentielle encore : de quelle source spirituelle notre esprit est-il né ? Chercher la trace du fils ne revient-il pas à chercher son identité ? notre identité ? D’autres pensées plus tragiques montent en lisant : Quel enfant, sans père ? Le monde moderne n’est-il pas en train d’engendrer des fils de personne ?

 

Le roman, lui-même trace d’un auteur, travaille l’air de rien une des questions les plus ultimes qui soit. Sans poser. Sans difficile philosophie. Pas un traité, juste une histoire qui va vers sa fin. Il ne vous enferme pas dans d’effroyables espaces mais déballe toujours plus large. À lire avec grande attention, intelligence et cœurs ouverts. Pour qu’il y ait moins de « trous sous le ciel ». H.B.

 

*** 

 

EXTRAIT
« Marcher la nuit sur la crête du monde »

Gaspard-Marie Janvier, La Trace du fils, Fayard, p. 70.

 

« Au troisième jour »

 

Il dut tenir deux heures dans l’euphorie d’une progression ailée, porté par une force qui lui semblait peu naturelle. En s’arrêtant pour boire, le silence lui fit comprendre le charme particulier de la marche nocturne. Le jour est centrifuge. Les mille distractions de la lumière éparpillent l’attention en mouvement. La nuit est centripète. Elle rassemble le marcheur sur lui-même. C’est comme s’il retenait à soi le bruit de ses pas. Il se berce du clapotement régulier des semelles, du cliquètement des cailloux, du frottis des vêtements. Et en même temps, c’est comme s’il était hors de lui, qu’il s’entendait de l’extérieur produire un tel tapage qu’il couvre le grand murmure des ténèbres. Marcheurs, marchez la nuit sur la crête du monde vous n’aurez pas peur. Et lacez bien vos souliers. Car si vous devez les renouer comme le fait à présent Cecil, outre que ce n’est pas commode dans le noir, gare au moral : revoilà les crissements, les craquements et les râles.

 

Auteur : Gaspard-Marie Janvier

Éditeur : Fayard

Année : août 2014

Nombre de pages : 222 pages

Prix : 18,00 €


Par Hélène BODENEZ - Publié dans : LIVRES
Samedi 16 août 2014 6 16 /08 /Août /2014 14:32

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Lu sur le blog de la CFTC Paris

Pour les catholiques et les orthodoxes, le 15 août célèbre le miracle de l’Assomption, c'est-à-dire la montée du corps de Marie, la mère du Christ, auprès du Père. La tradition catholique voit dans la mère de Jésus, une personne créée toute pure par la grâce de Dieu. Marie ne pouvait donc connaître la dégradation de son corps dans la mort.

 

« C’est la tradition populaire qui, tout au long des siècles, a poussé l’Église à définir l’Assomption de Marie comme un dogme, en 1950. » (extrait du site Croire).

 

En France, le 15 août est un jour férié depuis 1638, date à laquelle le roi Louis XIII consacra le royaume à la Vierge Marie, pour la remercier de lui avoir donné un fils, le futur Louis XIV.

 

Aujourd’hui, nous profitons largement de ce jour férié, quelle que soit notre confession ou nos croyances. Ce jour participe au nécessaire équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, personnelle, associative et spirituelle.

 

Dans de très nombreux endroits, des processions mariales, soutenues par des chants et des prières, sont organisées le 15 août en France, comme dans d'autres pays.

 

***

Lire sur le site du Télégramme de Brest l'interview de Jean-Claude Perramant regrettant que les jours fériés soient de plus en plus "travaillés".

 

Photo : H.B.

Détail de vitrail. Chapelle de Notre-Dame de la Fontaine Blanche, Presqu'île de Plougastel (29).

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !

Contact H.B.

 

Crèche "Pontifex En Images", pour vous accompagner vers Noël

 

 

Condamnation à mort confirmée pour Asia Bibi

 

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Signez la Pétition ACAT

 

 


Dies-Domini.png

 

 

 

Audio

Radio-Notre-Dame.png

La Voix est libre, émission du 8 novembre 2010 animée par Anne Gavini. "Comment redonner sa place au dimanche". Débat avec Monseigneur Lagleize, évêque de Valence. Hélène Bodenez, professeur à Saint-Louis de Gonzague-Franklin, Monseigneur Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France. Par téléphone : Père Jacques Vignancour, curé de Saint Austremoine, à Issoires (Puy de Dome)


 

 

Aujourd'hui l'Eglise, émission du 19 novembre 2008, animée par Elodie Chapelle. "Travail le dimanche : l'Eglise a son mot à dire" Débat  avec François Asselin et Hélène Bodenez.

Publications

 

 51 Revue Rapport 03  Sexe-du-genre-Lp-55.jpg  Van-Thuan-revue-_-en-espagnol.png

- « Devoir des parents, bien de l'enfant », Francis Mouhot, Éduquer, est-ce encore possible ?, Les Idées, Revue Liberté politique, n° 60, (juin-juillet 2013), p. 157-158.

« Le Jésus de l’Histoire », À propos de Jean-Christian Petitfils, Jésus, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°56, Privat (mars 2012), p. 195-201.

- « La bataille du dimanche continue », Revue Liberté politique, IIIe Rapport sur la doctrine sociale de l’Église dans le monde, n° 55  (décembre 2011), p. 115-119.

- « Lumière du pape », À propos de Lumière du monde, Questions disputées, Revue Liberté politique, n° 52, Privat (mars 2011), p. 155-161.

- « Le cas de l'année : la bataille du dimanche en France et en Europe  », Revue Liberté politique, IIe Rapport sur la doctrine sociale de l’Église dans le monde, n° 50 (septembre 2010), p. 75-84.

- « La Battaglia sulla domenica in Francia », Rapporti dal Mondo, Osservatorio internazionale cardinale Van Thuan sulla dottrina sociale della chiesa, Bollettino di Dottrina sociale della Chiesa , (Anno VI 2010, numero 3, luglio-settembr), p. 87.  

  - « Le dimanche, un droit historique », À propos de Daniel Perron, Histoire du repos dominical, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°50, Privat (septembre 2010), p. 185-190.

 - « Une truculente défense du pape », À propos de Gaspard-Marie Janvier, Minutes pontificales sur le préservatif, Questions disputées, Revue Liberté politique, n. 49, Privat (juin 2010), p. 161-164.

- « Le dimanche, jour cardinal », Communication à la table ronde du 6 octobre 2009 "Vivement dimanche !" au Centre culturel de Franklin, Revue Liberté politique, n°. 47, Privat (décembre 2009), p. 23-31.

- « Voyage au cœur de la psychothérapie », À propos de Francis Mouhot, Le Moi et l’esprit, Questions disputées, Revue Liberté politique, n. 46, Privat (septembre 2009), p. 143-152.

- « Pourquoi le dimanche ? », Dossier "A Dieu, le dimanche ! Appel à la résistance des chrétiens", Revue Liberté politique, n°. 44, Privat (mars 2009), p. 107-116.

- « Benoît XVI le bâtisseur », À propos de George Weigel, Le Choix de la vérité, Questions disputées, Revue Liberté politique, n. 43, Privat (décembre 2008), p. 181-185.

- « Lâcher prise ou abandon spirituel », À propos de Robert Scholtus, Faut-il lâcher prise : splendeurs et misères de l’abandon spirituel, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 42, Privat, (septembre 2008), p. 167-174.

- « Retrouver les chemins de l’être », Dossier Fides et Ratio 2008-1998, Revue Liberté politique, n°. 42, Privat (septembre 2008), p. 153-163.

- « Les métamorphoses de Jésus ou la tentation de l’expérience directe », À propos de Frédéric Lenoir, Le Christ philosophe, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 41, Privat( juin 2008), p. 235-244.

- « Et le blog devint fléau », Éducation : questions qui fâchent, Revue Liberté politique, n°. 40, Privat (mars 2008), p. 147-157.

- « Conversion ou initiation : le presque de la foi », À propos de Jean-Claude Guillebaud, Comment je suis redevenu chrétien, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 38, Privat (septembre 2007), p. 125-131.

- « Relire La Pensée captive », À propos de Cesław Miłosz, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 32, Privat, (janvier-février 2006) p.129-141.

À lire absolument !

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Daniel Perron, Histoire du repos dominical (L'Harmattan, 2010).

 

gaspard-marie-janvier.png

Gaspard-Marie Janvier, Le Dernier dimanche (Mille-et-une-nuits, 2009, Prix Mottard 2009). 

 

Froger2

Jean-François Froger, Le Maître du Shabbat (Editions Grégoriennes, 2009)

 

Gourrier2.png

Patrick Gourrier, Le dimanche, c'est sacré ! (Letheillieux, 2009)

 

fauquier.png

Michel Fauquier, Lettre ouverte du dernier des Français au premier des Français, (Tempora, 2009)

 

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Carte trvail dominical 
Dimanche

Fonctions sociales d'un jour à part

Noyau d'un ordre social historique

Vidéos créées pour ce blog.

Version de la vidéo en anglais

Version de la vidéo en espagnol 

Version de la vidéo en allemand

 

Dimanche

 

 

 

À Dieu, le dimanche !

H. Bodenez

 

A Dieu le dimanche !

Mis en danger par la proposition de loi Mallié, le dimanche est moribond en France. Ce livre voudrait lancer un appel à la résistance des chrétiens. L'argument religieux n'étant pas le plus développé dans un débat essentiellement politique et social, Hélène Bodenez voudrait que ne soit pas minimisé le regard de foi de la vision théologique et de la vision mystique. Admettons-le : le dimanche s'est vidé depuis longtemps de son sens originel. Pourtant, si le culte du dimanche suppose bien la foi intérieure des chrétiens, il n'en est pas moins un rituel extérieur et collectif. En en retrouvant la voie, les chrétiens pourraient participer à la mission de la France dans l'Église.   Acheter à La Procure

Logo-Adverbum-2-copie-1.pngLogo-EG.png  

 

Joseph Thouvenel a lu  À Dieu, le dimanche ! Ed. grégoriennes) Chronique Economie et société sur Radio Notre-Dame, 12 décembre 2010.

 

 

Faut-il faciliter le travail le dimanche ?

KTO

    

Pourquoi le dimanche est-il un jour chômé ?

 

 

 

L'écho des dimanches

Duo Zucchero - Fiori, paroles françaises de J.-J. Goldman, (Chocabeck, 2010).

"Dans mon village, j'ai vu le temps se poser..."


 

Logo-AFSP

L'Association pour la Fondation de Service politique réunit des hommes et des femmes engagés dans la vie politique, économique et sociale. Elle est ouverte à tous ceux qui souhaitent participer à ses activités : colloques, conférences, universités, soirées-rencontres, campagnes de sensibilisation. De très nombreuses personnalités ont participé à ses travaux: chefs d'entreprise, cardinaux, universitaires, hommes politiques, journalistes.

14 juin 2011

The European Sunday Alliance is a network of national Sunday Alliances, trade unions, civil society organizations and religious communities committed to raise awareness of the unique value of synchronised free time for our European societies. Sunday and, more general, decent working hours, are the focus of our campaigns. In our Founding Statement, we draw attention to aspects of life/work-balance and social cohesion that depend on a vast majority of people to have their lawful free time at the same time.

 

Lancement de l'European Sunday Alliance, le 20 juin 2011 dont sont membres, entre autres, l'AFSP, la CFTC, le CAD.

 

CCF

Le centre culturel Franklin est inspiré par la tradition jésuite et permet de créer une synergie entre la formation intellectuelle, humaine et spirituelle dispensée aux élèves à Saint-Louis de Gonzague (Paris) et une certaine forme de formation continue destinée aux adultes de la communauté éducative. Ce que de manière traditionnelle, on appelait autrefois dans les collèges de la Compagnie : « école des parents », si non « école des adultes ». Le Centre culturel Franklin est ainsi un lieu de rencontres avec des personnalités uniques, un lieu de réflexion, un lieu d'échange et de débats.

Travail décent

Un monde meilleur commence   

L'objectif principal de l'Organisation internationale du Travail (OIT) est de promouvoir l'égalité pour les femmes et les hommes, d'obtenir un travail décent et productif dans des conditions de liberté, d'équité, de sécurité et de la dignité humaine. Ce film web donne un aperçu de trois minutes de la notion de travail décent et est disponible en 25 langues (Juillet 2008).          

Le jour décent du repos hebdomadaire est le dimanche ! 

Des députés européens débattent du repos dominical
D'un côté les pour, de l'autre les contre... Où l'on voit un député européen conservateur (Sud-Est de l'Angleterre) sortir de ses gonds au seul motif que le jour de repos hebdomadaire puisse être le dimanche et pas le vendredi par exemple. Toujours les mêmes arguments : renvoyer aux lois des pays, renvoyer au "principe de subsidiarité". Rien de plus malhonnête quand on sait que la pression pour ouvrir les magasins le dimanche vient précisémenet de l'Union européenne qui a sorti de la directive du temps de travail le repos donné le dimanche, pilier d'un modèle culturel, noyau d'un ordre social historique. 

25 mars 2010
 
Robert Rochefort : travail le dimanche, une proposition contre l'emploi  
"Vous déportez le commerce vers la grande distribution et vous poussez des centaines de milliers de petits commerçants à la fermeture."

   22 février 2012
 

 

Christ du Dimanche à Biella (Italie)

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À Biella, Christ du dimanche, élément d'un triptyque, à droite d'une Vierge à l'Enfant et d'une Trinité.

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A Biella, Christ du dimanche. 

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A Biella, Christ du dimanche, détail. Photos : Hélène Bodenez.

Mandamentos da lei de Deus

Açores, Sao Miguel

Photo : Table de la Loi - Azulejos - Açores

 

Parole du Seigneur : Observez le droit, pratiquez la justice. Car mon salut approche, il vient, et ma justice va se révéler. Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur pour l'amour de son nom et sont devenus ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et s'attachent fermement à mon Alliance, je les conduirai à ma montagne sainte. Je les rendrai heureux dans ma maison de prière, je ferai bon accueil, sur mon autel, à leurs holocaustes et à leurs sacrifices, car ma maison s'appellera « Maison de prière pour tous les peuples ». 

Livre d'Isaïe 56,1.6-7, Ire lecture du dimanche 17 août 2014 - 20e dimanche ordinaire. 

 

"Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l'honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l'immigré qui réside dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent, mais il s'est reposé le septième jour. C'est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l'a consacré."

Livre de l'Exode, 20, 8-11, Ire lecture du dimanche 11 mars 2012 - 3e dimanche de Carême. 

 

"Nabucodonosor déporta à Babylone ceux qui avaient échappé au massacre ; ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils jusqu'au temps de la domination des Perses. Ainsi s'accomplit la parole du Seigneur proclamée par Jérémie : La terre sera dévastée et elle se reposera durant soixante-dix ans, jusqu'à ce qu'elle ait compensé par ce repos tous les sabbats profanés."

Deuxième livre des Chroniques, 36, 20-21. 

Ire lecture du dimanche 18 mars 2012 - 4e dimanche de Carême, dimanche de Laetare.

 

"Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » Et aussitôt l'homme retrouva la santé. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat."

Évangile selon saint Jean, 5, 8-9. Évangile du jour – 20 mars 2012.

 

"Jésus était en train d'enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat. Il y avait là une femme, possédée par un esprit mauvais qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser. Quand Jésus la vit, il l'interpella : « Femme, te voilà délivrée de ton infirmité. » Puis, il lui imposa les mains ; à l'instant même elle se trouva toute droite, et elle rendait gloire à Dieu. Le chef de la synagogue fut indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat. Il prit la parole pour dire à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. » Le Seigneur lui répliqua : « Esprits faux que vous êtes ! N'est-il pas vrai que le jour du sabbat chacun de vous détache de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ? Et cette femme, une fille d'Abraham, que Satan avait liée il y a dix-huit ans, n'est-il pas vrai que le jour du sabbat il fallait la délivrer de ce lien ? » Ces paroles de Jésus couvraient de honte tous ses adversaires, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu'il faisait."

Évangile selon saint Luc, 13, 10-17. Évangile du jour – 29 octobre 2012.

 

"Quand arriva la fête du septième mois, tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la Porte des eaux. On demanda au scribe Esdras d'apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait donnée à Israël. Alors le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l'assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C'était le premier jour du septième mois. Esdras, tourné vers la place de la Porte des eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu'à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi. Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès. Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l'assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre. Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l'on pouvait comprendre. Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n'a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart !» Les lévites calmaient tout le peuple en disant : « Cessez de pleurer, car ce jour est saint. Ne vous affligez pas ! » Puis tout le peuple se dispersa pour aller manger, boire, envoyer des parts à ceux qui n'avaient rien de prêt, et se livrer à de grandes réjouissances ; en effet, ils avaient compris les paroles qu'on leur avait fait entendre.

Livre de Néhémie, 8, 1-4a.5-6.8-12, lecture du jeudi 3 octobre 2013, Proclamation solennelle de la loi de Moïse.

La Résurrection du Christ

Résurrection

Photo : Résurrection - Azulejos – Nossa Senhora da Paz, Vila Franca do Campo São Miguel, Açores.

L'heure de la résurrection

"La Vierge était absolument certaine de la résurrection de son Fils puisqu'il l'avait si ouvertement prédite ; mais elle en ignorait l'heure qui, en effet, ne se trouve nulle part déterminée. Elle passa donc la nuit du Grand Samedi, qui lui parut bien longue, à réfléchir sur l'heure possible de la résurrection. Sachant que David a, plus que les autres Prophètes, parlé de la Passion du Christ, elle parcourut le psautier, mais n'y trouva nulle indication de l'heure. Cependant, au psaume 56, David, parlant en la personne du Père à son Fils, dit : « Eveille-toi, ma gloire, éveille-toi ma harpe et ma cithare. » Et le Fils répondit « Je m'éveillerai à l'aurore... » Quand la Vierge Marie sut l'heure de la résurrection, je vous laisse penser avec quel empressement elle se leva pour voir si l'aurore venait. Elle constata que non et acheva le psautier. Puis elle voulut s'assurer si d'autres Prophètes n'avaient pas mentionné l'heure de la résurrection et elle trouva au chapitre six d'Osée ce texte : « Après deux jours il nous rendra la vie, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons en sa présence. Appliquons-nous à connaître le Seigneur, sa venue est certaine comme l'aurore. » La Vierge se leva et dit : « Ces témoins de l'heure où mon Fils doit ressusciter me suffisent...» puis elle regarda par la fenêtre et vit que l'aurore commençait à poindre. Sa joie fut grande : « Mon Fils va ressusciter », dit-elle. Puis, fléchissant les genoux, elle pria « Réveille-toi, sois devant moi et regarde, et toi, Seigneur Dieu Sabaoth, réveille-toi.» Et, aussitôt, le Christ lui envoya l'ange Gabriel disant : « Toi qui as annoncé à ma Mère l'incarnation du Verbe, annonce-lui sa résurrection. » Aussitôt l'Ange vola vers la Vierge et lui dit « Reine du ciel, réjouis-toi, car celui que tu as mérité de porter dans ton sein est ressuscité comme il l'a dit. » Et le Christ salua sa Mère en disant : « La paix soit avec toi... » Et Marie dit à son Fils : « Jusqu'ici, mon Fils, je rendais mon culte le samedi, pour honorer le saint repos après la création du monde ; désormais, ce sera le dimanche, en mémoire de ta résurrection, de ton repos et de ta gloire." Et le Christ approuva."

Saint Vincent Ferrier

Dominicain espagnol (1357-1418)

Cité par le site Une Minute avec Marie les 22 et 23 mars 2012.

 


La-Salette.png 

Photo H.B. : détail de la statue de Notre-Dame de La Salette, là où la Vierge Marie pleure...  

Lekha Dodi, la fiancée Shabbat, et Notre Dame de La Salette

 

En tant que Juif, j'étais frappé et profondément ému quand j'ai lu les mots de Marie à La Salette : « Je vous ai donné six jours pour travailler dur, le septième je l'ai gardé pour moi-même ». Dans une perspective juive, il est très naturel, presque inévitable d'associer Marie avec le 7e jour, le sabbat. Dans la tradition juive le Shabbat est vu comme une épouse, sous le nom de la "reine du Shabbat". C'est l'anti-chambre du Royaume Messianique, une sorte d'avant-goût de ce qui est à venir. [L'auteur offre comme explication une libre traduction du « Lekha Dodi », qui est un chant juif traditionnel chanté le soir du Shabbat. Dieu invite Israël, le bien-aimé (Dodi), à accueillir le shabbat personnifié au féminin (la reine Shabbat).]

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

Venez, saluons tous Shabbat, la Reine suprême. Source des bénédictions dans toutes les régions du monde, ointe et régnante depuis les temps les plus reculée, dans la pensée elle a précédé les six jours de la Création.

  

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

  

Lève-toi et secoue la poussière de la terre. Revêts-toi de glorieux vêtements qui font voir ta valeur. Le Messie nous conduira tous bientôt vers la nouvelle naissance. Mon âme ressent maintenant les chauds rayons de la rédemption.

  

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

Réveille-toi et lève-toi afin de saluer la nouvelle lumière, car dans ton rayonnement le monde sera éclairé. Chante, car les ténèbres ont disparu de notre regard. Le Seigneur manifeste à travers toi sa Gloire.

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

Alors tes destructeurs seront eux-mêmes détruits. Les ravageurs au loin vont vivre dans le vide. Ton Dieu alors te célébrera dans l'excès de joie, comme un fiancé rencontrant le regard de sa fiancée.

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

[Tout le monde se lève et se tourne vers l'entrée en saluant symboliquement la fiancée Shabbat]

 

Viens en paix, ami de l'âme, doux dons du Seigneur, saluée avec joie et adorée autant par des chants, Parmi le peuple de Dieu en accord dans la foi. Viens, Fiancée Shabbat, viens la couronne des jours,

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

   

Presque tous ces mots pourraient être chantés en l'honneur de la Reine du Ciel, la Reine de La Salette, bienheureuse Vierge Marie !

Roy Schoeman

Analysé par Mgr Dubost ici et cité par le site Une Minute avec Marie le 10 juin 2012, jour de la Fête-Dieu en France.

 

Dimanche, si loin si proche de la semaine prochaine

Volo, En Attendant (2009) 


 
 
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