Le blog d'Hélène Bodenez 

 

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Vendredi 18 juillet 2014 5 18 /07 /Juil /2014 11:43

La Ligne bleue

Le bonheur chatoierait-il d’une couleur spécifique comme les voyelles de Rimbaud ? Lui si complexe à poursuivre, si impossible à retenir, fuyant toujours plus à mesure qu’on s’en approche, se contenterait-il de la teinte primaire que lui assigne Ingrid Betancourt dans son premier roman, entreprise très attendue après la splendide réussite de son livre témoignage Même le silence a une fin (Gallimard, 2010) ? Le narrateur de La Ligne bleue le croit dès les lignes d’incipit comme le croiront également Mia et Théo lors d’un moment d’exception à la fin de l’histoire, juste avant la mort. « Bleu et lisse » comme le ciel. Bleu que ne vient troubler aucun nuage, aucune ombre. « Elle contemple l’azur au-dessus de son érable. Le bonheur est bleu. Horizon bleu, eau bleue. » Ainsi s’était ouvert le roman. L’on n’est pas loin du cliché… Déception.

 

Page turner impeccable


Tous les ingrédients pour réussir un succès de librairie à la Guillaume Musso ou à la Patricia Cornwell sont réunis. Construction comme un polar américain, à moins que ce ne soit comme un scénario de film, avec une histoire fragmentée en plusieurs époques, plusieurs points de vue, riche de flashbacks. Chaque chapitre titré se termine sur un suspens qu’on reprendra trois ou quatre chapitres plus loin. La Ligne bleue s’apparente ainsi à un page turner tant les pages se tournent effectivement d’elles-mêmes, tant les lignes s’avalent, fortes de cette construction efficace qui vous entraîne de 1962 à 2006 en passant par l’année charnière de 1974 et la mort du père Mugica dans une temporalité loin de toute linéarité. Des tuilages impeccables comme par exemple la réplique leitmotiv de Théo qui assène fanatiquement sa différence « Nous ne sommes pas comme cela » permettent de s’orienter sans peine. Les thèmes du roman flirtent quant à eux avec des thèmes en vogue et qui plairont comme la voyance et la prémonition se mêlant savamment à l’aventure et à l’amour, les portant même. Pas de poésie mais un style bref, laconique presque minimaliste avec ces phrases sujet/verbe qui s’enchaînent sans fioriture. « Julia partira, la maison et les fleurs resteront. » Le récit se veut alerte comme si la fameuse collection blanche de Gallimard s’adaptait déjà au format de la liseuse numérique qui impose évidemment son style.

 

Julia, c’est l’héroïne du roman. Elle est dotée du pouvoir de voir certains événements à l’avance, se sert de ce don pour essayer de sauver la vie de ceux qu’elle aime : sa sœur Anna qu’elle sauve bel et bien de la noyade, Adriana et Théo qu’elle fait évader en même temps qu’elle de la terrible geôle où la torture aurait eu raison d’eux sinon. Mais aussi le père Mugica, averti pourtant, et qu’elle ne peut extraire à son assassinat programmé. Jusqu’au dernier de ses « voyages »  - comme elle appelle ses transes vers un autre niveau de réalité - qui n’aboutira pas selon ses vœux, mais jouera paradoxalement tout son rôle prophétique dans la vengeance que cherche Théo, Montonero humilié à jamais par l’indignité subie. Les sinistres sbires de la dictature militaire des années soixante-dix en Argentine devaient payer la mort de Gabriel, du frère non violent, victime innocente d’une barbarie innommable.

 

Folie ? Excentricité ? Crise nerveuse ? Troisième œil ? En tout cas, Julia voit. Et le lecteur omniscient voit ce que Julia voit et surtout prévoit à travers les yeux de sa « source ». Cascade narrative opérante. Une fois le don spécial de Julia expliqué, décrypté, l’aventure peut commencer : avec le massacre d’Ezeiza en 1973, étape d’un plan d’extermination des trotskistes, le contexte idéaliste d’une jeunesse de gauche est posé, posé autour de la figure du père Mugica qui « parlait de justice sociale » soutenant que « la lutte armée était un piège et que seule l’action démocratique pouvait venir à bout de la mainmise militaire ». Face à Julia qui l’enjoint de se protéger, il rétorque : « Je n’ai pas peur de mourir. J’ai plus peur que mon évêque m’expulse de l’Église. » Le livre se veut bel hommage de figures courageuses tels ces prêtres pour le Tiers-Monde dénonçant au péril de leur vie les exactions de la junte. La répression anticommuniste, celle d’El Cabo Pavor ou celle d’El Diablo, à Castelar ou à la Mansión Seré, s’abat avec une rare violence sur le groupe d’amis et de frères d’une même cause. Théo, chef de réseau, pâtira le plus, mais rien non plus ne sera épargné aux femmes, toutes jeunes filles ou femmes enceintes. Julia accouchera du fils de Théo en prison. Il s’agit de chercher à faire mémoire à travers ces vies massacrées narrées, vraies quoiqu’elles soient fictives : elles ont nom Rosa, Paola, Adriana et bien sûr Julia. Les détails crus des tortures passent l’imagination. À sa manière Ingrid Betancourt romancière participe à la vulgarisation du regroupement des témoignages collectés par le « Service d’Anthropologie » l’élevant romanesquement au rang de devoir de mémoire. Ces pages les plus nourries, parmi les plus dures du roman, se livrent aussi comme les plus captivantes. Lire La Ligne bleue c’est alors connaître des faits et faire corps avec une souffrance qui a bien sûr moins besoin de consolation que de reconnaissance.

 

Best-seller pour l’été ?

 

On a du mal malgré tout à voir dans ce roman efficace où les débats de fond sont escamotés (1) le beau style de Même le silence a une fin. Le premier roman de l’ex-prisonnière des FARC révèle au contraire une évolution inattendue : l’écrivain n’entend pas écrire un roman comme elle avait écrit un témoignage. Sacrifiant sans doute aux codes des éditeurs qui veulent vendre, l’écrivain offre un opus irrégulier fait d’une action certes nerveuse mais porté par un style plat aux phrases proches pour certaines de maximes éculées. Rançon d’une nouvelle efficacité imposée à l’heure du livre papier malmené ? Peut-être. On s’en veut en tout cas d’émettre cette critique à l’encontre d’une personnalité hors-pair qu’on admire tant et qu’on a écoutée avidement présenter son livre sur les plateaux de télévision et de radio. Mais c’est ainsi. La Ligne bleue - après La Ligne verte de Stephen King - sera sans doute un succès de librairie, un livre peut-être même numéro un dans les listes de livres à lire cet été - et il faudra le lire - mais marquera-t-il son temps d’un point de vue littéraire ? Sans doute pas. H.B.

 (1) On cherche vainement la spiritualité et le pardon dont parlent toutes les chroniques à propos du livre.  

 

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Écouter sur le site de France Inter "Jour de Fred" consacré à La Ligne bleue

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : LIVRES
Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 12:11

Paru sur le site de Liberté politique après mise à jour le 16 juillet 2014.

 

La pression monte pour l’extension du travail dominical. Lors de son interview du 14 juillet, François Hollande s’est glissé dans la facilité pour promettre tout et son contraire : « On ne peut pas décider que tout le monde va travailler le dimanche, je m’y refuse »… mais « si c’est possible, on le fait ». Dans les coulisses, la méthode Coué tourne à plein régime.


LE 20 JUIN dernier sur RMC, Jean-Claude Bourdin recevait le ministre des Affaires étrangères en charge du tourisme. Les magasins pourront-ils ouvrir le dimanche à Paris ? Pour les commerces sur les Grands Boulevards, dans les gares et les aéroports, la « décision incombe au Maire de Paris » répondit Laurent Fabius. Mme Hidalgo, ancienne inspectrice du travail verrait-elle cela d'un bon œil ?

 

Le ministre conclut en tout cas en promettant une loi avant la fin de l’année (vidéo BFM Business ci-dessous à 16:50). Quant à lui, sa religion est faite. Le patron des Galeries Lafayette lui a affirmé qu’une autorisation d’ouvrir le dimanche lui permettrait de recruter « immédiatement six cents personnes », garantissant sur un air bien connu que ces travailleurs du dimanche seraient alors volontaires et payés double. « Ça mérite qu’on discute » conclut alors l’ancien premier ministre de François Mitterrand.

 

Jeu de dupes


L’argument est alléchant, mais c’est un jeu de dupes ! Rappelons que du point de vue juridique, si l’on est en zone touristique ou d’affluence exceptionnelle, il n’y a pas de contrepartie obligatoire et pas de volontariat. Chez les démonstrateurs qui ne sont pas payés par les Galeries Lafayette, on peut douter qu’on applique les majorations et les contreparties. Quant au volontariat, ce n’est même pas la peine d’y songer.

 

En outre, ce sont des emplois d’une journée qui vont être créés, soit en réalité au mieux cinquante EETP (Emplois équivalents temps plein). Ils disparaîtront ailleurs dans le petit commerce des alentours qui ne sera pas dans la bonne rue et qui verra cette concurrence déloyale exploser.

 

Il y a surtout fort à parier que les loyers commerciaux flamberont et excluront les rares commerçants indépendants qui perdurent sur le boulevard, boulevard qui bourdonnera comme une ruche sept jours sur sept en attendant de bourdonner aussi au-delà de 21 heures. Pauvres résidents !

 

Faux prétextes


Tout cela au prétexte de la concurrence du commerce électronique, alors que chacun des grands magasins concernés peaufine son site chaque jour davantage. Tout cela au nom des touristes Chinois qui peuvent déjà tout trouver chez eux. Un magasin de plus ne vient-il pas d’être créé à Pékin en 2013 ?

 

Au lieu d’améliorer la balance commerciale, on brade le modèle social français. La droite l'a rêvé. La gauche va le faire ! H.B.

 

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Lire sur le site du Monde

Les Galeries Lafayette en Chine, acte II.

Lire sur le site de Libération

On trouve tout au nouveau Printemps de Shangaï : le grand magasin franchisé vise la classe moyenne.


 


Bourdin Direct: Laurent Fabius - 20/06 par rmc

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Mercredi 9 juillet 2014 3 09 /07 /Juil /2014 11:55

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Paru sur le site Liberté politique

 

Le procès des Femen s’est ouvert à Paris ce mercredi 9 juillet, tandis que dans la Cité des papes, la provocation artistique monte en scène. Outrage à Notre-Dame, spectacle à Avignon ? À moins que ce ne soit le contraire.


TWITTER a relayé en live les différentes interventions à la barre du tribunal correctionnel, dont celle de Me Delvolvé qui a assuré la défense de Notre-Dame, du recteur et des gardiens du sanctuaire. Dans une tribune parue dans le Figaro, la talentueuse Julie Graziani a fort à propos rendu compte de la lassitude des soutiens zélés du groupuscule féministe après ce happening de trop. Même le soutien financier des premières heures, comme celui de George Soros, se retire au grand dam de « Femen international » qui lance un appel sur Facebook. Crépuscule des Femen ?

 

Inqualifiable surenchère


Seins nus dans une église. Foie de veau pour mimer un avortement. Détérioration de la toute nouvelle cloche. Hurlements là où l’on impose silence et tenue correcte aux millions de touristes. Comment la chose sera-t-elle qualifiée ? Comment sera-t-elle jugée et sanctionnée ? On ne sait (une amende ridicule de 1500 € a été requise). Une chose est sûre, c’est que la surenchère a passé un cap problématique.

 

La liberté d’expression est à géométrie variable en France ; mesurée chichement pour les militants pacifiques de La Manif pour tous, elle s’agrandit XXL chaque jour davantage pour les autres : le délit de blasphème a été fraternellement abrogé, la laïcité à la française s’est absolutisée en un laïcisme coupeur de têtes inédit. Mais il arrive un moment où le haut-le-cœur se transforme en un vomissement irrépressible ; nous en sommes sans doute à ce point avec les faits perpétrés en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

La tolérance qu’on assassine


Ironie des temps en ce mois de juillet commençant. Il y a de l’idiotie avignonnaise dans ce happening des Femen, celle d’hier comme celle d’aujourd’hui qui sera reprise très sérieusement sur les grandes scènes parisiennes comme à Chaillot par exemple (cf. vidéo).

 

Sous couvert de liberté d’expression, la surenchère autorisée dans l’esthétique de la surprise et de la provocation prend annuellement ses quartiers d’été : elle a plus que jamais droit de cité et continue d’être la seule voie vers le succès médiatique impérieux. Il y faut donc hard, gore, et porno. Comme à Avignon, il s’agit de choquer pour obtenir la visibilité recherchée, même si la grande majorité pense tout bas que c'est objectivement du grand n’importe quoi.


Et tant pis pour notre jeunesse mal en point, spectatrice de ces coupables dérives ! Avignon, Femen, téléscopage intéressant...

 

Qui ne commence à voir pourtant qu’en réalité c’est la fine tolérance à la française qu’on assassine dans ces intolérantes Femen, c’est l’intolérable justifié ? Rappelons que c’est le président de la République qui a choisi le timbre Femen. Rêvons : et si le chef de l'État faisait un geste le 14 juillet en le supprimant ? H.B.

 

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Contenu choquant. Festival 2013.

Ci-dessous extrait de Kabaret warszawski mis en scène par Krzysztof Warlikowski.

 


Par Hélène BODENEZ - Publié dans : POLITIQUE
Mardi 8 juillet 2014 2 08 /07 /Juil /2014 10:59

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Depuis sept semaines, ce courrier est toujours sans réponse,  sans doute un problème de poste… C’est pourquoi,  Joseph Thouvenel va le remettre en main propre à Monsieur Pierre Gattaz à l’occasion de la grande conférence sociale.

 

Paris, le 16 mai 2014

Monsieur le Président,


Dans un entretien que vous avez accordé au quotidien « Le Parisien » en date du mardi 13 mai, vous affirmez « qu’autoriser l’ouverture des commerces le week-end et après 21 heures, sur la base du volontariat, pourrait créer 30.000 à 40.000 emplois ».


Comme vous le savez, la CFTC, comme de très nombreux Français et notamment des dirigeants d’entreprises, sont attachés au repos dominical, ce temps où la production et la consommation sont entre parenthèses pour permettre la vie familiale, personnelle, associative et spirituelle. Il s’agit là, pour nous, d’un véritable choix de société.


Bien entendu, nous acceptons et défendons les exceptions de bon sens, celles notamment qui autorisent les magasins de proximités ou nos marchés traditionnels à ouvrir le dimanche.


Aussi, sommes-nous très intéressés par l’étude sur laquelle vous devez, sans aucun doute, vous appuyer pour avancer ce chiffre de « 30.000 à 40.000 emplois » qui pourraient être créés. Les seules études sérieuses et indépendantes dont nous avons connaissance à ce jour, parlent d’effet nul sur l’emploi, voire d’effet négatif en raison de la destruction de commerces de proximité, engendré par l’ouverture des grandes enseignes le dimanche.


En l’attente de votre réponse, et en restant à votre disposition pour avoir avec vous un dialogue ouvert et constructif sur ce sujet comme sur les autres problématiques sociales et économiques, veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les meilleurs.


Joseph Thouvenel
Vice-président CFTC

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Dimanche 6 juillet 2014 7 06 /07 /Juil /2014 12:28

Radio-classique-koenig.png Mères porteuses en batterie

Ci-dessous retranscription d’une chronique de Gaspard Koenig, président du think tank « Génération Libre ». L’interview a été diffusée Éric Mauban le vendredi 4 Juillet 2014 dans la rubrique quotidienne « Des idées neuves » à 7h20 sur Radio classique. 


http://www.radioclassique.fr/player/progaction/initPlayer/podcast/des-idees-neuves-7h20-2014-07-04-07-19-30.html


ES : « Pour un marché des ventres », c’est l’« idée neuve » de ce matin. Vous nous parlez donc de la Gestation Pour Autrui.

GK : Eh oui, alors d’abord rappelons un tout petit peu les termes du débat, parce que des fois (sic) on est tous un peu confus. La PMA, la « fameuse » PMA, c’est la Procréation Médicalement Assistée par insémination artificielle, qui n’est aujourd’hui ouverte qu’aux couples hétérosexuels… bon alors là, pour la PMA, y’a pas trop de difficultés, parce que si le « processus » est autorisé et que par ailleurs, l’adoption homosexuelle est permise, alors là c’est un syllogisme simple, et je ne vois pas très bien comment on peut s’opposer à la PMA.

 

Ce qui fait difficulté, c’est la GPA, la Grossesse Pour Autrui, qui est aujourd’hui interdite à la fois pour les couples homosexuels, mais aussi pour les couples hétérosexuels, et les femmes ne pouvant porter d’enfant. Alors cette situation est assez bizarre, puisque maintenant, évidemment, les techniques permettent aux gens d’aller à l’étranger, de se faire inséminer et de revenir en France, d’avoir des mères porteuses à l’étranger, pardon, et donc ça pose des problèmes juridiques assez compliqués ; les tribunaux de grande instance de Versailles, puis d’Aix, ont refusé de considérer l’adoption pour des enfants nés sous PMA. La CEDH a très récemment, le 26 Juin, condamné la France pour avoir refusé de transcrire à l’état civil des actes de naissance d’enfants nés par mère porteuse aux États-Unis et la secrétaire d’État de la Famille a affirmé récemment à l’Assemblée Nationale que la France ne contesterait pas cet arrêt. Donc, c’est un peu, c’est très ambigu et il est sans doute temps de mettre fin à ces situations anormales et éprouvantes pour les familles.

 

ES : Donc, vous proposez de légaliser la GPA, c’est pas très moral…

GK : Bah, ça dépend un peu de quelle morale on parle.

Parlons de la morale judéo-chrétienne ; bon, Marie, finalement, était la première femme à subir une PMA, et puis Sarah, la femme d’Abraham, qui décide de donner à son mari sa servante Agar, pour avoir un enfant, dans la Genèse, pratique l’équivalent à l’époque, étant donné les techniques existantes, de la GPA.

 

Morale « historique » ? Bah en fait, on s’aperçoit, en lisant des anthropologues, comme Françoise Héritier ou Maurice Godelier, que, y compris dans les sociétés très anciennes, il y a toujours eu des solutions collectives pour pallier à (sic) la stérilité individuelle, et que comme le dit Maurice Godelier, « on pouvait déjà faire appel à la sexualité de multiples co-géniteurs sans pour autant qu’il y ait appropriation collective de l’enfant ». Donc, c’est quelque chose qui est vieux comme le monde.

 

Loi naturelle ? Bah, je pense que là il faut être raisonnable, et dire que la biologie évolue et que l’homme, finalement, est maître et possesseur de la nature, et revenir à la définition disons culturaliste de la maternité que propose Élisabeth Badinter, quand elle parle de « projet d’enfant ». Bon on pourrait en lister d’autres, et je pense au contraire que ce que je mettrais en avant, c’est pas tellement le « droit à l’enfant », mais la liberté, avant tout, entre adultes consentants de – et dans la mesure où cela ne nuit pas à l’enfant – de procéder à la GPA. Et si même, à titre personnel, vous le condamnez, pourquoi la société devrait l’interdire collectivement ?

 

ES : Bon, Gaspard, comment ça se passe dans les autres pays ?

GK : Eh bien, c’est… il y a tous les cas possibles : ceux qui autorisent, ceux qui interdisent, ceux qui laissent une zone d’ombre. L’exemple le plus parlant, c’est pas les États-Unis, en fait, c’est Israël. En Israël, on le sait peu, mais depuis 1996, les mères porteuses sont autorisées. Donc on a déjà…on peut déjà voir ce que ça donne. C’est très encadré, c’est un phénomène qui reste marginal, y’a pas d’quoi s’affoler, il y a eu six cent cinquante demandes depuis le début, deux cents mères porteuses. Et par ailleurs, étonnamment pour un pays aussi religieux, eh bien il y a une proposition de loi qui est maintenant débattue pour ouvrir la GPA aux célibataires et aux couples homosexuels. Après, vous avez le modèle… – et là dans le modèle israélien la mère porteuse est payée – …vous avez aussi le modèle canadien où la mère porteuse n’est pas payée, et qui est en place depuis 2004.

 

ES : Bon, très rapidement, Gaspard, est-ce que vous êtes pour le don, ou pour le « marché des ventres » ? pour le modèle israélien, ou canadien ?

GK : Alors, je reconnais la beauté éthique du modèle du don que défend Badinter. Le problème, c’est que ça ne marche pas. On voit au Canada en fait, il y a très très peu de cas, et le meilleur exemple c’est le Nevada, puisque c’est un des seuls des États-Unis où la GPA n’est permise que sur le modèle du don, et à ce moment-là, tout le monde va en Californie. Et puis par ailleurs, on parle toujours de marchandisation des corps, mais après tout, au nom de quel principe étrange ne pourrait-on pas vendre son corps ? on le fait tous les jours, et puis, après tout, on en est le propriétaire. Le « marché [des ventres] » permettrait également en un sens de dédramatiser les aspects psychologiques en ramenant cette GPA à un simple contrat entre individus libres. Alors il faut, je pense, à la fois libéraliser, et bien sûr réguler.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : LOI TAUBIRA, MARIAGE, PMA, GPA
Dimanche 6 juillet 2014 7 06 /07 /Juil /2014 00:22

Campobasso.png

Le pape François était en visite pastorale ce samedi 5 juillet dans la région rurale du Molise au Centre-Sud de l'Italie. L'évêque de Rome a rencontré à Campobasso les représentants du monde du travail et de l'industrie dans la grande salle de l'université de la ville. Répondant à une ouvrière, mère de famille qui trouve « difficile d’accorder le travail à la famille – et l’on pense à toutes ces mamans qui doivent travailler le dimanche » (vidéo KTO à 11:19), voici que le Saint-Père rappelle aux parents qui travaillent dur la nécessité malgré tout de passer du temps avec leurs enfants reprenant la question du dimanche qui venait d'être abordée dans le témoignage (25:46)


La situation économique nous pousse à perdre ce contact avec nos enfants le dimanche. Vous avez fait référence à ce dimanche en famille, passez du temps. Cela, c’est un point critique, un point qui nous permet de discerner, d’évaluer la qualité humaine du système économique dans lequel nous nous trouvons. À l’intérieur de ce domaine, se place aussi la question du dimanche ouvrable ou pas qui n’intéresse pas seulement les croyants mais nous intéresse tous en tant que choix éthique, cette place de la gratuité que nous sommes en train de perdre. La question est : à quoi voulons-nous donner la priorité ? Le dimanche sans travail, excepté les services nécessaires, cela veut dire que la priorité n’est pas l’économique mais la priorité va au gratuit, à l’humain, aux relations familiales, amicales, pour les croyants à la relation avec Dieu, avec la communauté. Peut-être le moment est-il arrivé de nous poser la question : « Travailler le dimanche, est-ce une véritable liberté ? » On peut se poser la question.

 

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Lire sur le site de La Croix "Travailler le dimanche, est-ce une vraie liberté", s'interroge le pape François.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Lundi 30 juin 2014 1 30 /06 /Juin /2014 23:58

La pétition citoyenne (1) signée par 700 000 Français en février 2013 avait été, contre toute attente, rejetée par le CESE, l'une des grandes institutions de la République. Rien n'y avait fait : le temps record avec lequel les signataires s'étaient mobilisés, les prises de position de personnalités. Rien. Son mandataire Philippe Brillault n'avait pas pu accepter un tel déni de démocratie en plein débat du mariage pour tous. Le maire du Chesnay ne s'était pas avoué vaincu et avait donc présenté un recours au tribunal administratif.

 

Eh bien, coup de théâtre, un an plus tard, le jugement est enfin tombé, heureux, grâce à la plaidoirie de Maître Potier. Le tribunal vient d'invalider, en début de soirée, le rejet de la pétition et d'annuler la délibération du bureau du CESE. "Erreur de droit accablante" lance même l'avocat maître Briard à la lecture du jugement "courageux" comme on l'entend dans la vidéo ci-dessous : "la décision est entachée d'une erreur de droit et doit être annulée."

 

Le CESE se trouve désormais ramené au 15 février 2013 et, quoi qu'en dise la deuxième partie du jugement faisant fi de l'injonction signifiée au motif que la loi du mariage pour tous est promulguée, devra examiner la pétition puisque rejet de l'irrecevabilité il y a désormais par le tribunal administratif. Étrange décision, conclut Maître Briard. En effet, lorsque la pétition des 700 000 a été présentée, la loi dite du Mariage Pour Tous n'était pas encore votée. Ainsi, l'argument, selon lequel parce que la loi est passée on ne peut plus examiner la pétition aujourd'hui 30 juin, n'est donc pas acceptable. Un deuxième round en vue ? H.B.

 

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(1) Droit de pétition permis par la révision constitutionnelle de 2008. Cette pétition était la première et a été "traitée par le CESE avec une arrogance extravagante"...

Poursuivre en regardant la vidéo, une explication extrêmement claire et très intéressante.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : LOI TAUBIRA, MARIAGE, PMA, GPA
Jeudi 26 juin 2014 4 26 /06 /Juin /2014 18:13

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Nous sommes heureux d'apprendre par voie de communiqué de presse la réélection de Joseph Thouvenel comme président de la CFTC-Paris. Réaffirmant son attachement aux valeurs sociales chrétiennes et, notamment, à l’article 1er des Statuts de la CFTC qui précise « La Confédération se réclame et s’inspire, dans son action, des principes de la morale sociale chrétienne, le Congrès a fait adopter quatre motions. Nous rendons compte de la troisième concernant la protection du dimanche chômé en France.

« La CFTC Paris continuera à défendre le principe du repos dominical, ce temps où la production et la consommation sont entre parenthèses pour permettre la vie familiale, associative, personnelle et spirituelle. La CFTC Paris observe que notre mode de vie, loin de rebuter les touristes, est  au contraire considéré comme un véritable art de vivre qu’ils envient et qui les attire.

Pour la CFTC Paris, c’est l’insécurité qui frappe nos visiteurs étrangers dès la sortie des aéroports ou des gares qui met, à terme, en grave danger l’attrait touristique de la capitale. »

   

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Mercredi 25 juin 2014 3 25 /06 /Juin /2014 08:34

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Article paru sur le site Liberté politique le 20 juin 2014

 

Après avoir combattu la libéralisation du travail dominical, les socialistes font volte-face, toute honte bue. Ils poussent désormais à l’extension de l’ouverture des magasins le dimanche. 


JUSQU'À PRÉSENT, ceux qui s’opposaient à l’ouverture des magasins le dimanche pouvaient être considérés comme d’affreux gauchistes ! Certains ne se sont d’ailleurs pas privés pour nous le dire. La loi par laquelle était en effet venu le coup de boutoir inaugural n’était-elle pas portée par un député UMP, celui des Bouches-du-Rhône, le docteur Richard Mallié ? une proposition de loi de circonstance uniquement pensée pour l’un des plus grands centres commerciaux d’Europe, Plan-de-Campagne ? L’amendement félon si dangereux qui s’introduisit à l’intérieur de la loi de consommation Chatel votée de nuit au Sénat le fut quant à lui par Isabelle Debré, sénateur UMP des Hauts-de-Seine.

Pour contrer la majorité d’alors, à peu près unie sur la question, la gauche avait sonné le branle-bas de combat, mobilisant tous ses tribuns pour monter au créneau et tenter de faire échec à l’offensive du grand diable libéral. On se souvient, entre autres, de la posture intransigeante de Jean-Marc Ayrault.


Les syndicats ne furent pas en reste, qui entrèrent allègrement dans le jeu de la contestation, de la CGT à la CFTC. Contestation exemplaire, résistance d’un moment…


Certes, le président de la CFTC-Paris, devenu depuis vice-président de la CFTC, Joseph Thouvenel, n’avait eu de cesse de dépassionner le débat en demandant à temps et à contretemps ce que signifiait d’être de droite ou de gauche aujourd’hui. Les frontières ne semblent pas précisément nettes. Mais une chose est sûre : quand la loi du travail le dimanche fut signée dans une urgence étrange, elle le fut un jour d’été, au Lavandou, par Nicolas Sarkozy, le 10 août 2009. Par un président de droite.


Construction tactique du cheval de Troie


Six ans après, qu’en est-il de cette vertu de gauche opposée à la rapacité de droite ? Ironie du sort : plus de vertu du tout mais une rapacité encore plus grande, coagulée même. Attardons-nous sur trois exemples révélateurs.


Le socialiste Laurent Fabius, d’abord, participant sans dormir aux Assises du tourisme, vient d’annoncer son intention d’en « remettre une couche » en faveur du travail le dimanche. Le ministre qui a vu tomber dans son escarcelle le développement international et donc le tourisme en sus des Affaires étrangères reprend, à l’identique et sans vergogne, tous les arguments — de droite ? — des partisans de l’ouverture des magasins le dimanche comme s’il n’y avait eu aucun débat depuis 2006, comme si la gauche à laquelle il est sensé appartenir n’avait jamais rien dit.


Le Medef ensuite affiche sa satisfaction. Le communiqué de clôture des Assises vaut son pesant d’or, avec l’aveu du président, Pierre Gattaz : « Je souhaite que cette méthode de co-construction de l'avenir soit étendue à d'autres secteurs. Ainsi, permettre, sur volontariat, l'ouverture des commerces le dimanche et après 21h est également nécessaire au-delà des simples zones touristiques. » (Les patrons, pourtant, ne sont pas tous favorables à cette « co-construction » du travail dominical.)


C’est ce qui frappe d’ailleurs le plus, y compris lors de réunions au niveau européen, cette capitulation devant la soi-disant rémunération double ou le pseudo-volontariat repris en chœur par les médias comme si ces deux attrape-nigauds pouvaient être un tant soit peu durables. Il n’est qu’à regarder le cas de l’Irlande pour se rendre compte qu’à moyen terme, la libéralisation du dimanche sera totale et que ces compensations sont des leurres pour construire le cheval de Troie qui contentera les grandes enseignes à la manœuvre.


Il n’est pas enfin jusqu’à Anne Hidalgo, nouvellement élue maire de Paris, socialiste pure souche, qui ne lance une mission au Conseil de Paris, prête semble-t-il malgré ses dires à revoir sa position comme l’ont montré pendant la campagne municipale ses pas en avant puis ses pas en arrière. Certes, la mission ne plaît pas à Nathalie Kosciusko-Morizet pourtant favorable à l’ouverture dominicale : « Quel besoin de créer une mission d'information et d'évaluation (MIE) qui durera six mois ? Cela fait des années que le débat est posé », estime-t-elle. Mais il y a de quoi être tout de même très inquiet.


Hypocrites et menteurs


S’il y a bien un dossier qui révèle le double visage d’une gauche hypocrite, c’est bien cette question du repos dominical, noyau historique du modèle social et culturel européen.


Fine fleur de notre modèle social français, le repos dominical n’a donc plus grand défenseur politique désormais, tous circonvenus par des lobbies et des agences de communication puissants, alors que tous les sondages, invariablement, disent que les Français – quand il s’agit d’eux au travail – ne veulent pas travailler le dimanche.


Les grandes enseignes de distribution, LVMH, Darty, la FNAC, et bien d’autres font leur gros œuvre de démolition dans l’ombre sans se soucier de la couleur politique au pouvoir. L’argent n’est d’aucun parti, il surplombe tout. Le bras armé désormais de ces lobbies ? Les socialistes paradoxalement, chez qui prévalent désormais cynisme et pragmatisme.


Le mensonge en cours est même double car dans le même temps que la gauche donne d’une main l’autorisation aux ouvertures du dimanche, de l’autre, elle offre l’assurance qu’au grand jamais elle ne veut libéraliser : il s’agit juste d’« assouplir » selon le même mot du ministre du Travail de 2009, Xavier Bertrand. Et il y a évidemment des idiots utiles pour le croire.


Pourtant, comme on la connaît la chanson ! Menteurs décomplexés, sans rougir… Même pas honte de se dédire si rapidement aux yeux de l’Histoire. Je ris d’avance des contorsions dans lesquelles ces donneurs de leçons de 2009 vont se trouver lors de la prochaine loi annoncée de 2015. De peur d’être obligée d’en pleurer.

 

Hélène Bodenez est l'auteur de À Dieu le dimanche ? (Éd. Grégoriennes).

 

Pour en savoir plus :
 Communiqué du Medef
 Assises du tourisme : les propositions du Medef

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : OUI AU REPOS DOMINICAL !
Dimanche 22 juin 2014 7 22 /06 /Juin /2014 16:21

Cene-Calvaire-de-Plougastel.jpg 

Chaque année en juin revient cette très grande fête du jeudi du Très Saint-Sacrement - reportée souvent dans les paroisses au dimanche suivant - fête si grande qu’elle peut être fériée dans certains pays, comme en Pologne par exemple. Autrefois très solennisée par des processions, des parterres élaborés de fleurs, très célébrée par des mystères ou des auto-sacramentaux, cette fête avec des fastes moins ostentatoires reste encore aujourd’hui majeure dans le cœur des catholiques quoiqu'elle puisse sembler aux yeux profanes en perte de vitesse. Toujours en danger de ne retenir de la messe que le rassemblement fraternel avec des styles de vie freinant les communions, le fidèle ne voit plus toujours dans l’Eucharistie « cette manne cachée » primordiale, ce « caillou blanc » essentiel pour la vie chrétienne et celle-ci diminuant, c’est l’Église elle-même qui diminue. Faut-il s’en étonner ?

 

Dès les temps nouveaux inaugurés par Jésus de Nazareth que les catholiques reconnaissent comme le Messie le discours sur le Pain de Vie à la différence de tous les autres discours fut pierre d’achoppement, scandale. « Qui peut comprendre » en effet Celui qui dit donner son corps, sa chair en nourriture, son sang en boisson, vraie vie donnée à tous ? Comme le rapporte saint Jean dans son évangile au chapitre VI, nombreux furent ceux qui partirent alors même qu’il était précisé que cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants suivaient l’homme de Galilée. Cela avait commencé dès le miracle de la multiplication des pains, murmures et récriminations s’étaient élevés  parce que le Christ avait dit qu’il était le « Pain descendu du Ciel ». Les querelles sont donc immédiatement nées à ce sujet, car « la parole est rude » précise le texte. Rude, elle l’a été également dans les siècles passés, en particulier pour nos frères séparés qui ne veulent pas jusqu’à croire dans le mystère de la transsubstantiation. Pourtant, et en dépit de ces coups de l’Histoire, la modernité n’a pas réussi à définitivement modeler le mystère à son aune rationaliste et scientiste.

 

Sentant le danger croissant, les papes depuis le Concile ont invariablement réaffirmé que l’Hostie est Corps du Christ, présence réelle. Le Christ ne se donne pas sous le seul mode symbolique mais également sous un mode de présence. Mystère de Foi ! Le pape Jean-Paul II n’a cessé de revenir sur l’Eucharistie, sur sa nécessité pour le catholique, « source et sommet de toute vie chrétienne », comme Benoît XVI (Sacramentum caritatis) ou encore aujourd’hui le pape François lors du Regina Coeli rappelant la place centrale de l’Eucharistie dominicale. Retenons ce passage extrait de Ecclesia de Eucharistia [vivit : L’Église vit de l’Eucharistie]

 

Deux mille ans plus tard, nous continuons à réaliser cette image primitive de l'Église. Et tandis que nous le faisons dans la célébration de l'Eucharistie, les yeux de l'âme se reportent au Triduum pascal, à ce qui se passa le soir du Jeudi saint, pendant la dernière Cène, et après elle. En effet, l'institution de l'Eucharistie anticipait sacramentellement les événements qui devaient se réaliser peu après, à partir de l'agonie à Gethsémani. Nous revoyons Jésus qui sort du Cénacle, qui descend avec ses disciples pour traverser le torrent du Cédron et aller au Jardin des Oliviers. Dans ce Jardin, il y a encore aujourd'hui quelques oliviers très anciens. Peut-être ont-ils été témoins de ce qui advint sous leur ombre ce soir-là, lorsque le Christ en prière ressentit une angoisse mortelle et que « sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient jusqu'à terre » (Lc 22, 44). Son sang, qu'il avait donné à l'Église peu auparavant comme boisson de salut dans le Sacrement de l'Eucharistie, commençait à être versé. Son effusion devait s'achever sur le Golgotha, devenant l'instrument de notre rédemption: « Le Christ..., grand prêtre des biens à venir..., entra une fois pour toutes dans le sanctuaire, non pas avec du sang de boucs et de jeunes taureaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle » (He 9, 11-12).

Deux mille ans plus tard, les attaques contre ce grand mystère n’ont pas diminué, ont même augmenté dans nos pays sécularisés, comme le moment qui voit sa célébration le réaliser, la messe, perdre de sa centralité. Seigneur du temps, le Christ le même hier, aujourd’hui et demain tel qu’on l’a proclamé lors de ce Grand Jubilé de l’an 2000 qui semble déjà si loin, donne des vivres pour la route mais ce don gratuit est méprisé, cette nourriture qu’on n’achète pas est niée, galvaudée. L’heure du consensus généralisé veut qu’on ne pratique plus en « messalisant », l’herbe des autres religions étant tellement plus verte, notamment celles qui ne portent pas ce mystère insondable, loin de toute mesure…


On cherche comment faire renaître les vocations ? Sans doute faudrait-il commencer par ne pas détruire ce qui existe déjà … Sans doute, faudrait-il ramasser les priorités pastorales au lieu de perdre son énergie dans des projets scabreux. Plus sûrement faudrait-il inviter à la table du dimanche, donner le goût de l’Eucharistie hebdomadaire qui ferait naître celui de l’Eucharistie quotidienne. « Ne perds pas une communion par ta faute » disait Charles de Foucault. Là est l’appel du futur prêtre, de la future contemplative, des adorateurs en esprit et en vérité. H.B.

 

***

Photo H.B.

Détail de la Cène, Calvaire de Plougastel-Daoulas, XVIIe. Saint Jean repose sa tête sur le coeur du Christ qui tient le pain devant la coupe prête.

 

BENOIT XVI

Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis, 22 février 2007.

 

Vivre le précepte dominical


73. Conscients de ce nouveau principe de vie que l'Eucharistie apporte au chrétien, les Pères synodaux ont rappelé l'importance pour tous les fidèles du précepte dominical comme source de liberté authentique, pour pouvoir vivre tous les autres jours selon ce qu'ils ont célébré le « Jour du Seigneur ». En effet, la vie de foi est en danger quand on ne ressent plus le désir de participer à la célébration eucharistique où l'on fait mémoire de la victoire pascale. Participer à l'assemblée liturgique dominicale, avec tous nos frères et sœurs qui forment un unique corps dans le Christ Jésus, est requis par la conscience chrétienne et, en même temps, forme la conscience chrétienne. Perdre le sens du dimanche comme Jour du Seigneur à sanctifier est le symptôme d'une perte du sens authentique de la liberté chrétienne, la liberté des fils de Dieu. (206) À ce sujet, les observations concernant les différentes dimensions du dimanche pour les chrétiens faites par mon prédécesseur Jean-Paul II, dans la Lettre apostolique Dies Domini, (207) restent précieuses: le dimanche est Dies Domini, en référence à l'œuvre de la création; il est Dies Christi en tant que jour de la nouvelle création et du don que le Seigneur Ressuscité fait de l'Esprit Saint; il est Dies Ecclesiae comme jour où la communauté chrétienne se retrouve pour la célébration; il est Dies hominis comme jour de joie, de repos et de charité fraternelle.


Un tel jour se manifeste donc comme la fête primordiale, où tout fidèle peut se faire, dans le milieu où il vit, annonciateur et gardien du sens du temps. De ce jour, en effet, naît le sens chrétien de l'existence et une nouvelle manière de vivre le temps, les relations, le travail, la vie et la mort. Il est donc bon que, le Jour du Seigneur, les réalités ecclésiales organisent, autour de la célébration eucharistique dominicale, des manifestations propres à la communauté chrétienne: rencontres amicales, initiatives pour la formation chrétienne des enfants, des jeunes et des adultes, pèlerinages, œuvres de charité et différentes rencontres de prière. En raison de ces valeurs si importantes – bien que le samedi soir, à partir des premières Vêpres, appartienne déjà au dimanche et qu'il soit donc permis d'y accomplir le précepte dominical –, il est nécessaire de rappeler que c'est le dimanche en lui-même qui mérite d'être sanctifié, afin qu'il ne finisse pas par devenir un jour « vide de Dieu ». (208)


Le sens du repos et du travail


74. Enfin, il est particulièrement urgent, à notre époque, de rappeler que le Jour du Seigneur est aussi le jour du repos par rapport au travail. Nous souhaitons vivement que cela soit aussi reconnu comme tel par la société civile, de sorte qu'il soit possible d'être libre des activités du travail sans être pour autant pénalisé. En effet, les chrétiens, en relation avec la signification du sabbat dans la tradition juive, ont toujours vu également dans le Jour du Seigneur le jour du repos du labeur quotidien. Cela a un sens précis, constituant une relativisation du travail, qui est ordonné à l'homme : le travail est pour l'homme et non l'homme pour le travail. Il est facile de saisir la protection qui en découle pour l'homme lui-même, qui est ainsi émancipé d'une possible forme d'esclavage. Comme j'ai eu l'occasion de l'affirmer, « le travail est de première importance pour la réalisation de l'homme et pour le développement de la société, et c'est pourquoi il convient qu'il soit toujours organisé et accompli dans le plein respect de la dignité humaine et au service du bien commun. En même temps, il est indispensable que l'homme ne se laisse pas asservir par le travail, qu'il n'en fasse pas une idole, prétendant trouver en lui le sens ultime et définitif de la vie ». (209) C'est dans le jour consacré à Dieu que l'homme comprend le sens de son existence ainsi que de son travail. (210)

 

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉGLISE, RELIGION ET SPIRITUALITÉ
Jeudi 19 juin 2014 4 19 /06 /Juin /2014 11:57

Remarquable !

Céline Alvarez, professeur des écoles et linguiste, a adapté et agrémenté la méthode Montessori à la lumière des sciences cognitives et de la linguistique. Formée à Montessori AMI 3-6 ans, elle s’occupe d’une classe expérimentale en ZEP. Elle est intervenue en avril dernier dans le cadre d’un événement organisé par TEDx Talks pour y prôner une refonte de l’école guidée par les enfants. Nous nous faisons l’écho de son intervention.

Lu sur Le blog de la Liberté scolaire.

Vidéo mise en ligne par TEDx Talks le 6 avril 2014.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉDUCATION
Mercredi 18 juin 2014 3 18 /06 /Juin /2014 17:21

Les élèves de première des séries S et ES passaient ce matin les épreuves anticipées de français du baccalauréat et ont planché sur le sentiment amoureux. Précisons que le poème "Vers à danser" de Louis Aragon proposé à l'étude à côté de "Crépuscule" de Victor Hugo et de "L'Inconnue" de Claude Roy a été également l'un de ceux chantés par Jean Ferrat et fait partie de ces bijoux du répertoire de la chanson française. Si le simplissime et pudique refrain "Nous dormirons ensemble" ressurgit et danse naturellement dans nos mémoires d'adultes, il y a fort à parier que les fans de Coldplay ignorent aujourd'hui tout du génie de Ferrat... Espérons donc que le bac, en y resongeant après l'épreuve, donne à nos jeunes l'occasion de l'écouter pour la première fois. Vous avez dit classique, du classique et encore du classique ? titre l'Express à propos des sujets ! Oui, bien sûr, mais aussi trois poètes d'une vraie modernité en leur temps. Saluons cette cuvée 2014, ce superbe bac de français, comme nous n'en avions pas eu depuis longtemps... H.B.


***

Lire sur le site de l'Est républicain "Victor Hugo, t'es un bel enfoiré !"


 

 

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : ÉDUCATION
Mardi 17 juin 2014 2 17 /06 /Juin /2014 22:09

La-hate-du-Christ-a-monter-sur-la-Croix_2.jpg

Le Musée Fesch à Ajaccio organise pour la première fois une exposition d’Andres Serrano et présentera cent vingt œuvres dont

 

 

Face au “Piss Christ”, deux antidotes pour entrer dans le mystère de la Croix
 

Jours déplorables, fulminerait sans doute Charles Baudelaire en entendant qualifier d’œuvre la photo Piss Christ [1] par quoi le scandale arrive et trouble l’ordre public [2]. Comme dans ce Salon de 1859 où l’auteur des Fleurs du Mal grognait à l’aube de l’essor de la photographie voyant « la société immonde se ruer, comme un seul Narcisse, pour contempler sa triviale image sur le métal » !


Oui, jours déplorables ! À quelques jours des jours saints, sommet de la vie religieuse chez les catholiques du monde entier, il était décidément difficile de ne pas trouver choquante l’exposition de la photographie dégradante du symbole même de la foi des catholiques, symbole douloureux mais aussi glorieux : la Croix. Faut-il en parler de cette vieille idée aussi dégoûtante que sulfureuse apparue en 1987 ? Sans doute est-ce faire trop de publicité que de s’abaisser à la nommer, de ce nom ignoble de Piss Christ. Le vinaigre imbibé de l’éponge présentée à la soif du Christ en croix n’était donc pas assez âcre. Il fallait pire, trouver une gradation dans l’humiliation suprême. Et bien c’est fait. Subventionnée même, de surcroît, par des institutions dont les dirigeants sont probablement des baptisés...

Où est donc le problème ? opposera-t-on. Une sculpture baptisée Pieta, de Paul Fryer représentant le Christ mort sur une chaise électrique dans la cathédrale de Gap le 10 avril 2009 n’avait-elle pas ouvert la voie aux débordements les plus insensés et délié les esprits forts ? Avec bénédiction des autorités religieuses qui voulaient « que le choc provoqué nous fasse reprendre conscience du scandale de quelqu’un cloué sur une croix. Par habitude on n’éprouve plus de réelles émotions face à quelque chose de véritablement scandaleux, la crucifixion »... Ces mêmes autorités religieuses se réjouissaient alors « d’apercevoir un grand nombre de personnes, qui habituellement ne mettent pas les pieds dans une église, défiler à la cathédrale ».

Antidote théologique

La relecture de la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin à propos de la Passion du Christ (IIa-IIae, 46) nous aide à comprendre avec toute l’intelligence de la foi l’adéquation de sa mise à mort, il y a deux mille ans, avec le mépris de la Croix qui se manifeste aujourd’hui. « Convenait-il que le Christ souffre sur la croix ? » se demande le Docteur angélique. Pourquoi pas par le glaive et par le feu ? Pourquoi une mort dégradante et ignominieuse des plus honteuse ? N’était-elle pas cette croix signe de malédiction ? Citant saint Augustin, Thomas répond : « Pour guérir notre misère, il n’y avait pas de moyen plus adapté. »

D’abord, aucune mort n’est à craindre depuis la Croix du Christ, pour l’homme à la vie droite, depuis cette mort la plus redoutable ; nouvel Adam, le Christ rachète le premier péché en étant attaché à l’arbre de la Croix. Saint Jean Chrysostome : « Le Christ a souffert sur un arbre élevé et non sous un toit, afin de purifier la nature de l’air. La terre elle-même a ressenti les effets de la Passion ; car elle a été purifiée par le sang qui coulait goutte à goutte du côté du Crucifié. » Et commentant ce verset de saint Jean (3, 4) : « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé », l’Aquinate écrit : « Par "fut élevé", entendons que le Christ fut suspendu entre ciel et terre, afin de sanctifier l’air, lui qui avait sanctifié la terre en y marchant. »Ne voit-on pas dans cet argument que le Christ est venu restaurer toute la création blessée par le péché ?

Mais c’est encore par la Croix que le « le Christ a préparé notre ascension au ciel ». Saint Thomas continue avec Grégoire de Nysse : « La figure de la croix, où se rejoignent au centre quatre branches opposées, symbolise que la puissance et la providence de celui qui y est suspendu se répandent partout. » Saint Jean Chrysostome dit encore : « Il meurt en étendant les mains sur la croix ; de l’une il attire l’ancien peuple, de l’autre ceux qui viennent des nations. »

Selon Augustin, encore : « Ce n’est pas pour rien que le Christ a choisi ce genre de mort, pour montrer qu’il est le maître de la largeur et de la hauteur, de la longueur et de la profondeur » dont parle saint Paul (Ép. 3,18). Et encore : « Ce genre de mort répond à de très nombreuses préfigurations [3] » mais la réalité n’est pas la figure. Le Christ n’est mort ni décapité, ni scié « pour qu’il garde dans la mort son corps entier et indivis, afin d’enlever tout prétexte à ceux qui veulent diviser l’Église ». Sur le bois de la croix, « au lieu d’un feu matériel, il y eut dans l’holocauste du Christ le feu de la charité ».

Pas de honte non plus en endurant l’humiliation de la Croix. Endossant la malédiction de la Croix, st Thomas nous dit que le Christ se faisant malédiction est mort pour nous sauver de la malédiction du péché.


 

Antidote mystique

Autre possible antidote efficace : se plonger dans Les Mystères de Jésus (Éd. Mille et une nuits), recueil de textes de Blaise et de Jacqueline Pascal « peu connus du grand public » et annotés par Gaspard-Marie Janvier. Trois textes « d’une qualité littéraire exceptionnelle » :

 

1/ « Le Mystère de l’agonie de Jésus » est un poème d’une « puissance unique », trouvé par les proches de Pascal après sa mort.

2/ « Le mystère de la mort de Notre-Seigneur », rédigé par Jacqueline à vingt-six ans, est la méditation d’une jeune femme qui se destine à la vie religieuse ; elle « confronte les quatre évangiles, en relève chaque détail qu’elle interprète et applique aussitôt à sa vie propre, à ce souhait de renoncer au monde qu’elle exaucera l’année suivante ».
3/« L’Abrégé de la vie de Jésus-Christ »est une vie de Jésus « remise dans la suite des temps », lignes denses s’il en est.


À lire d’urgence, la prose tonique de Janvier en postface : « La bonne et mauvaise foi », prose d’un écrivain admiratif de cet « effrayant génie » ou de ce « misanthrope sublime » selon que vous adoptez le point de vue de Chateaubriand ou celui de Voltaire. « Deux mots, une image, suffisent au poète Pascal pour dire la nature humaine : “roseau pensant”. C’est un roseau qu’on tend au couronné d’épines pour se moquer de sa royauté : la Passion résume l’homme et la poésie seule connaît l’homme ».

 

En définitive, signer des pétitions, faire des manifestations anti Piss Christ ? pourquoi pas... à chacun de voir comment il se sent appelé à défendre « le trésor de la Croix [4] ». Mais il y a mieux : entrer dans le mystère grâce à ceux qui, Anciens ou Modernes, l’ont contemplé longuement, avec la plus haute intelligence. / H.B.


Le langage de la croix

Chers jeunes, [...] En cette année dédiée à saint Paul, je voudrais vous confier un second trésor, qui était au centre de la vie de cet Apôtre fascinant. (...) Beaucoup d’entre vous portent autour de leur cou une chaîne avec une croix. Moi aussi, j’en porte une, comme tous les Évêques d’ailleurs. Ce n’est pas un ornement, ni un bijou. C’est le symbole précieux de notre foi, le signe visible et matériel du ralliement au Christ. Saint Paul parle clairement de la croix au début de sa première Lettre aux Corinthiens. À Corinthe, vivait une communauté agitée et turbulente qui était exposée aux dangers de la corruption de la vie ambiante. Ces dangers sont semblables à ceux que nous connaissons aujourd’hui. Je ne citerais que les suivants : les querelles et les luttes au sein de la communauté des croyants, la séduction offerte par de pseudo sagesses religieuses ou philosophiques, la superficialité de la foi et la morale dissolue. Saint Paul débute sa Lettre en écrivant : « Le langage de la croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers le salut, pour nous, il est puissance de Dieu » (1 Cor 1,18)...

 

Benoît XVI, « Salut aux jeunes », Parvis de Notre-Dame, Paris, Vendredi 12 septembre 2008.


 

[1] Pourquoi ne pas oser l’imaginer, après tout, puisque d’autres avant moi s’y sont essayé de manière plus périlleuse, considérant que Léon Bloy aurait aimé ce Christ aux outrages... Étonnante assertion, en tous les cas, pour qui a vu les chefs-d’œuvre de la Collection Idemitsu à la Pinacothèque en 2008 retraçant aux côtés des œuvres la vie d’un peintre dont les amis étaient Gustave Moreau, Matisse, Léon Bloy précisément, Jacques et Raïssa Maritain, Ambroise Vollard et André Suarès. Léon Bloy aimant Georges Rouault et ... Andres Serrano ? Rapprochement des plus incongru.

[2] On se demande comment les autorités publiques ont pu réitérer la faute de Melbourne en 1997, date à laquelle la photographie avait été déjà attaquée.

[3] Admirer par exemple les vitraux du déambulatoire de la cathédrale de Bourges, où dans un médaillon de la verrière La Nouvelle Alliance apparaissent les différentes figures dans l’Ancienne Alliance de la mort du Christ sur la croix, avec notamment l’épisode de la veuve de Sarepta.

[4] Benoît XVI aux jeunes à Paris en 2008 sur le parvis de Notre-Dame.

 

Image : Christ sur la Croix, vers 1270, Utrecht, Museum Catherijneconvent. Exposition "Primitifs italiens" au Musée Jacquemard-André (Paris), juin 2009. Très étonnante cette hâte du Christ à monter sur la Croix, hâte de sauver l'homme, nous avait alors dit le guide.

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : CINÉMA, MEDIAS, THÉÂTRE, MUSIQUE, PHOTOS
Vendredi 13 juin 2014 5 13 /06 /Juin /2014 02:59
Par Hélène BODENEZ - Publié dans : LOI TAUBIRA, MARIAGE, PMA, GPA
Jeudi 12 juin 2014 4 12 /06 /Juin /2014 01:14

 

Les-voies-du-destin.png

Attention, histoire vraie. L’affiche annonce la couleur de la vérité. Et de vérité il est vraiment question, cœur du film. Un ancien officier écossais, Éric Lomax, revient sur les lieux infernaux de son emprisonnement en Thaïlande en 1942. Les tortures qu'il y a subies le traumatisent toujours autant des années durant bien qu’il soit rendu à une vie de paix. Alors même que le bonheur naît pourtant, enfin possible avec Patricia rencontrée dans un train, lui le passionné maniaque des trains, rien n’y fait. Les visions d’horreur, les cauchemars le hantent, le rendent invivable. Il faudra planter à nouveau son regard sans lunettes dans les yeux du bourreau pour que ce qui beuglait en lui finisse par se taire un peu. Pas d’oubli, non, mais un pardon réciproque filmé de manière exceptionnelle. Face à face puissant, pour improbable qu’il soit dans un roman, si vrai dans la réalité de cette histoire-là.


Fresque de près deux heures, Les voies du destin brosse une histoire aux allures romanesques, presque de mélo. Mais ce n’est jamais factice quoi qu’en disent certains critiques de salon. Les regards – magnifique Nicole Kidman – le contraste des rugueux paysages écossais bleutés avec l’ocre d’une Asie étouffante, les pauses de dialogue lent succédant aux scènes d’action, aux passages de travaux forcés et de tortures insoutenables, forgent un film d’une construction remarquable doublée d’un jeu d’acteurs époustouflant. Chaque image, chaque plan esthétise sans jamais trahir ni manipuler.


Le courage d’Éric Lomax relève d’un exceptionnel qui ne doit pas être boudé. Qui aurait l’outrecuidance de reprocher les larmes qui coulent, l’émotion qu'un coeur intelligent ne peut contenir ? Les rails de cette odyssée-là vous conduisent vers une rédemption épique, troublante, gare d'un homme et d'une femme portés par un amour qui vainc tout. Une leçon par l’exemple pour le terminus d'un nouveau départ. H.B.

 

*** 

Les Voies du destin, de Jonathan Teplitzky, avec Colin Firth, Nicole Kidman, Jeremy Irvine, Stellan Skarsgard et Hiroyuki Sanada.

Lire sur le site de Direct matin : "Les Voies du destin : guérir par le pardon"

 

Par Hélène BODENEZ - Publié dans : CINÉMA, MEDIAS, THÉÂTRE, MUSIQUE, PHOTOS

Contact H.B.

 

Condamnation à mort confirmée pour Asia Bibi

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Signez la Pétition ACAT

 


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Audio

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La Voix est libre, émission du 8 novembre 2010 animée par Anne Gavini. "Comment redonner sa place au dimanche". Débat avec Monseigneur Lagleize, évêque de Valence. Hélène Bodenez, professeur à Saint-Louis de Gonzague-Franklin, Monseigneur Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France. Par téléphone : Père Jacques Vignancour, curé de Saint Austremoine, à Issoires (Puy de Dome)


 

 

Aujourd'hui l'Eglise, émission du 19 novembre 2008, animée par Elodie Chapelle. "Travail le dimanche : l'Eglise a son mot à dire" Débat  avec François Asselin et Hélène Bodenez.

Publications

 

 51 Revue Rapport 03  Sexe-du-genre-Lp-55.jpg  Van-Thuan-revue-_-en-espagnol.png

- « Devoir des parents, bien de l'enfant », Francis Mouhot, Éduquer, est-ce encore possible ?, Les Idées, Revue Liberté politique, n° 60, (juin-juillet 2013), p. 157-158.

« Le Jésus de l’Histoire », À propos de Jean-Christian Petitfils, Jésus, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°56, Privat (mars 2012), p. 195-201.

- « La bataille du dimanche continue », Revue Liberté politique, IIIe Rapport sur la doctrine sociale de l’Église dans le monde, n° 55  (décembre 2011), p. 115-119.

- « Lumière du pape », À propos de Lumière du monde, Questions disputées, Revue Liberté politique, n° 52, Privat (mars 2011), p. 155-161.

- « Le cas de l'année : la bataille du dimanche en France et en Europe  », Revue Liberté politique, IIe Rapport sur la doctrine sociale de l’Église dans le monde, n° 50 (septembre 2010), p. 75-84.

- « La Battaglia sulla domenica in Francia », Rapporti dal Mondo, Osservatorio internazionale cardinale Van Thuan sulla dottrina sociale della chiesa, Bollettino di Dottrina sociale della Chiesa , (Anno VI 2010, numero 3, luglio-settembr), p. 87.  

  - « Le dimanche, un droit historique », À propos de Daniel Perron, Histoire du repos dominical, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°50, Privat (septembre 2010), p. 185-190.

 - « Une truculente défense du pape », À propos de Gaspard-Marie Janvier, Minutes pontificales sur le préservatif, Questions disputées, Revue Liberté politique, n. 49, Privat (juin 2010), p. 161-164.

- « Le dimanche, jour cardinal », Communication à la table ronde du 6 octobre 2009 "Vivement dimanche !" au Centre culturel de Franklin, Revue Liberté politique, n°. 47, Privat (décembre 2009), p. 23-31.

- « Voyage au cœur de la psychothérapie », À propos de Francis Mouhot, Le Moi et l’esprit, Questions disputées, Revue Liberté politique, n. 46, Privat (septembre 2009), p. 143-152.

- « Pourquoi le dimanche ? », Dossier "A Dieu, le dimanche ! Appel à la résistance des chrétiens", Revue Liberté politique, n°. 44, Privat (mars 2009), p. 107-116.

- « Benoît XVI le bâtisseur », À propos de George Weigel, Le Choix de la vérité, Questions disputées, Revue Liberté politique, n. 43, Privat (décembre 2008), p. 181-185.

- « Lâcher prise ou abandon spirituel », À propos de Robert Scholtus, Faut-il lâcher prise : splendeurs et misères de l’abandon spirituel, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 42, Privat, (septembre 2008), p. 167-174.

- « Retrouver les chemins de l’être », Dossier Fides et Ratio 2008-1998, Revue Liberté politique, n°. 42, Privat (septembre 2008), p. 153-163.

- « Les métamorphoses de Jésus ou la tentation de l’expérience directe », À propos de Frédéric Lenoir, Le Christ philosophe, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 41, Privat( juin 2008), p. 235-244.

- « Et le blog devint fléau », Éducation : questions qui fâchent, Revue Liberté politique, n°. 40, Privat (mars 2008), p. 147-157.

- « Conversion ou initiation : le presque de la foi », À propos de Jean-Claude Guillebaud, Comment je suis redevenu chrétien, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 38, Privat (septembre 2007), p. 125-131.

- « Relire La Pensée captive », À propos de Cesław Miłosz, Questions disputées, Revue Liberté politique, n°. 32, Privat, (janvier-février 2006) p.129-141.

À lire absolument !

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Daniel Perron, Histoire du repos dominical (L'Harmattan, 2010).

 

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Gaspard-Marie Janvier, Le Dernier dimanche (Mille-et-une-nuits, 2009, Prix Mottard 2009). 

 

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Jean-François Froger, Le Maître du Shabbat (Editions Grégoriennes, 2009)

 

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Patrick Gourrier, Le dimanche, c'est sacré ! (Letheillieux, 2009)

 

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Michel Fauquier, Lettre ouverte du dernier des Français au premier des Français, (Tempora, 2009)

 

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Carte trvail dominical 
Dimanche

Fonctions sociales d'un jour à part

Noyau d'un ordre social historique

Vidéos créées pour ce blog.

Version de la vidéo en anglais

Version de la vidéo en espagnol 

Version de la vidéo en allemand

 

Dimanche

 

 

 

À Dieu, le dimanche !

H. Bodenez

 

A Dieu le dimanche !

Mis en danger par la proposition de loi Mallié, le dimanche est moribond en France. Ce livre voudrait lancer un appel à la résistance des chrétiens. L'argument religieux n'étant pas le plus développé dans un débat essentiellement politique et social, Hélène Bodenez voudrait que ne soit pas minimisé le regard de foi de la vision théologique et de la vision mystique. Admettons-le : le dimanche s'est vidé depuis longtemps de son sens originel. Pourtant, si le culte du dimanche suppose bien la foi intérieure des chrétiens, il n'en est pas moins un rituel extérieur et collectif. En en retrouvant la voie, les chrétiens pourraient participer à la mission de la France dans l'Église.   Acheter à La Procure

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Joseph Thouvenel a lu  À Dieu, le dimanche ! Ed. grégoriennes) Chronique Economie et société sur Radio Notre-Dame, 12 décembre 2010.

 

 

Faut-il faciliter le travail le dimanche ?

KTO

    

Pourquoi le dimanche est-il un jour chômé ?

 

 

 

L'écho des dimanches

Duo Zucchero - Fiori, paroles françaises de J.-J. Goldman, (Chocabeck, 2010).

"Dans mon village, j'ai vu le temps se poser..."


 

Logo-AFSP

L'Association pour la Fondation de Service politique réunit des hommes et des femmes engagés dans la vie politique, économique et sociale. Elle est ouverte à tous ceux qui souhaitent participer à ses activités : colloques, conférences, universités, soirées-rencontres, campagnes de sensibilisation. De très nombreuses personnalités ont participé à ses travaux: chefs d'entreprise, cardinaux, universitaires, hommes politiques, journalistes.

14 juin 2011

The European Sunday Alliance is a network of national Sunday Alliances, trade unions, civil society organizations and religious communities committed to raise awareness of the unique value of synchronised free time for our European societies. Sunday and, more general, decent working hours, are the focus of our campaigns. In our Founding Statement, we draw attention to aspects of life/work-balance and social cohesion that depend on a vast majority of people to have their lawful free time at the same time.

 

Lancement de l'European Sunday Alliance, le 20 juin 2011 dont sont membres, entre autres, l'AFSP, la CFTC, le CAD.

 

CCF

Le centre culturel Franklin est inspiré par la tradition jésuite et permet de créer une synergie entre la formation intellectuelle, humaine et spirituelle dispensée aux élèves à Saint-Louis de Gonzague (Paris) et une certaine forme de formation continue destinée aux adultes de la communauté éducative. Ce que de manière traditionnelle, on appelait autrefois dans les collèges de la Compagnie : « école des parents », si non « école des adultes ». Le Centre culturel Franklin est ainsi un lieu de rencontres avec des personnalités uniques, un lieu de réflexion, un lieu d'échange et de débats.

Travail décent

Un monde meilleur commence   

L'objectif principal de l'Organisation internationale du Travail (OIT) est de promouvoir l'égalité pour les femmes et les hommes, d'obtenir un travail décent et productif dans des conditions de liberté, d'équité, de sécurité et de la dignité humaine. Ce film web donne un aperçu de trois minutes de la notion de travail décent et est disponible en 25 langues (Juillet 2008).          

Le jour décent du repos hebdomadaire est le dimanche ! 

Des députés européens débattent du repos dominical
D'un côté les pour, de l'autre les contre... Où l'on voit un député européen conservateur (Sud-Est de l'Angleterre) sortir de ses gonds au seul motif que le jour de repos hebdomadaire puisse être le dimanche et pas le vendredi par exemple. Toujours les mêmes arguments : renvoyer aux lois des pays, renvoyer au "principe de subsidiarité". Rien de plus malhonnête quand on sait que la pression pour ouvrir les magasins le dimanche vient précisémenet de l'Union européenne qui a sorti de la directive du temps de travail le repos donné le dimanche, pilier d'un modèle culturel, noyau d'un ordre social historique. 

25 mars 2010
 
Robert Rochefort : travail le dimanche, une proposition contre l'emploi  
"Vous déportez le commerce vers la grande distribution et vous poussez des centaines de milliers de petits commerçants à la fermeture."

   22 février 2012
 

 

Christ du Dimanche à Biella (Italie)

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À Biella, Christ du dimanche, élément d'un triptyque, à droite d'une Vierge à l'Enfant et d'une Trinité.

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A Biella, Christ du dimanche. 

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A Biella, Christ du dimanche, détail. Photos : Hélène Bodenez.

Mandamentos da lei de Deus

Açores, Sao Miguel

Photo : Table de la Loi - Azulejos - Açores

 

Parole du Seigneur : Observez le droit, pratiquez la justice. Car mon salut approche, il vient, et ma justice va se révéler. Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur pour l'amour de son nom et sont devenus ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et s'attachent fermement à mon Alliance, je les conduirai à ma montagne sainte. Je les rendrai heureux dans ma maison de prière, je ferai bon accueil, sur mon autel, à leurs holocaustes et à leurs sacrifices, car ma maison s'appellera « Maison de prière pour tous les peuples ». 

Livre d'Isaïe 56,1.6-7, Ire lecture du dimanche 17 août 2014 - 20e dimanche ordinaire. 

 

"Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l'honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l'immigré qui réside dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent, mais il s'est reposé le septième jour. C'est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l'a consacré."

Livre de l'Exode, 20, 8-11, Ire lecture du dimanche 11 mars 2012 - 3e dimanche de Carême. 

 

"Nabucodonosor déporta à Babylone ceux qui avaient échappé au massacre ; ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils jusqu'au temps de la domination des Perses. Ainsi s'accomplit la parole du Seigneur proclamée par Jérémie : La terre sera dévastée et elle se reposera durant soixante-dix ans, jusqu'à ce qu'elle ait compensé par ce repos tous les sabbats profanés."

Deuxième livre des Chroniques, 36, 20-21. 

Ire lecture du dimanche 18 mars 2012 - 4e dimanche de Carême, dimanche de Laetare.

 

"Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » Et aussitôt l'homme retrouva la santé. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat."

Évangile selon saint Jean, 5, 8-9. Évangile du jour – 20 mars 2012.

 

"Jésus était en train d'enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat. Il y avait là une femme, possédée par un esprit mauvais qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser. Quand Jésus la vit, il l'interpella : « Femme, te voilà délivrée de ton infirmité. » Puis, il lui imposa les mains ; à l'instant même elle se trouva toute droite, et elle rendait gloire à Dieu. Le chef de la synagogue fut indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat. Il prit la parole pour dire à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. » Le Seigneur lui répliqua : « Esprits faux que vous êtes ! N'est-il pas vrai que le jour du sabbat chacun de vous détache de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ? Et cette femme, une fille d'Abraham, que Satan avait liée il y a dix-huit ans, n'est-il pas vrai que le jour du sabbat il fallait la délivrer de ce lien ? » Ces paroles de Jésus couvraient de honte tous ses adversaires, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu'il faisait."

Évangile selon saint Luc, 13, 10-17. Évangile du jour – 29 octobre 2012.

 

"Quand arriva la fête du septième mois, tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la Porte des eaux. On demanda au scribe Esdras d'apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait donnée à Israël. Alors le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l'assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C'était le premier jour du septième mois. Esdras, tourné vers la place de la Porte des eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu'à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi. Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès. Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l'assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre. Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l'on pouvait comprendre. Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n'a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart !» Les lévites calmaient tout le peuple en disant : « Cessez de pleurer, car ce jour est saint. Ne vous affligez pas ! » Puis tout le peuple se dispersa pour aller manger, boire, envoyer des parts à ceux qui n'avaient rien de prêt, et se livrer à de grandes réjouissances ; en effet, ils avaient compris les paroles qu'on leur avait fait entendre.

Livre de Néhémie, 8, 1-4a.5-6.8-12, lecture du jeudi 3 octobre 2013, Proclamation solennelle de la loi de Moïse.

La Résurrection du Christ

Résurrection

Photo : Résurrection - Azulejos – Nossa Senhora da Paz, Vila Franca do Campo São Miguel, Açores.

L'heure de la résurrection

"La Vierge était absolument certaine de la résurrection de son Fils puisqu'il l'avait si ouvertement prédite ; mais elle en ignorait l'heure qui, en effet, ne se trouve nulle part déterminée. Elle passa donc la nuit du Grand Samedi, qui lui parut bien longue, à réfléchir sur l'heure possible de la résurrection. Sachant que David a, plus que les autres Prophètes, parlé de la Passion du Christ, elle parcourut le psautier, mais n'y trouva nulle indication de l'heure. Cependant, au psaume 56, David, parlant en la personne du Père à son Fils, dit : « Eveille-toi, ma gloire, éveille-toi ma harpe et ma cithare. » Et le Fils répondit « Je m'éveillerai à l'aurore... » Quand la Vierge Marie sut l'heure de la résurrection, je vous laisse penser avec quel empressement elle se leva pour voir si l'aurore venait. Elle constata que non et acheva le psautier. Puis elle voulut s'assurer si d'autres Prophètes n'avaient pas mentionné l'heure de la résurrection et elle trouva au chapitre six d'Osée ce texte : « Après deux jours il nous rendra la vie, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons en sa présence. Appliquons-nous à connaître le Seigneur, sa venue est certaine comme l'aurore. » La Vierge se leva et dit : « Ces témoins de l'heure où mon Fils doit ressusciter me suffisent...» puis elle regarda par la fenêtre et vit que l'aurore commençait à poindre. Sa joie fut grande : « Mon Fils va ressusciter », dit-elle. Puis, fléchissant les genoux, elle pria « Réveille-toi, sois devant moi et regarde, et toi, Seigneur Dieu Sabaoth, réveille-toi.» Et, aussitôt, le Christ lui envoya l'ange Gabriel disant : « Toi qui as annoncé à ma Mère l'incarnation du Verbe, annonce-lui sa résurrection. » Aussitôt l'Ange vola vers la Vierge et lui dit « Reine du ciel, réjouis-toi, car celui que tu as mérité de porter dans ton sein est ressuscité comme il l'a dit. » Et le Christ salua sa Mère en disant : « La paix soit avec toi... » Et Marie dit à son Fils : « Jusqu'ici, mon Fils, je rendais mon culte le samedi, pour honorer le saint repos après la création du monde ; désormais, ce sera le dimanche, en mémoire de ta résurrection, de ton repos et de ta gloire." Et le Christ approuva."

Saint Vincent Ferrier

Dominicain espagnol (1357-1418)

Cité par le site Une Minute avec Marie les 22 et 23 mars 2012.

 


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Photo H.B. : détail de la statue de Notre-Dame de La Salette, là où la Vierge Marie pleure...  

Lekha Dodi, la fiancée Shabbat, et Notre Dame de La Salette

 

En tant que Juif, j'étais frappé et profondément ému quand j'ai lu les mots de Marie à La Salette : « Je vous ai donné six jours pour travailler dur, le septième je l'ai gardé pour moi-même ». Dans une perspective juive, il est très naturel, presque inévitable d'associer Marie avec le 7e jour, le sabbat. Dans la tradition juive le Shabbat est vu comme une épouse, sous le nom de la "reine du Shabbat". C'est l'anti-chambre du Royaume Messianique, une sorte d'avant-goût de ce qui est à venir. [L'auteur offre comme explication une libre traduction du « Lekha Dodi », qui est un chant juif traditionnel chanté le soir du Shabbat. Dieu invite Israël, le bien-aimé (Dodi), à accueillir le shabbat personnifié au féminin (la reine Shabbat).]

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

Venez, saluons tous Shabbat, la Reine suprême. Source des bénédictions dans toutes les régions du monde, ointe et régnante depuis les temps les plus reculée, dans la pensée elle a précédé les six jours de la Création.

  

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

  

Lève-toi et secoue la poussière de la terre. Revêts-toi de glorieux vêtements qui font voir ta valeur. Le Messie nous conduira tous bientôt vers la nouvelle naissance. Mon âme ressent maintenant les chauds rayons de la rédemption.

  

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

Réveille-toi et lève-toi afin de saluer la nouvelle lumière, car dans ton rayonnement le monde sera éclairé. Chante, car les ténèbres ont disparu de notre regard. Le Seigneur manifeste à travers toi sa Gloire.

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

Alors tes destructeurs seront eux-mêmes détruits. Les ravageurs au loin vont vivre dans le vide. Ton Dieu alors te célébrera dans l'excès de joie, comme un fiancé rencontrant le regard de sa fiancée.

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

 

[Tout le monde se lève et se tourne vers l'entrée en saluant symboliquement la fiancée Shabbat]

 

Viens en paix, ami de l'âme, doux dons du Seigneur, saluée avec joie et adorée autant par des chants, Parmi le peuple de Dieu en accord dans la foi. Viens, Fiancée Shabbat, viens la couronne des jours,

 

Viens mon bien-aimé,

saluons Shabbat la fiancée, la Reine de nos jours.

   

Presque tous ces mots pourraient être chantés en l'honneur de la Reine du Ciel, la Reine de La Salette, bienheureuse Vierge Marie !

Roy Schoeman

Analysé par Mgr Dubost ici et cité par le site Une Minute avec Marie le 10 juin 2012, jour de la Fête-Dieu en France.

 

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Dimanche, si loin si proche de la semaine prochaine

Volo, En Attendant (2009) 


 
 
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